Nanotubes de carbone : Des affections pulmonaires chez des souris - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/11/2009 à 18h13 par Michel WALTER.


NANOTUBES DE CARBONE : DES AFFECTIONS PULMONAIRES CHEZ DES SOURIS

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Nanotubes de carbone : Des affections pulmonaires chez des souris

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Les nanotubes de carbone sont, de toutes les nanoparticules, celles qui ont fait l'objet du plus grand nombre de publications scientifiques. Même si les données toxicologiques restent très parcellaires, elles invitent à la prudence.

Certaines études ont été menées in vitro. Elles mettent en évidence "le caractère insoluble des nanotubes de carbone" et leur capacité "à pénétrer à l'intérieur des cellules et provoquer une cytotoxicité", c'est-à-dire à altérer ces cellules, résume l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). D'autres expériences ont été réalisées in vivo, sur des souris ou des rats auxquels ont été administrées de fortes doses de nanotubes.

Conclusion : "Plusieurs études démontrent clairement la biopersistance de ces nano-objets et leur capacité à engendrer une inflammation pulmonaire ainsi qu'une fibrose." Ces premiers résultats, souligne l'INRS, "suggèrent que les nanotubes de carbone seraient potentiellement toxiques pour l'homme".

La société Arkema (en photo, son siège social à La Défense) est le seul producteur français de tubes de carbone.

Reportage Voyage au coeur des nanotubes

L'un des travaux les plus récents, publié le 25 octobre dans Nature Nanotechnology, confirme ce diagnostic. Une équipe américaine a montré que des nanotubes de carbone, inhalés pendant six heures par une souris, en forte concentration, atteignent la plèvre et provoquent une fibrose sous-pleurale. Un effet délétère qui n'est pas observé avec le noir de carbone (un autre type de nanoparticules que l'on trouve dans les pneus) ou à des concentrations plus faibles. Les auteurs préconisent donc, en attendant des évaluations plus poussées, de "limiter l'inhalation de nanotubes durant leur manipulation".

En 2008, dans Nature Nanotechnology toujours, une équipe britanno-américaine avait révélé que des nanotubes de carbone longs, introduits dans la cavité abdominale d'une souris, induisaient une inflammation et des lésions du mésothélium comparables à celles provoquées par l'amiante. Ce qui, pour les chercheurs, devrait inciter à "une grande prudence avant l'introduction de tels produits sur le marché".

Les salariés des sites de fabrication et des laboratoires de recherche sont les premiers concernés. Pour ces personnels, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) préconise d'"éviter ou minimiser l'exposition". Mais ils ne sont pas les seuls. L'usinage, la découpe, le perçage ou le polissage des matériaux intégrant ces composants lilliputiens, puis leur usure naturelle, enfin, le traitement des déchets, peuvent aussi entraîner un relargage dans l'environnement.

Les risques d'une dissémination dans la nature, justement, sont encore très mal évalués. D'autant qu'il est difficile de reproduire en laboratoire la façon dont ces minuscules particules peuvent se disperser dans l'atmosphère et se fixer dans les sols ou dans les eaux.
Pierre Le Hir

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