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Cette actualité a été publiée le 04/10/2010 à 14h03 par Tanka.


NOUS NE POUVONS PAS «RÉPARER» LA PLANÈTE

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Nous ne pouvons pas «réparer» la planète

Cet article provient de Future Tense, une collaboration entre l'Université d'État d'Arizona, la New America Foundation, et Slate. com.

Il n'existe pas de solution simple au changement climatique. C'est le symptôme d'un monde modelé par l'homme

Il est temps de recadrer le débat sur la géoingénierie. Pour ses défenseurs, nous n'avons pas d'autre choix que de réfléchir à des procédés tels que saler le ciel avec des particules de sulfate, ou poivrer l'océan avec des algues. Les négociateurs ont échoué à Copenhague, disent-ils, et la bourse du carbone semble moribonde au Congrès, tandis que le réchauffement climatique, lui, ne se dément pas. Les détracteurs d'une telle riposte, rapide et technologique, craignent quant à eux que l'usage à grande échelle de la géo-ingénierie ne fasse qu'aggraver les choses et que le simple fait d'en mentionner la possibilité dissolve toute volonté de changer nos habitudes et de réduire notre consommation d'énergies fossiles.

De tels arguments sont simples, du côté du pour comme de celui du contre, et faciles à comprendre. Mais le problème est justement là: aucun de ces arguments ne correspond à la complexité des systèmes naturels, technologiques et sociaux qui sont en jeu.

Traditionnellement, la géoingénierie repose sur le présupposé suivant: le changement climatique est un problème qui peut se résoudre par des remèdes idoines, que ce soit le Protocole de Kyoto ou l'usage de technologies de géoingénierie, et toutes ces solutions existent indépendamment de leurs contextes.

En d'autres termes, il s'agit d'un cas classique de réductionnisme: isolez le problème, analysez-le et résolvez-le. Mais cette approche serait pertinente si ses deux fondamentaux étaient valides: tout d'abord, que le changement climatique soit un problème qui puisse se résoudre par une intervention simple et directe (qu'elle soit légale ou technologique); ensuite, que le changement climatique puisse être isolé de tout le reste.

Le reflet de notre vie

Aucune de ces deux hypothèses ne peut résister à une analyse sérieuse. Le changement climatique n'est pas un problème à résoudre; c'est un état résultant d'un vaste réseau de systèmes construits, sociaux et naturels reflétant les aspirations de 7 milliards d'individus à une vie meilleure. Ils veulent de la nourriture, y compris plus de viande qu'ils ne peuvent se le permettre; ils veulent de l'eau potable, ce qui demande de l'énergie pour la produire; ils veulent des biens matériels qui les aideront, ainsi que leurs enfants, à vivre des vies pleines et valant la peine d'être vécues.

Regardez la Terre de l'espace, la nuit, et vous verrez notre énergie et ses rayonnements briller dans le noir; regardez-la le jour, et vous y verrez des villes, des régions agricoles, des cieux remplis d'avions et des routes remplies de voitures. Vous verrez, pour le dire autrement, un monde dans lequel l'activité humaine affecte tout.

Le changement climatique est le symptôme d'une réalité plus complexe et fondamentale: l'évolution d'une planète anthropogénique.

Nous ne pouvons tout simplement pas déconnecter le climat des autres systèmes terrestres comme l'économie globale, ou de valeurs culturelles antagonistes, comme l'importance de l'égalité des chances, de la liberté de voyager, et de la juste distribution des richesses. Changez les schémas globaux de l'accès à l'énergie solaire, et vous ne «réparerez» pas tant le changement climatique que vous ne modifierez encore une fois l'atmosphère, d'une façon différente.

Toute tentative importante pour combattre le réchauffement climatique aura forcément des conséquences et des répercussions sur de nombreux secteurs imbriqués: l'éthanol de maïs, par exemple, devait réduire les émissions de carbone; non seulement, sur ce point, cela a été un échec, mais la surabondance de productions subventionnées a déséquilibré le marché alimentaire et a affamé un grand nombre de populations pauvres aux quatre coins de la planète. Refuser, de manière assez immature, de voir de telles répercussions ne va pas les faire disparaître pour autant.

Plus que toutes les autres ripostes au changement climatique, la géoingénierie croit totalement au mythe selon lequel nous aurions à gérer un problème résoluble et indépendant. Ce qui, en substance, revient à justifier l'usage de technologies assez puissantes pour affecter les cycles climatiques fondamentaux d'une planète tout entière, puisqu'une qu'une température moyenne serait tout ce qui compte.

Des ballons stratosphériques peuvent en effet rejeter un peu de lumière solaire dans l'espace, mais ils pourraient aussi perturber les moussons asiatiques, et causer d'importantes famines.

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SOS-planete





Auteur : Brad Allenby Traduit par Peggy Sastre

Source : www.slate.fr