OGM : au moins 150 000 morts et un exode rural sur la conscience - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 26/01/2011 à 17h53 par Jacques.


OGM : AU MOINS 150 000 MORTS ET UN EXODE RURAL SUR LA CONSCIENCE

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17 368. Ce chiffre est tombé la semaine dernière.

17 368 paysans indiens se sont donné la mort en 2009, soit le chiffre le plus élevé depuis 6 ans dans un pays de plus d'1 milliard d'habitants.

Cette vague de suicide touche plus particulièrement 3 régions du Sud de l'Inde, la Maharashtra, le Kamataka et l'Andhra Pradesh. Si on fait le calcul, on compte un suicide toutes les 4 minutes en Inde, majoritairement des hommes.

Mauvaise mousson, mais pas seulement

Ces chiffres résultent des mauvaises récoltes en 2009, avec la plus faible mousson depuis 37 ans.

Les paysans, déjà très endettés, n'ont donc pas gagné d'argent en 2009 dans un pays qui se vantait alors d'une croissance à plus de 7% (c'est la 10ème puissance économique mondiale).

Mais ce phénomène n'est pas nouveau : tout commence dans les années 80. En contrepartie de l'aide du FMI, l'Inde ouvre entièrement son marché.

Le monde rural, qui représente les 2/3 de la population, est alors devenu un vaste laboratoire d'expérimentation en matière agricole.

Dans les années 90, les industriels de l'agrobusiness viennent voir les paysans et leurs vendent des graines miracles, des organismes génétiquement modifiés.

Grâce aux OGM, on leur promet un rendement exceptionnel, on leur jure que les insectes et les parasites deviendront inoffensifs, le tout sans pesticides.

Monsanto, le mensonge par ommission

Puis dans les années 2000, la star des OGM, c'est le coton BT, de la firme américaine Monsanto. Bon, tout ça fait rêver les paysans indiens.

Ils y croient tellement qu'ils acceptent de payer une semence 3 à 10 fois plus chère que les variétés traditionnelles.

Mais là, problème. Monsanto a oublié de leurs dire que le coton BT ne résiste pas aux insectes indiens et qu'il aurait fallu déverser des tonnes de pesticides avant de planter.

Il omet également de préciser que le BT est beaucoup plus gourmand en eau et en nutriments.

Conséquence, la terre s'assèche et se dégrade très vite. Les rendements faiblissent à vitesse grande V.

Avec des restrictions pareilles, les paysans croisent les doigts pour que la pluie tombe. Mais en 2009, la limite est atteinte avec la plus faible mousson depuis 37 ans. Et pour en rajouter une couche, la graine du BT est stérile.

C'est-à-dire qu'elle ne se reproduit pas. Les paysans doivent donc en racheter tous les ans, je rappelle à un prix largement supéreur aux semences traditionnelles.

Finalement, ils n'ont plus l'argent pour en acheter l'année suivante et se retrouvent sans solutions. Alors ils changent de vie, ou mettent fin à leur jours.

Conséquences dramatiques chez les paysans indiens

Le résultat de ces pratiques est très impressionnant. D'abord, les conséquences « douces » : Entre 1991 et 2001, 8 millions de paysans ont abandonné leur activité.

Et la décennie 2001-2011 devrait connaître des chiffres largement supérieurs. On peut donc parler d'exode rural vers les bidons-villes des grandes cités indiennes.

Les conséquences « hard » : selon une étude de l'Institut Tata en sciences sociales, on compte plus de 150 000 suicides chez les paysans.

Au moins un millier d'entre eux mettent fin à leurs jours chaque mois depuis 15 ans. Et en 2009, on a pu constater un suicide collectif de 1 500 paysans.

Voilà, le monde rural indien se dégrade toujours plus. Pourtant, depuis 2004, le parti du Congrès est au pouvoir. Il a été élu puis réélu grâce aux voix des paysans. Mais à l'évidence, le lobby agroindustriel est plus fort qu'un bulletin de vote.


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Auteur : Rédaction lepost.fr

Source : www.lepost.fr