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Menacés par une loi, les campeurs à l'année veulent entrer en résistance - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 28/01/2012 à 18h07 par Jacques.

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Menacés par une loi, les campeurs à l'année veulent entrer en résistance

 

Une loi adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale le 16 novembre 2011 vise à empêcher que des personnes élisent domicile en permanence dans les campings de France. Avant que la législation ne soit examinée par le Sénat, des collectifs de mal-logés ont décidé de passer à la contre-offensive ce samedi 28 janvier.

« Une fabrique de bidonville », c'est en ces termes que le DAL, l'association pour le droit au logement, qualifie la loi Léonard, du nom de Jean-Louis Léonard, le député UMP de Charente-Maritime à l'origine, avec trois autres de ses collègues, de la loi relative aux habitats légers de loisirs et à l'hébergement de plein air.

Ce projet de loi, adopté à l'unanimité à l'Assemblée nationale le 16 novembre dernier, interdit notamment aux usagers d'habiter plus de trois mois consécutifs dans un même camping.

Un moment mal choisi

Au total, ce sont entre 70 000 et 120 000 personnes, selon les chiffres, qui sont concernées par cette mesure. Une population qui, dans sa très grande majorité, a choisi ce mode d'habitation en camping par manque de ressources financières (la moyenne d'un loyer de camping tourne autour de 350 euros par mois).

« J'étais en plein surendettement, ma fille était au chômage... On n'arrivait plus à payer le loyer, donc il fallait trouver autre chose », expliquait le 17 janvier sur RFI Arielle, une femme divorcée âgée de 58 ans qui réside depuis sept ans dans un mobile home parqué dans un camping situé à 40 kilomètres de Paris.

Alors que le nombre de sans-abri ne cesse de croître en France, et que beaucoup d'entre eux n'ont même pas la possibilité de s'installer dans un camping, le projet de loi a surpris mais le député Jean-Louis Léonard est sûr de son fait.

Il veut « prévenir d'éventuelles dérives liées à la sédentarisation, éviter la ' cabanisation ' et protéger les plus démunis contre les marchands de sommeil ». « Il ne s'agit pas de chasser les pauvres mais d'éviter le développement de campings qui n'en sont plus », déclarait-il au Monde le 19 décembre, faisant référence à des campings sur lesquels « les maires n'ont aucune prise ».

Du côté des propriétaires de campings cependant, l'étonnement est général. Patrick Guigault, qui en possède plusieurs, s'interrogeait le 17 février sur RFI : « Je ne me vois pas en train de dire aux résidents : ' Cela fait trois mois que vous êtes là, maintenant partez ' ! ».

« Ces nouvelles dispositions vont mettre la pression sur les gérants, commentait parallèlement dans Le Monde un sociologue du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), spécialisé dans l'habitat hors norme. « Jusqu'à présent, indiquait-il, il y avait une souplesse. Si demain, l'accès de ces terrains légaux est plus difficile, où iront toutes ces personnes ? ».

La parole est aux sénateurs

Dans l'espoir d'infléchir la loi et de donner à réfléchir aux sénateurs qui auront à se prononcer (ndlr : la date exacte du vote au Sénat n'est pas encore connue), les défenseurs des mal-logés ont décidé de passer à l'action. L'Association pour les habitants de logements éphémères ou mobiles (Halem), le DAL ainsi que la Goutte d'eau, un collectif de gens du voyage, ont prévu de tenir des assemblées générales ce samedi 28 janvier à Paris, Toulouse ainsi qu'à Châtelaillon-Plage, la ville de Charente Maritime dont Jean-Louis Léonard est le député-maire.

Un amendement visant à assouplir le texte serait en voie d'être proposé aux sénateurs mais les défenseurs des mal-logés voudraient que le Sénat rejette purement et simplement la loi Léonard.

Ils souhaitent aussi que des efforts soient entrepris pour développer des terrains familiaux dans les zones rurales et semi rurales et que soit créé un statut protecteur pour les habitants de camping à l'année afin de les préserver des agressions et de précarité. Autant dire qu'entre le législateur et les principaux intéressés, le fossé à combler reste de taille.

 

Un article de Christophe Carmarans, publié par Rfi

 

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Auteur : Christophe Carmarans

Source : www.rfi.fr

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