Obama relance la polémique sur le nucléaire qu'il juge « propre » - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 02/02/2011 à 18h45 par Tanka.


OBAMA RELANCE LA POLÉMIQUE SUR LE NUCLÉAIRE QU'IL JUGE « PROPRE »

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Obama relance la polémique sur le nucléaire qu'il juge « propre »

Mercredi, dans son discours sur l'état de l'Union, le président Barack Obama a tranché : le nucléaire est une « énergie propre ». Les très grandes manoeuvres ont commencé dans l'industrie. Ebranlés par la question du CO2, les écologistes hésitent sur l'attitude à tenir face aux projets de nouvelles centrales.

En Caroline du Nord, un des Etats du sud-est déjà lourdement équipé en réacteurs nucléaires, deux électriciens mastodontes ont annoncé mi-janvier qu'ils allaient fusionner pour renforcer leur capacité financière. Réunis, Duke Energy et Progress Energy deviendront le plus gros électricien du pays.

Objectif affiché : avoir financièrement les reins assez solides pour être capable de construire de nouvelles centrales nucléaires. Parce qu'un chantier de réacteur, ça coûte... on ne sait pas combien exactement... des dizaines de milliards de dollars.

Sans blague, c'est inchiffrable. Progress Energy est bien placé pour le savoir.

En 2008, l'entreprise a déjà repoussé un projet de nouveau réacteur ; elle avait réalisé que le prix annoncé l'année précédente à la NRC (Nuclear Regulatory Commission), en déposant la demande de permis, devait en fait être multiplié par deux. Depuis, ça n'a fait qu'empirer.

Le prix d'un chantier nucléaire, en constante augmentation

En cause, les augmentations fulgurantes de l'acier, du béton, et des coûts généraux, sans parler du fait que les réseaux électriques vacillants doivent être complètement revus, et qu'enfin les sécheresses de plus en plus fréquentes dans la région obligent à de colossaux travaux d'approvisionnement en eau de refroidissement.

Non que le prix de revient d'une centrale atomique ait jamais été bas : au début des années 80, les derniers réacteurs en chantier avaient coûté jusqu'à 5 milliards de dollars pièce, selon le Nuclear Energy Institute. A cause, notamment, des interminables délais supportés par les projets.

Deux des réacteurs programmés par la nouvelle entité Duke/Progress Energy sont estimés à plus de 20 milliards. Rien que le dépôt du permis de construire a coûté à Progress Energy en 2008 la bagatelle de 49 millions de dollars. Tout riches et solides qu'ils soient, les électriciens ne peuvent pas se lancer dans une aventure aussi périlleuse sans quelques assurances.

L'aide institutionnelle est acquise depuis l'an dernier : l'Etat fédéral a augmenté sa garantie aux prêts souscrits par les compagnies électriques. L'Etat se porte caution des emprunts pour un montant total de 54 milliards de dollars, contre seulement 18 milliards et demi auparavant. Le coup de pouce est significatif, mais loin de suffire.

Une idée extra : les consommateurs vont avancer l'argent

Les emprunts évoqués ci-dessus se font sur les marchés financiers classiques, lesquels ne se satisfont pas d'une garantie fédérale. Ils veulent des ressources sûres et immédiates. Duke/Progress Energy a une idée géniale : augmenter à l'avance les factures des consommateurs.

Il paraît que ce serait bien pour ces derniers, car cela réduirait le coût des emprunts sur le long terme, donc le prix payé au bout du compte par les clients. En Caroline du Nord, la loi interdit pour l'instant d'anticiper la construction des futurs sites de production sur les factures. Mais plusieurs Etats (gouvernés par des Républicains) l'autorisent, et il n'est pas impossible de changer la loi, d'autant que la majorité politique locale est passée à droite en novembre.

« On ne pourra pas lever d'emprunt à Wall Street pour construire des centrales tant que cette loi n'aura pas changé. Pour le nucléaire, l'accès au capital est crucial. Tout ce qui peut nous aider à lever des fonds dans des conditions raisonnables est bon pour nos clients. »

C'est le directeur de l'actuel Progress Energy qui l'assure ! L'augmentation des factures serait significative : environ 25 dollars en plus par mois. Pas gagné d'avance pour les électriciens, mais faisable, apparemment, sinon Duke et Progress n'auraient pas joué à fusionner.

Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? La demande en électricité va-t-elle s'accroître au point de devoir investir dans des réacteurs nucléaires hors de prix ? Les prévisionnistes se sont trompés à plusieurs reprises, du coup Wall Street est méfiant. Car le nucléaire, c'est un investissement de très, très long terme.
L'argument massue : il faut remplacer les vieilles centrales

Là où les électriciens jouent sur du velours, c'est en mettant en avant la vétusté des installations actuelles, dizaines de vieilles centrale à charbon pourries et réacteurs nucléaires d'un certains âge, tous à la retraite à partir de la prochaine décennie. S'appuyant sur l'argument climatique anti-carbone, Duke/Progress brandit le nucléaire comme la seule option de remplacement envisageable.

C'est ici qu'on retrouve le discours d'Obama.

Comme tous les Présidents avant lui chaque mois de janvier, il s'adressait mercredi à la nation américaine. Parmi les remèdes à la crise qu'il préconisait pour l'avenir, figurait le développement des « énergies propres », la lutte contre les changements climatiques :

« Pour créer davantage d'emplois dans ce secteur, nous avons besoin de produire davantage, d'être plus efficaces, plus incitatifs. Cela signifie que nous devons construire une nouvelle génération de centrales nucléaires sûres et propres.

Cela signifie aussi qu'on va devoir prendre des décisions difficiles concernant l'ouverture de nouvelles zones maritimes aux forages pétroliers et gaziers. Cela signifie poursuivre les investissements dans les secteurs des biocarburants et des technologies à base de “charbon propre”.

Et, oui, cela signifie que nous devons adopter une loi énergie-climat, assortie d'incitations fiscales susceptibles de rendre les énergies propres attractives pour l'Amérique. »

Cher Président, épargnez-nous le coup du « nucléaire propre »

La lettre ouverte à Obama.Cette dernière phrase n'aura pas calmé la fureur des antinucléaire à l'écoute du speech présidentiel. Quelques jours auparavant, un des groupes militants les plus actifs du pays, Nuclear Information and Ressource Service, avait envoyé une lettre ouverte au Président :

« Il y a une chose à laquelle vous allez devoir résister dans votre discours : promouvoir une prétendue énergie propre, qui inclurait des technologies aussi sales que le nucléaire, le charbon, le gaz naturel et la biomasse. »

Complètement raté ! Obama a dit l'exact contraire. La lettre, que le Président a dû négliger de lire, détaillait précisément les atteintes à l'environnement...

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Auteur : Hélène Crié-Wiesner

Source : www.rue89.com

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