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Cette actualité a été publiée le 21/12/2011 à 22h19 par Tanka.


MOINS DE CHIMPANZÉS DANS LES LABORATOIRES

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Moins de chimpanzés dans les laboratoires

 
Titre initial :
Moins de chimpanzés dans les laboratoires : une victoire scientifique, mais...

 
LE PLUS. Les associations de protection des animaux ont remporté une bataille : aux États-Unis, l'utilisation de chimpanzés pour la recherche biomédicale est maintenant en voie de disparition. Comment les scientifiques reçoivent la nouvelle ? Le biologiste Didier Raoult, auteur de "Dépasser Darwin", fait le point.

Aujourd'hui, on peut humaniser les souris ! J'entends dire par là que les scientifiques sont capables de mettre des gènes humains sur les rongeurs et de tester pour chacun la sensibilité à un agent infectieux. Quel besoin alors de réaliser des expérimentations sur les grands singes, au motif que leur génome est proche du nôtre ?

Être humain, chat et chien ont aussi été des cobayes

Les moeurs évoluent, le niveau de technicité et les outils utilisés en laboratoire aussi. Dites-vous que, dans les années 1950, en France, on utilisait les êtres humains dans les protocoles de laboratoire. On proposait des réductions de peine de prison contre une expérimentation et une injection de microbes. Des détenus plus ou moins volontaires pouvaient se retrouver avec le paludisme dans le cadre de recherches scientifiques et cela paraissait totalement admissible.

Dans le même ordre d'idées, j'ai interdit au début des années 1990 les expérimentations sur les chiens, les chats et les singes à la faculté de médecine de Marseille. À l'époque, cela faisait plus de vingt ans que l'on travaillait sur le sphincter du chat, en raison de sa proximité avec celui de l'enfant, et le pancréas du chien. Il était difficile de penser autrement.

Aujourd'hui, il n'est plus question d'utiliser les hommes dans des expérimentations scientifiques, ni les animaux domestiques. Et la recherche ne s'en porte pas plus mal. Au contraire ! Nous assistons en ce moment à une explosion scientifique, une révolution intellectuelle phénoménale. Par exemple, en 1980, on avait identifié 1800 espèces de bactéries. Ces deux dernières années, on en a découvert 500 chaque année. Notre connaissance et notre regard scientifique s'en trouvent changés.
 

 
Hypothèse vs. curiosité

On bascule de plus en plus vers une "curiosity driven science", c'est-à-dire que la science est poussée par la curiosité, et on s'éloigne d'une "hypothesis driven science", lorsque les scientifiques cherchent à valider leurs hypothèses par le biais de protocoles expérimentaux. D'autant plus que la réalisation de ces protocoles est réductionniste, car tous les paramètres ne sont pas pris en compte et l'objectif (biaisé) est de répondre oui à l'hypothèse que l'on veut vérifier. Place est faite aux découvreurs, aux scientifiques qui "partent à la pêche" et ne savent pas à l'avance ce qu'ils vont trouver.

Alors, même si la fin de l'expérimentation sur les chimpanzés peut pour certains être perçue comme contraignante, ça n'en développera que davantage la créativité des chercheurs et "rats de laboratoires". Un exemple parlant, le débat sur les cellules souches et leur autorisation restreinte et dans des conditions spécifiées a eu pour conséquence une découverte non-négligeable : la déprogrammation des cellules cutanées et leur mutation par l'homme en cellules souches.
 

 
Des expérimentations utiles pour la survie de l'espèce ?

Pour autant, même si ces expérimentations ont fait leur temps et sont dorénavant inutiles, il subsiste une question : que va-t-on faire de tous ces chimpanzés qui ont servi dans des expériences ? Va-t-on les relâcher ? les domestiquer ? L'avenir de ces espèces pourrait en effet se trouver compromis en l'absence d'expérimentations scientifiques :

- D'un côté, les chimpanzés sont rudes et costauds, difficilement domesticables ;

- De l'autre, les forêts disparaissent et avec elles leurs habitants.

La souffrance quotidienne de l'animal lors des expériences de laboratoire est une chose – et encore, il faut savoir que les contraintes laborantines sont colossales : ne serait-ce que pour les rongeurs, les centimètres carrés dans lesquels ils doivent vivre sont spécifiés, l'anesthésie est obligatoire... –, mais le futur de l'espèce en est une autre.

Il n'est pas ici question de morale, mais il faut savoir qu'il existe aux États-Unis plus de tigres domestiqués que de tigres à l'état sauvage dans le monde entier. Cette espèce survivra probablement grâce aux caprices des milliardaires. Qu'en sera-t-il alors de nos "cousins" les grands singes ?
 

Un article de Didier Raoult, publié par Leplus.nouvelobs

 

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Auteur : Didier Raoult

Source : leplus.nouvelobs.com