NSA/Libre-échange : les vérités qu'Hollande doit oser dire à Obama - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 11/02/2014 à 22h29 par Jacky.


NSA/LIBRE-ÉCHANGE : LES VÉRITÉS QU'HOLLANDE DOIT OSER DIRE À OBAMA

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NSA/Libre-échange : les vérités qu'Hollande doit oser dire à Obama

 

François Hollande débute ce 11 février une visite officielle aux Etats-Unis. Ce doit être aussi l'occasion d'aborder avec son homologue américain les sujets qui fâchent dont le scandale toujours en cours des écoutes de la NSA et l'accord de libre-échange transatlantique, que les écologistes et de plus en plus d'acteurs de la société civile dénoncent.

 

Ecoutes de la NSA : un scandale qui dure

Snowden traqué, des millions de citoyens européens, nos dirigeants et nos institutions espionnés, le droit européen sur la protection des données, de la vie privée et la liberté d'expression piétinée... le scandale des écoutes illégales pratiquées par la NSA se poursuit. Malgré l'indignation, les États-Unis n'ont toujours pas fait la transparence sur leurs pratiques ni pris aucun engagement quant à l'arrêt de ces écoutes.

 

Pourquoi le feraient-il d'ailleurs puisque l'Union Européenne n'a rien exigé ?

Ainsi, les gouvernements européens de tous bords se sont-ils contentés de condamnation de principe et n'ont pas envoyé de signal politique fort aux États-Unis. De même la France s'est-elle plié aux exigences américaines en empêchant le survol de son territoire au Président bolivien Evo Morales parce qu'il était soupçonné de vouloir prêter assistance au dissident Edward Snowden.

 

 

A lui seul, ce scandale devrait suffire à stopper les négociations commerciales UE-US. Mais, au Parlement européen, conservateurs, libéraux et sociaux-démocrates, prisonniers de leur soutien au libre-échange transatlantique, ont rejeté le 18 novembre 2013 la proposition des écologistes de suspendre les négociations. Un paradoxe pour une institution qui se veut le garant des libertés fondamentales et de la démocratie, et qui porte aujourd'hui une proposition de législation très protectrice pour les citoyens européens en ce qui concerne la confidentialité de leurs données personnelles. Une législation qui sera à l'agenda des négociations commerciales puisque de nombreuses multinationales américaines souhaitent démanteler notre modèle de protection.

 

Traité de libre-échange transatlantique : des risques connus contre des promesses jamais tenues

Pour rappel, l'Union européenne et les États-Unis ont engagé, le 14 juin 2013, des négociations pour créer la plus grande zone de libre-échange au monde. Après plusieurs tentatives avortées depuis les années 90, la Commission européenne, poussée par Angela Merkel et David Cameron, remet le couvert sans lésiner sur les promesses : 1% de croissance annuelle supplémentaire, le boom de nos exportations et des emplois à gogo... en 2027 !

 

 

Avec des gouvernements qui font du retour de la croissance leur horizon ultime, les chiffres avancés par la Commission font mouche. Passons sur l'escroquerie intellectuelle et politique : les bénéfices du libre-échange et de la dérégulation promis depuis vingt ans auraient dû nous donner une croissance économique supérieure à celle de la Chine ! Il n'en est rien. Au contraire, cette logique néolibérale nous a conduits à une croissance nulle, à 25 millions de chômeurs, à toujours plus d'inégalités sociales et de prédation sur les ressources.

De quoi parle-t-on ? L'accord envisagé ne cherche pas à favoriser les échanges de biens et services par la réduction des barrières tarifaires : le commerce transatlantique représente déjà le tiers du commerce mondial et les droits de douane sont marginaux. Cette nouvelle étape de libéralisation concerne avant tout les cadres réglementaires, c'est-à-dire les règles, les normes, les droits qui régissent l'économie et le vivre ensemble, et traduisent, bien souvent, des choix de société décidés démocratiquement.

 

 

Côté américain le mandat est clair : c'est toujours plus d'OGM, l'arrivée dans nos assiettes de la volaille chlorée et du boeuf aux hormones, la remis en cause du principe de précaution. C'est un modèle agricole toujours plus industrialisé et concentré, quand la taille moyenne des exploitations atteint 180 hectares aux Etats-Unis contre 21 hectares en Europe.

C'est encore plus de libéralisation des services, y compris de services publics, culturels et financiers. C'est, en matière de propriété intellectuelle, la menace sur les libertés numériques et sur les données privées, mais aussi la négation des indications géographiques protégées si importantes pour les produits de terroirs.

(...)

 

L'Europe ne sait pas ce qu'elle veut !

(...)

Et si l'on en juge par la formidable capacité américaine à se présenter unie lors de négociations commerciales, les chances sont grandes de voir les Vingt-huit se diviser à nouveau et céder sur des règles qui fondent pourtant l'identité européenne aujourd'hui.

Les États-Unis ne connaissent pas pareille confusion. Leur objectif est d'encercler la Chine. D'ailleurs, les négociations commerciales qu'ils ont engagées dans le cadre du « TransPacific Partnership » avec l'ensemble des pays d'Asie du Sud-Est, à l'exclusion de la Chine, sont leur priorité. Et ils savent qu'elles sont un puissant moyen de pression pour obtenir des concessions d'une Europe qui peine toujours à définir ses relations avec les zones émergentes.

(...)

Il y a urgence pour l'Union européenne à ne pas choisir entre Chine et États-Unis. Il y a urgence à travailler ensemble pour une harmonisation de nos propres normes, en vue de constituer une identité européenne véritable. Avant de nous engager dans de nouvelles aventures commerciales, réfléchissons avec nos concitoyens à l'avenir que nous voulons pour nous et les générations d'Européens à venir, à quel modèle de développement nous voulons pour l'Europe de demain ? C'est tout l'enjeu du moment.

 

 

(...)

En 1998, Lionel Jospin avait stoppé, au nom de la France, la négociation de l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) qui renforçait, là aussi de manière totalement déséquilibrée, les droits des investisseurs étrangers. François Hollande doit aujourd'hui agir en ce sens.

 

 

(...)

En ouvrant les négociations avec les États-Unis, les dirigeants ont un peu plus renoncé à défendre un modèle européen économique, industriel, social et écologique. L'extension programmée du modèle américain à l'Europe n'est pas seulement une menace pour notre économie, elle est une remise en cause fondamentale d'un modèle européen de société et un déni scandaleux de démocratie, elle réduit un peu plus la capacité de l'Union européenne à construire un modèle de développement durable. La responsabilité de François Hollande est d'y mettre fin.

(...)

 

Pour lire la totalité, cliquer ICI

 

Un article de Yannick Jadot, publié par huffingtonpost.fr et relayé par SOS-planete

 
Libre-échange UE/USA : François Hollande doit rester ferme !

Accord de libre-échange UE/US : issue "rapide"

Ecoutes de la NSA : des eurodéputés pour la suspension d'accords clés avec Washington

Accord transatlantique : Hollande joue avec le feu

 

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Deux nouveaux modules d'actualité : Les JO de Poutine - Méditerranée et gaz sarin

 

 

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Auteur : Yannick Jadot

Source : www.huffingtonpost.fr