Négociations climatiques : "des objectifs ridiculement bas" - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 13/06/2010 à 21h48 par Tanka.


NÉGOCIATIONS CLIMATIQUES : "DES OBJECTIFS RIDICULEMENT BAS"

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Négociations climatiques : "des objectifs ridiculement bas"

Du 31 mai au 11 juin a eu lieu à Bonn en Allemagne la session de négociations intermédiaire sur les changements climatiques.

Les divergences sur le fond qui ont mené à l'échec de Copenhague existent toujours, mais le processus formel de négociations est reparti, un nouveau texte dit « de facilitation » ayant été présenté aujourd'hui par la Présidente du groupe de travail de la Convention. Margaret Mukahanana-Sangarwe (du Zimbabwe) a en effet entrepris un effort de synthèse louable, présentant un texte raisonnablement concis cherchant à refléter les différents points de vue des pays.

Plusieurs pays le jugent déséquilibré, notamment les pays en développement. Cependant ce texte, sans être encore reconnu officiellement comme base des négociations, doit permettre aux Parties d'entamer de véritables discussions pour avancer sur le fond.

Pour Morgane Créach du RAC-France : « Une grosse incertitude demeure : celle de l'avenir du protocole de Kyoto. Ce dernier ne doit pas être relégué aux oubliettes au profit d'engagements beaucoup moins contraignants, sous la Convention, pour les pays industrialisés. Le nouveau texte se réfère uniquement au protocole de Kyoto sur le mode du passé et demeure muet sur une deuxième période d'engagement qui débuterait en 2013 ».

Parmi les autres principaux sujets qui restent à trancher figure celui du soutien financier des pays industrialisés aux pays en développement afin de les aider à lutter contre le changement climatique.

Pour Elise Buckle du WWF France, « Le nouveau texte définit une feuille de route pour la création du nouveau Fonds Climat, sous l'égide de l'ONU au plus tard en 2011, lors de la conférence en Afrique du Sud. C'est une bonne nouvelle, mais le risque est d'avoir une nouvelle coquille vide, si ce Fonds n'est pas alimenté rapidement par des flux financiers importants.

Nous demandons d'urgence la mise en place de mécanismes de financements innovants, tels que la taxe sur les carburants de soute des secteurs maritimes et aériens et la taxe sur les transactions financières ».

Des objectifs trop faibles

Au niveau de la réduction des émissions, le nouveau texte prévoit pour les pays industrialisés une fourchette de -25% à -40% pour 2020 mais sans mentionner 1990 qui est l'année de référence du Protocole de Kyoto. Le pic des émissions globales est mentionné pour 2020, alors que les scientifiques ne cessent de répéter que nos émissions doivent commencer à diminuer dès 2015.

Actuellement, la compilation des objectifs que les pays industrialisés ont annoncés nous mène à une maigre fourchette de -12% à -18% pour 2020, par rapport à 1990. Pour Karine Gavand de Greenpeace France «les objectifs de réduction des pays industrialisés, y compris ceux de l'Union européenne, sont ridiculement bas et à Bonn, ces derniers n'ont manifesté aucune intention de rectifier le tir ».

La pression médiatique est retombée depuis Copenhague mais ne doit pas faire oublier aux négociateurs que l'urgence climatique est quant à elle toujours présente.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

.





Source : www.ddmagazine.com