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Cette actualité a été publiée le 14/12/2010 à 17h49 par Mich.


NOTRE INVENTION DE LA DESTRUCTION DE MICHEL TARRIER

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Notre invention de la destruction de Michel Tarrier

« Seul parmi les animaux, l'homme a façonné son propre environnement. Paradoxalement, il a également été le seul à créer ainsi les facteurs de sa propre destruction. »

Ernesto Sabato

(...)

Pour se regorger des innombrables acquis de nos capacités intelligentes, il suffit de reprendre le chemin de l'école, lieu où l'apprentissage à la connaissance est malicieusement subjectif, relatif et arbitraire. Dès que l'enfant grandit, tout est déjà affaire de moule religieux et patriotique.

Ses parents n'ont guère voix au chapitre, et son comportement est remis à une société qui le construira.

Qu'elle soit confessionnelle ou laïque, l'éducation distillée l'est sur un mode manichéen qui fait que le jeune humain est conditionné pour un bon bout de temps, voire pour toujours mutilé si, adulte conservateur, il se fait l'adepte de la partialité admise et passe alors son existence à avaler des couleuvres.

Les cours dispensés le sont toujours à l'avantage du pouvoir dispensateur. Sauf pour ce qui concerne quelques incontournables massacres, de préférence commandés par des héros plutôt que par des criminels, la plupart des zones d'ombres sont évincées.

De l'étape archaïque à celles des techniques traditionnelles, classiques puis technologiques, de la roue aux nanotechnologies, les grandes inventions nous encensent. Inventer pour améliorer la vie quotidienne, voire la prolonger et la rendre plus douce, ces innovations ne revêtent pourtant qu'un intérêt aléatoire quand, simultanément, nous cassons la baraque et concoctons au jour le jour des lendemains improbables.

Si tout se termine en mort du cygne, c'est qu'alors la condition humaine est bien pathétique. De toute façon, l'humanité elle-même est une invention dont la raison d'être, recadrée dans le champ cosmologique et cosmogonique, est contestable, dérisoire et d'un ordre d'importance symbolique bien inférieur à celui de l'oeuf en amont, ou du cataclysme en aval.

Pour la première fois dans l'histoire de la pensée humaine, le probabilisme joue avec les sciences exactes. Il ressort que les dignes découvertes sont à replacer dans la perspective de cette autre facette humaine qui est celle du fatal penchant à détruire.

Et à détruire tout. Sur les bancs scolaires et en matière de « casse », on ne nous distillera guère que des « anecdotes » comme la destruction de Carthage par les Romains, celle du premier Temple de Jérusalem par Nabuchodonosor ou « l'effroyable imposture » dévastatrice du 11 septembre 2001 grâce à laquelle nous refaisons notre beurre pétrolier.

C'est d'un ordre de « démolition » tout autre dont il faut parler haut et fort, celui universel, pernicieux et permanent de notre biosphère, de notre maison du Quaternaire. Et comme disait l'autre, nous ne sommes plus ces respectables prédateurs qui ne prennent que pour survivre et laissent le reste à la Terre.

Nous autres, civilisés puis modernes, et bien que sapienscomme sage, nous prenons tout, absolument tout, et tout de suite, et sans honte ni partage, tels de vrais pirates exterminateurs. Nous pratiquons la politique de la terre brûlée pour ruiner l'ennemi qui viendra après nous, en oubliant que ce seront nos chers enfants que nous croyons tant aimer. Même un rongeur n'agit pas ainsi !

Curieusement, cet anéantissement aussi tranquille qu'incommensurable ne fait jamais la une des news à sensation. Pourtant, c'est sensationnel, non ? L'erreur scandaleuse de notre conduite auto-suicidaire est quasiment ignorée dans la vie anormale des gens normaux.

Exception faite de quelques apartés spectaculaires et autres batelages de foire qui font l'affaire du blanchiment vert de nos produits... corrosifs. L'humain est sans concession. La lecture de La pulsion vers l'autodestructiond'Arthus Koestler nous aide à comprendre cette maladie mentale qui nous incite à détruire et pourquoi notre monde est un tel bordel.

Bâtir sans détruire n'aura pas été un défi, pas un instant nous n'avons cherché à ménager les écosystèmes et le durable au profit de l'économie immédiate. Les bénéfices faciles ont toujours marqué le pas sur le vital et le futur.

Gloire aux constructeurs, au grand dam de la destruction. Maintenant, chaque fois plus près du mur, les velléités tardives de tergiversations et de projets de réajustement de cet écart démesuré entre croissance et conservation sont vaines.

(...)

La Terre était notre mère, elle est devenue notre lego.

(...)

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Auteur : Michel Tarrier

Source : www.theuprightone.com

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