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Cette actualité a été publiée le 27/03/2011 à 13h38 par Tanka.


NUCLÉAIRE ! NUCLÉAIRE !

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Nucléaire ! Nucléaire !

 
A l'heure où j'écris (10 h 35 en France, ce lundi), la catastrophe se rapproche, à Fukushima et peut-être sur d'autres sites nucléaires du Japon. J'espère qu'on n'aura pas trois ou quatre Tchernobyl d'un coup – mais on pourrait le craindre... (Mon fils Alexandre et sa famille ne sont pas en ce moment à Tokyo, mais dans l'île d'Okinawa, à 2 500 kilomètres au sud. Merci à tous ceux d'entre vous qui m'ont gentiment demandé de ses nouvelles.)

Le dossier nucléaire revient en surface, c'était inévitable. J'avais résumé ce qui, pour moi, constitue le fond de l'affaire dans mon Dictionnaire énervé de l'écologie (Editions de l'Opportun, 2010). Voici l'article « Nucléaire (Energie) » que j'y faisais figurer :

Nucléaire (Énergie)

N'ayons pas l'ambition de résumer en trois phrases le problème du nucléaire... Cette énergie rayonne, nous illumine, nous contamine et nous domine ! Les manifestants de Plogoff ou de Creys-Malville le disaient déjà : « Inactif aujourd'hui, radioactif demain ! »

Nous avons un impérieux besoin d'électricité pour regarder les programmes de la « Star'Ac » et de la « Ferme célébrité ». Nous aurons donc des centrales nucléaires, et en grand nombre, et pour longtemps. La majorité de nos contemporains préférera ce risque majeur au désagrément mineur de devoir réduire sa consommation électrique. De même, nous exploiterons massivement les sables bitumineux et asphaltiques, les pétroles et les gaz de schistes, ces substituts du pétrole encore plus polluants que lui. De même, nous utiliserons sans limite le charbon, que nous liquéfierons pour faire pétarader nos moteurs.

L'humanité cherchera toujours son confort immédiat, plutôt que la sagesse du futur. Elle finira par en crever, persuadée d'être heureuse.
Dans l'immédiat, et pour le siècle entamé, le nucléaire est tout, sauf une solution.

Primo, il n'y a pas assez d'uranium sur la Terre pour satisfaire nos besoins. Dès à présent, les prix montent. Les réserves de minerai uranifère ne sont ni en France, ni même en Europe, mais au Niger et au Canada. On est loin de l'indépendance énergétique...

Secundo, les risques ne sont jamais nuls, même en mode de fonctionnement optimal (ou « nominal », comme on dit dans l'astronautique) : pollutions au radon des « stériles » de mines, incidents de réacteurs, accidents lors du transport ou du stockage des déchets, etc. Loin d'être « propres », les centrales nucléaires polluent et réchauffent à l'excès les eaux qui les refroidissent.

(Nous manquons de substance liquide dans nos rivières : nos réacteurs seront de plus en plus souvent condamnés à ralentir ou à s'arrêter.)
 

 
Les accidents majeurs, du type de Three Mile Island ou de Tchernobyl, nous pendent toujours au nez. En général, ils sont dus à des erreurs humaines.

Certains pensent qu'on peut les éviter en réservant le nucléaire aux pays riches et responsables ; mais c'est omettre la tentation permanente des industriels, qui consiste à monnayer leur technologie partout où c'est possible. Y compris à des dictateurs liés à des groupes terroristes... Si l'on veut faire baisser le prix du kilowatt/heure, il faut « rentabiliser » la filière en vendant les usines un peu partout, en « tirant » sur les coûts de maintenance, et en faisant supporter à la collectivité les frais (colossaux) du démontage des installations usagées.

Tertio, il y a l'imprévisible, dont Sacha Guitry nous disait qu'il n'y a rien de plus difficile à prévoir ! Les risques sismiques ont été sous-estimés partout, non seulement au Japon ou en Californie, mais en Alsace ou dans la vallée du Rhône. N'évoquons que pour mémoire un éventuel « 11 Septembre » à Nogent-sur-Seine ou Flamanville...

Quarto, il y a les déchets... Personne ne sait qu'en faire. On n'a encore mis au point aucune solution scientifique ou technique pour leur traitement, sinon la vitrification des plus dangereux et leur mise en silo sécurisé ad vitam aeternam (pour des siècles ou des millénaires, selon les cas).

Si tout le monde réclame du courant électrique, personne n'accepte une décharge nucléaire dans sa commune ou son département : le syndrome « pas dans mon jardin » (PDMJ) joue à fond. Il rend socialement ingérable la généralisation de ce type d'énergie.

Quinto, pour conclure, et quoi que proclament EDF ou Areva à propos des nouveaux mélanges combustibles du type MOX, soulignons que celui qui possède une filière nucléaire peut toujours, s'il en a la volonté ou la perversité, la détourner et lui faire fabriquer les ingrédients (uranium ou plutonium) nécessaires à la bombe atomique. Fût-elle artisanale ou même « foireuse » comme celle de la Corée du Nord ! Il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de nucléaire « pacifique ».

La prolifération des armes atomiques constitue le plus terrifiant et le plus imminent de tous les périls écologiques. Bien avant le chaos climatique !

De toute façon, partis comme nous sommes, nous courrons tous les risques ensemble...
 

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Auteur : yves paccalet

Source : www.yves-paccalet.fr

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