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Cette actualité a été publiée le 08/04/2011 à 16h38 par Tanka.


MONSANTO ET BRUXELLES MAIN DANS LA MAIN

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Monsanto et Bruxelles main dans la main

 
Le feuilleton Monsanto se poursuit en Europe. Laurent Pinsolle dénonce l'acharnement de la multinationale à pénétrer les marchés européens contre l'avis des peuples : des manoeuvres juridiques qui se font avec la complaisance de l'Europe.

L'affaire de la commercialisation du maïs Monsanto vient de connaître un nouveau rebondissement : après l'échec de la tentative de la Commission Européenne pour interdire son interdiction, la multinationale reprend son combat avec l'aide de la Cour de Justice Européenne.

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L'UE contre les États et les peuples

Il y a un très large consensus dans les pays européens et au sein des gouvernements pour ne pas autoriser la culture des OGM. Si on peut comprendre les regrets des scientifiques, le principe de précaution est tout de même recevable. Il y a suffisamment de littérature soulignant les dangers à long terme de certaines innovations scientifiques pour n'autoriser que très progressivement l'utilisation de ces nouvelles technologies, après des tests sérieux.

Mais malgré l'opposition des peuples et des gouvernements, cette Europe cherche absolument à faire valoir les intérêts de Monsanto. Après un feuilleton incroyable, la Commission Européenne avait trouvé le moyen d'interdire aux États d'interdire la culture d'un certain nombre de plantes OGM. Mais les États avaient bloqué la manoeuvre en réunissant 75% des voix contre le projet de Bruxelles (il faut noter qu'en-deçà de deux tiers, le projet de la Commission passait !).

Mais cet échec n'a pas découragé Monsanto, qui tente une nouvelle manoeuvre par le biais de la Cour Européenne de Justice. Son avocat général a tranché dans le sens de Monsanto, jugeant illégale l'interdiction faite par la France de la culture du maïs Monsanto. Il aurait fallu demander à la Commission, dont on connaît bien les penchants pour les produits transgéniques, ou même pour les farines animales, qu'elle essaie d'autoriser de nouveau.

Monsanto et Bruxelles main dans la main
Une Europe anti-démocratique et soumise aux intérêts particuliers

Il y a énormément d'aspects choquants dans ce mauvais feuilleton. Tout d'abord, cette Europe cherche à imposer la culture de produits que ni les peuples ni les gouvernements ne souhaitent. Après d'innombrables affrontements où la Commission a été mise en large minorité, il est vraiment révoltant que cette autorisation revienne par la fenêtre de la Cour Européenne de Justice. Il y a un manque de respect très préoccupant pour les avis exprimés démocratiquement par les États.

Mais ce n'est pas tout. Comme pour les farines animales, il est difficile de ne pas y voir des affaires de gros sous. Monsanto va bien, très bien. De 2003 à 2009, son chiffre d'affaires est passé de 5 à 12 milliards de dollars, et ses profits ont été multipliés par 20, à 2 milliards. Bref, Monsanto a beaucoup d'argent pour essayer de peser sur les décisions de cette Europe, qui semble particulièrement ouverte à l'influence financière des lobbys et autres intérêts privés.

Pire, il est question de conflits d'intérêts entre les autorités européennes chargées des avis scientifiques sur les OGM. En clair, certains des décisionnaires européens travaillent directement pour les industriels, ce qui permet de questionner leur indépendance et leur perméabilité à l'avis de ces mêmes grands industriels, gouvernés par la seule logique du profit maximal et non de la sécurité maximale. D'ailleurs, c'était l'Europe qui avait imposé à la France la commercialisation du Red Bull...

Cette affaire de la commercialisation des semences transgéniques de Monsanto éclaire d'une lumière très inquiétante ce projet européen, antidémocratique et qui semble à la botte des intérêts des puissants au mépris de l'avis des peuples et des gouvernements.
 

Un article de Laurent Pinsolle, publié par marianne2

 

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Auteur : Laurent Pinsolle

Source : www.marianne2.fr