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Cette actualité a été publiée le 03/12/2009 à 17h19 par Tanka.


OBJECTIF -2 °

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Objectif -2 °

Information recueillie par Tanka.

Ils sont prix Nobel, scientifiques reconnus ou ingénieurs de renom. Instigateurs de projets un peu fous, ils ont inventé la géo-ingénierie. Objectif : manipuler le climat et refroidir la planète.

DES TONNES DE SOUFRE POUR REFROIDIR L'ATMOSPHÈRE

Franchement, si Paul Crutzen était notre voisin, nous lui ririons au nez tant son idée pour lutter contre le réchauffement climatique semble saugrenue. Mais voilà : ce chimiste et météorologue néerlandais est une sommité. Prix Nobel en 1995 pour ses recherches sur la chimie de l'atmosphère, il a travaillé pour la commission d'enquête du Parlement allemand sur le climat et dirigé le laboratoire de chimie atmosphérique au très réputé Institut Max Planck de Mayence.

Si bien que, quand il annonce, en 2006, qu'il a une solution pas trop coûteuse mais plutôt efficace pour rafraîchir la planète, tout le monde tend l'oreille. Conscient que son idée va en surprendre plus d'un, Paul Crutzen rappelle qu'en 1991, l'éruption du volcan Pinatubo a réduit la température moyenne de la Terre de 1,5 °C pendant les douze mois qui ont suivi en projetant dix millions de tonnes de soufre dans la stratosphère. «Pourquoi ne pas faire la même chose ?» interroge le scientifique. Faute de volcan en activité assez puissant, des ballons ou des fusées devraient faire l'affaire. La recette est ensuite assez facile à réaliser... en tout cas pour ce prix Nobel.

D'abord, il conditionne dans des réservoirs un million de tonnes de soufre, sous forme d'hydrogène sulfuré liquide. Ensuite, il fabrique des milliers de ballons (ou quelques fusées) pour transporter la cargaison à 20 kilomètres d'altitude. Enfin, il pulvérise la cargaison dans l'atmosphère. Au contact de l'oxygène, le mélange chimique se transforme en gouttelettes capables de réfléchir ou d'absorber la lumière du soleil pendant plusieurs mois.

En scientifique rigoureux, Paul Crutzen a estimé son plan d'urgence à 25 milliards de dollars. L'investissement est jugé raisonnable compte tenu du coût économique inestimable d'un réchauffement non maîtrisé. Reste quelques petits problèmes difficiles à résoudre. Pour transporter le soufre, il faudra fabriquer un million de ballons chaque année et produire l'hélium nécessaire à leur envol. Mais surtout, les conséquences d'une injection massive de soufre dans l'atmosphère sur plusieurs années sont impossibles à évaluer. Lors de l'éruption du Pinatubo, les scientifiques avaient constaté une baisse significative de l'ozone dans l'atmosphère. Sans risque ? Pas si sûr. Ce plan ne doit être envisagé qu'en cas de menace urgente et certaine, nuance Paul Crutzen.

DES RÉFLECTEURS DANS L'ESPACE POUR METTRE LA TERRE À L'OMBRE

A chacun sa spécialité. Le professeur Roger Angel est astronome et expert en optique. C'est donc logiquement en se tournant vers le ciel et en utilisant des miroirs qu'il a décidé de sauver le monde. Son idée est assez simple. Pour ralentir le réchauffement, il veut détourner les rayons du soleil. L'hypothèse retenue par le physicien américain Lowell Wood, de poser un énorme miroir dans l'espace lui paraît peu judicieuse, bien qu'assez poétique. Il propose d'en lancer 16 000 milliards d'une soixantaine de centimètres de diamètre chacun. Ces mini-écrans disposent d'un système de positionnement intégré pour les maintenir à un point précis situé à 1,5 million de kilomètres de notre planète. A cette distance, les forces d'attraction de la Terre et du Soleil s'annulent. Les miroirs y flotteraient donc indéfiniment.

Soutenu par la Nasa, Roger Angel se heurte malgré tout à un problème de taille : le transport de ses miroirs à cette distance. Il travaille à une sorte de canon dont la charge serait propulsée par un champ magnétique de forte puissance, relayé par un moteur à accélération de particules. Tout cela n'est pas encore très au point et coûterait pas loin de 0,5 % du PIB mondial. Un peu cher tout de même.

PRODUIRE DU PLANCTON «MANGEUR» DE CO2

L ‘idée, reprise par Victor Smetacek, professeur en biologie océanographique de l'institut allemand Alfred Wegener, n'est pas nouvelle. L'océanographe américain John Martin s'était rendu célèbre au début des années 90 en déclarant : «Donnez-moi la moitié d'un tanker plein de fer et je vous donnerai un âge glaciaire.» Décédé d'un cancer à 58 ans, il avait participé au développement de la fertilisation des océans. De quoi s'agit-il exactement ? Le sulfate de fer a la propriété de faciliter le développement d'algues planctoniques. Il suffit d'en déverser quelques tonnes dans l'océan et l'endroit se transforme rapidement en une véritable forêt de phytoplanctons capables de redynamiser un écosystème marin pauvre. Or ce plancton « consomme » du CO2 dissous dans l'eau et provenant de l'atmosphère.

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