Nanoproduits : "Informer, écouter, rendre compte" - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/10/2009 à 12h09 par Michel WALTER.


NANOPRODUITS : "INFORMER, ÉCOUTER, RENDRE COMPTE"

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Nanoproduits : "Informer, écouter, rendre compte"

Information transmise par Michel

Pour ses partisans, il s'agit d'une expérience de démocratie directe.

Pour ses détracteurs, d'un simple exercice de légitimation sociale.

Toujours est-il que le débat public national sur les nanotechnologies, qui s'ouvre jeudi 15 octobre pour plus de quatre mois, est sans précédent.

De nombreuses conférences sur le "nanomonde" se sont déjà tenues, et d'autres pays ont fait s'exprimer des panels de citoyens. Mais l'ambition de cette consultation est plus vaste, explique le président de la commission chargée de l'organiser, Jean Bergougnoux, ancien directeur général d'EDF et ex-président de la SNCF, aujourd'hui consultant international.

Quel est l'objectif de cette consultation ? Désamorcer les peurs et les oppositions qui pourraient entraver le développement des nanotechnologies, comme pour les organismes génétiquement modifiés (OGM) ?

Ce débat était une promesse du Grenelle de l'environnement. Le développement durable exige de maîtriser le développement des technologies émergentes, mais aussi d'associer les citoyens à la préparation de décisions qui peuvent peser fortement sur la société.

Les Français ont le sentiment que, trop souvent, on prend des décisions importantes pour leur avenir et celui de leurs enfants sans leur en parler et sans les consulter. C'est vrai pour les OGM, les ondes électromagnétiques, l'amiante... Si 5 % des Français savent aujourd'hui ce que sont les nanotechnologies, c'est un maximum.

La Commission nationale du débat public (CNDP) a été saisie en février par sept ministères pour organiser une consultation permettant d'éclairer l'action de l'Etat à plusieurs niveaux : secteurs de recherche à soutenir, évaluation de la toxicité pour l'homme et les écosystèmes, information et protection des travailleurs et des consommateurs, contrôle et suivi des nanoproduits...

Allez-vous travailler en toute liberté ?

Nous avons constitué une commission de sept membres venus d'horizons très différents (un docteur en théologie, une romancière, un architecte, etc.) et n'ayant rien à voir avec le monde des nanotechnologies. Notre mission tient en trois mots : informer, écouter, rendre compte. Nous allons la remplir sans parti pris, dans une totale indépendance à l'égard des pouvoirs publics.

Le débat ne risque-t-il pas de se cantonner aux spécialistes et aux associations ?

Nous ouvrons, le 15 octobre à Strasbourg, une série de dix-sept réunions publiques ouvertes à tous, dans des villes et sur des thèmes différents. La dernière aura lieu le 23 février à Paris. Nous espérons toucher ainsi entre 10 000 et 12 000 personnes. Nous misons aussi
beaucoup sur notre site Internet. Nous pensons toucher ainsi plusieurs centaines de milliers de personnes. Par son ampleur, cette expérience de démocratie participative est une première.

Que répondez-vous à ceux qui, comme le collectif Pièces et Main-d'Œuvre (PMO), appellent à boycotter le débat, au motif que "participer, c'est accepter les nanotechnologies" ?

Que participer, c'est accepter de défendre ses positions.

Je souhaite que toutes les opinions, y compris celles qui voient dans les nanotechnologies l'avènement d'une société totalitaire, puissent s'exprimer. Il en sera rendu compte dans le rapport final.

Précisément, quelles seront les suites données au débat ?

Dans les deux mois qui suivront sa clôture, nous en remettrons un compte rendu détaillé et un bilan synthétique aux sept ministères concernés. Ceux-ci auront alors trois mois pour faire connaître les suites qu'ils entendent lui donner. D'ores et déjà, des questions sont clairement posées. Par exemple, la répartition des crédits entre recherche fondamentale, recherche appliquée et recherche toxicologique ; la protection des travailleurs ; ou la réglementation sur les nanoproduits durant leur cycle de vie et une fois qu'ils sont devenus des déchets.

Cette consultation n'arrive-t-elle pas trop tard, alors que les nanotechnologies ont déjà envahi notre environnement ?

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