Monsanto et les pouvoirs publics pourraient avoir à s'expliquer - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 13/02/2011 à 21h20 par Jacques.


MONSANTO ET LES POUVOIRS PUBLICS POURRAIENT AVOIR À S'EXPLIQUER

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Titre original : Homologation du Roundup® : Monsanto et les pouvoirs publics pourraient avoir à s'expliquer

Très fortement suspecté d'être toxique, le très populaire herbicide du N°1 mondial des OGM fait désormais l'objet de soupçons d'irrégularités sur ses formulations. Mais il reste toujours en vente libre pour les professionnels et les particuliers : une situation plutôt embarrassante pour les pouvoirs publics, et notamment le Ministère de l'Agriculture, puisqu'une requête déposée par une association au Conseil d'Etat est actuellement à l'étude pour faire disparaître le Roundup® des jardineries, supermarchés et autres points de vente de produits destinés aux agriculteurs. Panorama sur un des produits les plus controversés au monde.

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ROUNDUP® : UNE PRESENCE NON-NEGLIGEABLE DANS L'ENVIRONNEMENT

Et pourtant, le Roundup® a aussi son revers de la médaille, c'est-à-dire qu'il suscite de très sérieux doutes quant à son innocuité : côté pile, on a donc un outil chimique très puissant qui rend bien des services, et côté face un produit toxique pour l'environnement et la santé.

C'est en substance ce qu'affirment de plus en plus de scientifiques (et non des moindres) dans un certain nombre d'études menées depuis 10 ans, notamment en France depuis que le Conseil Général des Côtes d'Armor en Bretagne s'est rendu compte que le fameux liquide jaune transparent était présent dans quasiment toutes ses rivières...

Et dans les départements voisins, le tableau est le même. Pour exemple, dans le bassin de l'Elorn, la rivière qui alimente en eau potable un tiers du Finistère, des prélèvements effectués en octobre 1999 ont montré que la concentration en glyphosate atteignait 17,02 microgrammes par litre, soit 172 fois la norme autorisée.

Ainsi, suite à d'autres prélèvements effectués sur tout le territoire français pour le Ministère de l'Ecologie au cours des années suivantes, il en ressort que des résidus de molécules contenues dans des herbicides, et en particulier des résidus de glyphosate (le principe actif du Roundup®), sont présents dans la moitié des cours d'eaux en France.

Premier polluant des eaux de surface dans l'hexagone, le glyphosate se retrouve logiquement dans l'eau du robinet. C'est ce que dénonce des élus locaux et notamment Eric Bareille, maire PS de Vert-Saint-Denis, une commune de 7 000 habitants en Seine-et-Marne à l'est de Paris, qui demande le retrait du produit des rayons du magasin Leroy Merlin de la commune voisine.

Selon son directeur de cabinet, Stéphane Daron, la nappe phréatique de Champigny qui apporte de l'eau potable à un million de personnes est contaminée au glyphosate « au plus profond », précise-t-il.

Au Danemark, la prise de conscience a été nationale, suite à une étude publiée en 2003 par l'Institut de Recherche Géologique du Royaume qui a révélé que les eaux souterraines contenaient cinq fois plus de cette molécule chimique que le taux autorisé à l'époque.

Elle a d'ailleurs entraîné une décision plutôt radicale de la part d'un gouvernement, à savoir l'interdiction d'utilisation de tous les herbicides à base de glyphosate en septembre 2003 (même si certaines autorisations peuvent être données au cas par cas) par le Ministère de l'Environnement.

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MONSANTO : « AU REVOIR ROUNDUP® ? »

Quoi qu'il en soit, c'est peu de dire qu'un nouveau procès pourrait ne pas arranger les affaires de Monsanto, qui reste une cible très prisée des anti-OGM, écologistes et autres alter-mondialistes, notamment depuis la publication du livre de la journaliste Marie-Monique Robin intitulé Le Monde Selon Monsanto, qui a également fait l'objet d'un film rediffusé le mardi 5 janvier 2010 sur la chaîne franco-allemande Arte.

Aussi, la firme semencière est actuellement en proie à une période très difficile. Son chiffre d'affaires a baissé de 36% en un an, et elle voit ses ventes de semences OGM de maïs et de soja reculer.

Ces mauvais résultats sont dus en grande partie à la baisse des ventes de Roundup® qui se sont écroulés de 62,5% sur un an au dernier trimestre, car la résistance de mauvaises herbes censées être détruites par le produit est de plus en plus importantes (un nombre croissant d'agriculteurs notamment américains et brésiliens délaissent les semences qui lui sont résistantes).

Aussi, des génériques chinois du Roundup® viennent plomber le succès qu'il avait jusqu'au début des années 2000. Ainsi dans la presse, le PDG de Monsanto lui-même évoque une possible vente de son « bébé » : « Ce n'est pas une vache sacrée.

Nous étudions cette éventualité chaque année » déclare Hugh Grant dans le magazine britannique The Economist qui lui a consacré récemment un dossier (plutôt favorable au grand regret de beaucoup de lecteurs qui se sont déchaînés dans les forums du journal).

Enfin, le groupe Monsanto a révélé en 2009 qu'il supprimera 1 800 emplois, soit 8% de ses effectifs mondiaux, d'ici août 2010. Rien de bien inquiétant pour les actionnaires du groupe puisque le très influent Forbes Magazine a élu Monsanto l'entreprise américaine de l'année 2009, saluant ses succès économiques et ses produits innovants.

Quoi qu'il en soit, le Roundup® est toujours disponible presque partout, même si certaines jardineries tels que Botanic ont fait le choix d'appliquer le principe de précaution en le retirant de ses 60 points de vente, depuis le premier janvier 2008.

Pour rappel, la France est le premier utilisateur de pesticides en Europe et le quatrième au niveau mondial après le Brésil, les Etats-Unis et le Japon. En 2008, 76 000 tonnes de pesticides ont été épandues sur le territoire français.

Enfin, en Argentine, qui a accueilli à bras ouverts le soja Roundup-Ready® (qui représente 99% des cultures de soja dans ce pays où 50% des terres cultivées sont consacrées au soja...), le Roundup® fait des ravages dans les populations qui vivent près de ces cultures : cancers, malformations congénitales, maladies hormonales, maladies respiratoires, etc...

Et à ce jour dans le monde, les plantes transgéniques tolérantes au Roundup® sont autorisées à l'importation en Europe. Elles représentent 75% de la production mondiale d'OGM et servent essentiellement à nourrir les animaux que nous utilisons pour faire de la viande.

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Auteur : Sebastien Portal

Source : blogs.mediapart.fr