« N'attendons des Ogm aucun miracle » - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 17/08/2009 à 19h19 par Tanka.


« N'ATTENDONS DES OGM AUCUN MIRACLE »

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« N'attendons des Ogm aucun miracle »

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OLIVER DE SCHUTTER, RAPPORTEUR SPECIAL DES NATIONS-UNIES SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE

Un peu plus d'un an déjà que la crise alimentaire et la montée brutale des prix du pétrole ont presque failli dévaster tous les efforts accomplis par les économies du monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Jusque-là, force est cependant de reconnaître que le monde développé comme les pays en développement, ne sont pas encore à l'abri d'un nouveau séisme alimentaire lié à l'épuisement des terres arables, au réchauffement climatique et à la hausse brutale des prix du brut. Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, depuis le 1er mai 2008, poste auquel il a succédé au Suisse Jean Ziegler, Olivier De Schutter revient avec nous* sur toutes ces questions qui ont fait l'actualité en 2007, 2008 et encore 2009.

Monsieur De Schutter, en 2007-2008 l'Afrique a subi de plein fouet les conséquences d'une hausse spectaculaire du prix des denrées alimentaires sur le marché mondial. Au cours du deuxième semestre 2008, les prix alimentaires ont chuté de presque 40%, pour ensuite rebondir à nouveau dans les six derniers mois. Pensez-vous que le continent est à l'abri d'une autre crise de la faim ? (Afronline.org)

On ne peut pas aborder la question de la faim à partir simplement de l'évolution des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux. Ceci aboutirait à passer sous silence les questions liées au rôle des acteurs de la chaîne de production et de distribution alimentaire. Les pauvres des pays africains n'achètent pas leur riz ou leur manioc sur la bourse de Chicago, mais sur le marché local ou à l'épicerie du village ; et les producteurs vendent à des intermédiaires, et non pas directement sur les marchés internationaux. Ainsi, même lorsque les prix montent, il n'est pas certain que les petits producteurs en bénéficient. De même, la baisse des prix sur les marchés internationaux ne signifie pas que les prix payés par les consommateurs seront plus bas : en avril 2009, une étude de la FAO portant sur 58 pays en développement montrait que dans 80% des pays étudiés, les prix des denrées alimentaires au détail étaient plus élevés qu'en avril 2008, et que dans 40% des cas, ils étaient plus élevés qu'en janvier 2009. Nous étions à 923 millions d'affamés dans le monde en janvier 2008 ; nous sommes aujourd'hui à 1,02 milliards. La crise est là, plus forte que jamais.

Cela dit, la hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux affecte lourdement la balance des paiements et la balance commerciale des pays pauvres qui sont importateurs nets de nourriture, comme le sont beaucoup de pays d'Afrique sub-saharienne. Or, ces pays restent très vulnérables, en raison de cette dépendance, qui elle-même résulte de trente années pendant lesquelles on n'a pas assez investi dans les cultures vivrières, afin de privilégier les cultures d'exportation, source de devises étrangères. Chacun voit bien que, compte tenu du lien entre les prix des produits agricoles et ceux du pétrole, cette situation est intenable. De nouvelles secousses sont inévitables, tant qu'on n'aura pas agi sur les causes profondes de la volatilité des prix.

Les Nations-Unies ont plusieurs agences chargées de soulager la faim dans les pays pauvres. Parmi elles, il y a la FAO et le Programme alimentaire mondiale (PAM). Que peut apporter de plus un Rapporteur Spécial ONU sur le droit à l'alimentation pour permettre aux pauvres d'accéder à l'alimentation par rapport aux agences précitées ? (Addis Fortune)

La faim est perçue par les agences internationales aussi bien un problème de production que de disponibilité de biens alimentaires. Le but de la FAO est d'encourager la production, alors que celui du PAM est de délivrer les biens alimentaires dans des cas d'urgence comme les famines ou les conflits. À l'origine, les problèmes de la faim sont dus à la discrimination et à la marginalisation, au manque de responsabilité de la part des gouvernements qui ne répondent pas aux besoins de leur population, ou encore à l'adoption de politiques qui aggravent la faim dans les pays pauvres au lieu de la réduire. Un cadre basé sur le droit à l'alimentation nous oblige à inclure ces questions – qui peuvent se résumer à la bonne gouvernance ou à la responsabilité – dans nos réponses sur le problème de la faim. Sans cela, c'est-à-dire en l'absence de mécanismes de responsabilité et une protection des droits des plus pauvres – nos réponses seront mal ciblées et sans effets, donc sans avenir. Le droit à l'alimentation a donc une part vital dans la panoplie de réponses que nous devons développer contre la faim.

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