Michel Rocard : «l'Arctique est géré comme un syndic de propriété» - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 05/02/2013 à 16h26 par Fred.


MICHEL ROCARD : «L'ARCTIQUE EST GÉRÉ COMME UN SYNDIC DE PROPRIÉTÉ»

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Michel Rocard : «l'Arctique est géré comme un syndic de propriété»

 

Ambassadeur de la France pour les pôles depuis 2009, il plaide pour une gouvernance internationale dans ces zones fragiles.

L'ancien Premier ministre socialiste est l'un des pères du protocole signé à Madrid en 1991 qui a permis de sanctuariser l'Antarctique. Mais la tâche s'annonce bien plus ardue autour du pôle Nord.

Quelle est votre mission en Arctique ?

Elle porte sur l'instauration d'une réglementation intergouvernementale pour que l'Arctique bénéficie d'un cadre juridique international protecteur, au moment où la fonte des glaces s'accélère. Avec le réchauffement climatique, les terres gelées (le pergélisol) se ramollissent et les constructions s'enfoncent, contraignant des dizaines de milliers de réfugiés à fuir la zone arctique.

La fonte de la banquise affecte aussi la biodiversité. En mars aura lieu un grand débat sur le classement de l'ours blanc comme espèce menacée dont la chasse est interdite, dans le cadre de la convention internationale sur la biodiversité animale. Il est urgent de le faire.

D'autre part, le changement climatique rend praticables des eaux et des terres qui ne l'étaient pas depuis six mille ans, avec l'ouverture au Nord de nouvelles routes navales : d'ici trente ans, la moitié du commerce mondial pourrait y transiter ! Et en termes d'hydrocarbures, l'Arctique ressemble à un deuxième Moyen-Orient : si une marée noire s'y produit, on en a pour un siècle...

Pour la pêche, peu de bateaux se risquent dans la région centrale, même si 4 millions de km2 ont été libérés des glaces en moins de vingt ans. Mais on finira par y aller par manque de poissons. L'un des enjeux est donc de créer dans l'océan Arctique une organisation régionale de pêche comme il en existe 8 ou 9 dans le monde. Pour le moment, le Conseil arctique n'a jamais voulu traiter le sujet.

Mettre en place une coopération internationale en matière de droit dans les hautes eaux, mais aussi de gestion et de financement collectifs des infrastructures (avions d'observation, hélicoptères de sauvetage, ports de ravitaillement, secours, cartographie, etc.) est une affaire énorme. Cela va coûter un argent fou et le drame, c'est que rien n'a encore été fait.

Que pensez-vous de la gouvernance du Conseil arctique, où vous siégez ?

C'est un organisme sans pouvoir contraignant, dont le travail essentiel consiste à faire des recommandations aux Etats membres. Il compte les cinq pays riverains (Canada, Danemark, Etats-Unis, Norvège, Russie), plus trois sans accès direct à l'océan Arctique (Finlande, Islande, Suède), six représentations des peuples premiers et six observateurs permanents (Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Pologne et Royaume-Uni) sélectionnés en fonction de leurs travaux scientifiques en Arctique.

(...)

Quels sont vos moyens d'action ?

Le Conseil se réunit tous les deux ans au niveau ministériel, et ne laisse guère s'exprimer les observateurs. C'est la seule réunion internationale où je vais présenter mes respects à la direction, m'asseoir sur mon banc et écouter sagement sans prendre la parole.

(...)

Bref, le Conseil gère l'Arctique comme un syndic de propriété complice des copropriétaires pour empêcher toute nouvelle arrivée. On n'y discute pas de règles communes qui concernent pourtant le monde entier.

En 2011, une première décision «contraignante» a certes été prise sur la mutualisation des secours en cas d'accident. Mais globalement, l'action du Conseil est un ratage en raison des crispations des pays riverains sur leurs ressources. Le discours du gouvernement canadien est extrêmement souverainiste et ce, à peu près sans raison.

En 2008, vous plaidiez pour un traité de l'Arctique, comme en Antarctique. Y avez-vous renoncé ?

Oui, car aucun pays riverain n'en voulait. Je pense désormais qu'il faut traiter séparément la pêche, les hydrocarbures, la biodiversité et la navigation, via des organismes juridiques internationaux distincts.

L'entrisme chinois vous inquiète-t-il ?

(...)

Vous êtes favorable aux gaz de schiste en France. N'est-ce pas contradictoire avec votre engagement écologique ?

(...)

 

Un article de ANNE DENIS Envoyée spéciale à Tromsø (Norvège), publié par liberation.fr et relayé par SOS-planete

 

Pour lire la totalité de l'article, cliquer ICI

 

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Auteur : ANNE DENIS

Source : www.liberation.fr