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Cette actualité a été publiée le 31/07/2011 à 23h59 par Tanka.


NOUS SOMMES DÉJÀ DES HOMMES BIONIQUES ! 1/2

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Nous sommes déjà des hommes bioniques ! 1/2

 

Des médecins espagnols viennent de greffer deux jambes à un patient amputé suite à un accident. Une première mondiale. Jusqu'où ira la techno-médecine ? Selon le médecin Roland Moreau, auteur de l'ouvrage "L'immortalité est pour demain", les progrès de la science permettront à l'homme de vieillir à l'infini. Au point de ne plus mourir ?

Atlantico : La greffe récente de deux jambes chez un homme a suscité de nombreuses critiques.

« Manipuler l'humain », est-ce un problème ?

Roland Moreau : La manipulation de l'humain remonte aux origines les plus lointaines de la médecine, puisque les « chirurgiens » du néolithique pratiquaient des trépanations et des amputations.

Quelques millénaires plus tard, le 11 juillet 2011, le chirurgien espagnol Pedro Cavadas est parvenu à greffer deux jambes à un jeune patient amputé à la suite d'un accident. En France, où le principe de précaution est inscrit dans notre constitution, les réserves, les doutes et le scepticisme fusent de toutes parts, à l'exception de la position courageuse du professeur Dubernard.

Sans entrer dans des considérations techniques, il me semble que l'on peut aborder le problème général de la manipulation de l'humain en distinguant plusieurs approches.

Celle des greffes d'organes est en voie d'être dépassée en raison du développement rapide et spectaculaire des organes artificiels : la rétine, la main, les jambes mécaniques reliés aux neurones des patients permettent déjà à des aveugles de voir, à des amputés et à des paralysés de se servir de leur main ou de marcher.

Dans un avenir très proche, l'équipe du professeur Carpentier sera en mesure de greffer le premier coeur artificiel humain. Certes, nous ne sommes qu'au début de ces développements technologiques qui devront être améliorés pour être utilisés à grande échelle, mais ils ne soulèveront pas le moindre problème éthique.

Ils seront même vraisemblablement mieux acceptés par certaines catégories de populations qui refusent le don d'organe pour des raisons religieuses - mais qui acceptent de bénéficier d'une greffe.

A l'échelle microscopique, les nanotechnologies permettront dans un proche avenir d'introduire dans l'organisme humain des nano-robots capables de détecter et de détruire des toxines, de cibler des cellules cancéreuses et de réparer des cellules défectueuses.

L'utilisation de cellules souches embryonnaires ne devrait pas non plus entraîner de problèmes éthiques pour les patients qui en bénéficieront. Elle pose en revanche des problèmes théologiques au Vatican qui a réussi à faire interdire par la loi française les recherches dans ce domaine... et d'exclure ainsi notre pays de la compétition mondiale dans ce secteur de la recherche qui ouvre un immense potentiel thérapeutique.

La « priorité du mauvais diagnostic sur le bon », selon l'expression de Hans Jonas, est particulièrement redoutable dans le domaine de la bioéthique. Alors que nos parlementaires procèdent à la révision d'une loi bioéthique qu'ils maintiennent dans le même carcan obscurantiste, ils ignorent totalement la grande révolution de la biologie de synthèse.
 

 
De la "biologie de synthèse" ?

De la création de la vie, rien de moins ! En juin 2010, Craig Venter, pionnier du séquençage génomique humain, créa la première cellule vivante dont le génome synthétique était fabriqué à partir de molécules chimiques.

Au-delà de la prouesse technique, il s'agit d'une véritable révolution métaphysique : l'homme est désormais un démiurge qui peut créer la vie à partir de molécules qu'il assemble comme des briques de Lego.

L'un des rêves les plus anciens et les plus fous de l'histoire de l'humanité est ainsi réalisé. Il n'en reste plus qu'un à accomplir : l'accroissement de la longévité humaine... jusqu'à l'immortalité. La science est déjà engagée dans cette voie puisque de nombreux travaux tels que ceux qui ont valu le prix Nobel de médecine 2009 à Blackburn, Szostak et Greider ont pour but de faire vivre des êtres humains jusqu'à 200 ans avant la fin de ce siècle, grâce à des manipulations génétiques.
 

 
Il faut aussi parler d'une autre catégorie de manipulation de l'humain: il s'agit des recherches menées activement aux Etats-Unis, au Japon et en Allemagne qui visent à créer des hybrides homme-machine (bienvenue dans le monde des Cyborg ), tandis que d'autres développent des programmes destinés à « améliorer » le cerveau humain par la génomique, les neurosciences et l'intelligence artificielle.

Ces recherches n'ont pas pour objet de traiter des maladies, mais d'augmenter sans limite les capacités, les performances et les possibilités humaines.

C'était de la science fiction il y a dix ans , c'est aujourd'hui un axe de recherche-développement prioritaire pour le président des Etats-Unis.
 

(...)
 

Suite de l'article
 

Craig_Venter sur Wikipédia
 

Un article de Philippe Lesaffre, publié par Atlantico
 

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Auteur : Philippe Lesaffre

Source : www.atlantico.fr