Nucléaire contre effet de serre ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 17/05/2010 à 22h05 par Jacques.


NUCLÉAIRE CONTRE EFFET DE SERRE ?

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Nucléaire contre effet de serre ?

Nucléaire contre effet de serre : influence marginale !

Posons nous la question de savoir quelle est la contribution du nucléaire mondial actuel dans cette lutte en calculant ce que serait l'accroissement d'émission de co² si on remplaçait le parc nucléaire actuel par des centrales à combustibles fossiles : charbon, fuel, gaz.

On part des données de l'Agence Internationale de l'Energie pour l'année 2005 .

La production totale d'électricité est de 18235 Twh.

La part du nucléaire a été de 15,2 % soit 2772 Twh.

La part des fossiles a été de 66,6 % soit 12144 Twh.

La totalité des émissions mondiales de co² a été de 27136 Mt

Il est généralement admis qu'en moyenne, un Twh d'électricité d'origine fossile émet 0,65 Mt de co².De son coté, le nucléaire émet 0,05 Mt co², moyenne des estimations courantes.

Donc si on remplaçait les 2772 Twh nucléaires par 2772 Twh « fossiles », on générerait 1802 Mt co², le nucléaire émettant de son coté 138 Mt co².

Il en résulte que le gain actuel dû au nucléaire est de 1663 Mt co² soit 1663/27136 = 0,061.

Donc avec un gain de 6% le nucléaire actuel ne contribue que très marginalement à la limitation des émissions mondiales de co².

On peut se demander ce qu'il adviendrait de cette contribution au cas où toutes les centrales électriques fossiles seraient remplacées par des centrales nucléaires.

Actuellement pour produire 12144 Twh, les centrales fossiles émettent 7894 Mt co².Pour la même production, le nucléaire n'émettrait que 607 Mt co² d'où un gain de 7287 Mt co² par le remplacement des fossiles par le nucléaire. Soit un gain de 27%.

Ce serait important certes mais le nucléaire ne produisant que de l'électricité ce serait là la limite supérieure de sa contribution à la limitation des rejets de co², compte tenu de la structure actuelle de la consommation d'électricité.

Dans ces conditions, qu'est ce qu'on ferait des 73% d'émissions de co² restantes ?

Pour les réduire le nucléaire ne serait alors d'aucun secours.

La substitution fossiles vers nucléaire nécessiterait l'adjonction de plus de mille réacteurs EPR au parc mondial actuel (12 Twh /an pour un EPR), soit quelques 1600 Gwe !! Cela nécessiterait un effort colossal en matière financière, industrielle, de ressources en uranium, de compétences à former et accroissant fortement les risques de prolifération et d'accidents de réacteurs, de gestion d'une masse énorme de déchets, sans compter des obstacles d'acceptation sociale problématique. Aboutissement hautement improbable par conséquent !

.../...

Le scénario ultra nucléaire SUNBURN de GLOBAL CHANCE

Le scénario Sunburn a pour objectif d'évaluer l'impact sur les émissions de co² d'un déploiement mondial massif, maximal de l'électro-nucléaire et répondant à la demande d'électricité (de base) décrite dans un scénario prospectif de l' AIE , Agence Internationale de l'Energie avec 2030 pour horizon. Ce scénario prolonge jusqu'à cette date les tendances de la demande énergétique en cours actuellement dans les différents pays, et du genre « laisser faire » ou « business as usual ».

Dans Sunburn, le nucléaire prend d'une part la suite des centrales électriques en bout de course et vient d'autre part couvrir les nouveaux besoins (en base) au fur et à mesure qu'ils apparaissent. Ce déploiement a pour effet de faire passer la puissance nucléaire mondiale de 380 Gwe en 2006 à 1215 Gwe (*) en 2030 tandis que la production d'électricité nucléaire passerait de 3000 Twh à 8900 Twh. Pas moins de 29 nouveaux pays devraient accéder au nucléaire civil. Les auteurs soulignent qu'il s'agit là de l'extension maximale concevable pour l'électro-nucléaire mondial dans la période considérée.

Et cependant cet effort énorme ne permettrait de réduire les émissions de co² que de 9% en 2030 par rapport à celles que produirait le scénario prévisionnel de l'AIE du type « business as usual ».

Avec un gain aussi marginal, on est donc très loin des prétentions de l'Internationale Nucléaire à juguler le réchauffement climatique !

Dans une interview à Liberation, Amory Lovins un expert de la question énergétique à l'autorité indiscutée avertissait :

« Par euro dépensé, les nouvelles centrales permettront 2 à 20 moins d'émissions de co² en 20 à 40 fois plus de temps que l'efficacité énergétique couplée à des énergies renouvelables. Le temps que les centrales nucléaires entrent en fonctionnement, il y aura eu un tel saut technologique dans le photovoltaïque qu'il vaut mieux commencer à économiser l'énergie et décentraliser les réseaux électriques. »

La messe semble dite compte tenu de ce qui précède. Il est illusoire de compter sur le nucléaire et sa très relative « renaissance » dans la lutte pour le climat. Passons à autre chose et le plus vite possible.

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Source : www.avenir-energie.over-blog.com

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