Océans sur Mars : la controverse rebondit - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 26/06/2010 à 20h51 par Frederic.


OCÉANS SUR MARS : LA CONTROVERSE REBONDIT

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Océans sur Mars : la controverse rebondit

Ce vendredi la revue Science publie un article montrant que la grande plaine au nord de Mars fut autrefois le lieu d'un assez vaste océan.

Mais également que cet océan n'a pu perdurer qu'au plus 200 millions d'années environ, et surtout il y a plus de 4 milliards d'années.

Cet article contredit une autre publication, parue dans Nature Geoscience le 13 juin dernier, proposant une date plus récente - 3,5 milliards d'années - pour ce vaste océan.

En outre, un article paru le 3 juin dernier dans Science rapporte la découverte de carbonates dans les collines Columbia du cratère de Gusev par le rover de la Nasa Spirit.

Ces annonces (ici par l'Agence spatiale européenne) relancent le débat sur l'histoire ancienne de la planète Mars, le mystère de la disparition de son atmosphère et de son eau, la question de son "habitabilité" et de l'émergence possible de la vie à l'époque où s'y trouvait de l'eau liquide.

Pour démêler tout ça, rien ne vaut la parole de Jean-Pierre Bibring, l'un des co-signataires du premier article.

Chercheur à l'Institut d'Astrophysique Spatiale (Orsay, université Paris-Sud et Cnrs). Il est l'auteur de Mars, planète bleue ? (Odile Jacob, 2009), le meilleur livre récent sur l'histoire de Mars.

D'abord, en résumé très rapide, qu'apportent les différents articles ? Prenons les dans l'ordre de parution.

Celui du 3 juin provient de l'équipe scientifique du rover de la Nasa Spirit, dirigée par Steven Squyres (Cornell University, USA).

Il relate la découverte de roches carbonatées dans le cratère de Gusev, où s'est posé le robot mobile.

Des roches qui témoignent de la présence d'eau dans le premier milliard d'années de la planète.

Plus précisemment, de l'eau chaude, en liaison avec des activités volcaniques durant l'ère Noachienne.

Le second, du 13 juin, s'appuie sur des reconstitutions précises du relief de 52 deltas au nord de Mars, autour de la vaste plaine qui en occupe près du tiers.

Des deltas qui sont positionnés le long de la "dichotomie martienne", cette limite entre les terres basses du nord, peu cratérisées donc de formation moins ancienne, et le reste de la planète.

Ecrit par Gaetano Di Achille et Bryan Hynek, l'article conclut que l'alignement de ces deltas au plan altimétrique correspond à l'existence d'un océan il y a 3,5 milliards d'années.

Le troisième, paru ce 24 juin, résulte d'une coopération entre l'équipe scientifique de l'instrument OMEGA de Mars Express, dirigée par Jean-Pierre Bibring, et celle de l'instrument CRISM de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la Nasa, deux satellites toujours en orbite martienne. Ces instruments sont capables d'étudier la minéralogie de Mars.

Et si OMEGA fut le premier à réaliser une carte minéralogique de Mars, CRISM a l'avantage d'une résolution plus précise.

Or, leur principal résultat, établi par OMEGA et confirmé par CRISM est qu'il n'y a pas de vastes régions carbonatées dans les premiers mètres de la vaste plaine nordique.

L'article qui vient de paraître montre en revanche que l'on trouve quelques traces d'argiles hydratées dans les 9 cratères creusés dans cette plaine par des impacts assez profonds pour révéler les roches qui se trouvent sous l'épaisse couche de poussières et de lave qui recouvre l'ensemble.

Comment réconcilier ces trois articles et surtout les rendre compatibles avec les cartes minéralogiques dressées par OMEGA et l'histoire de Mars qui en découle ?

Une histoire qui repousse au delà de 4 milliards d'années, selon Bibring, l'existence de vastes océans.

(...)

La morale de cette histoire, pour les agences spatiales, est claire : si l'on veut tenter de retrouver des bioreliques sur Mars, il faut viser les terrains accessibles où se trouvent les roches les plus anciennes de Mars et notamment ces fameuses argiles hydratées.

Bref, le sud et non les basses terres du nord... tout le contraire de ce qui a été fait jusqu'à présent.

Le débat sur le site que devra viser Mars Sample Return - aujourd'hui à l'état de projet NASA/ESA risque d'être très chaud.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Source"

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Source : sciences.blogs.liberation.fr