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Cette actualité a été publiée le 15/08/2009 à 01h52 par Phil.


MÉKONG POLLUÉ, DAUPHINS DÉCIMÉS

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Mékong pollué, dauphins décimés

Une information sélectionnée par Phil'.

Le dauphin de l'Irrawaddy risque de disparaître du Cambodge et du Laos à cause des pollutions chimiques qui contaminent le Mékong, selon un rapport publié fin juin par le WWF (Fonds mondial pour la nature), qui a provoqué la colère des autorités cambodgiennes.

L'association de protection de la nature a recensé au cours des six années écoulées 88 décès de dauphins de l'Irrawaddy (ou Orcaella brevirostris) sur une bande de fleuve de 190km.

Cette espèce proche de l'orque fréquente les estuaires, les lagons et les grands fleuves de l'Asie du Sud et du Sud-Est. D'après le WWF, la population du Mékong est passée d'entre 80 et 100 il y a trois ans à 64 individus actuellement.

Les chercheurs de l'association disent avoir relevé des niveaux du pesticide DDT dix fois plus élevés chez les jeunes dauphins morts du Mékong que chez leurs congénères en Inde. Ils ont également trouvé des PCB (des dérivés chimiques chlorés), ainsi que du mercure - qui peut fragiliser le système immunitaire des animaux aquatiques.

D'après le rapport, beaucoup de jeunes dauphins sont morts de maladies bactériennes qui ne se produisent que lorsque le système immunitaire est endommagé. «Ces produits polluants sont disséminés de façon éparse dans l'environnement. Donc la ou les sources pourraient se situer dans plusieurs des pays que traverse le Mékong», a souligné le vétérinaire Verne Dove, qui a signé le rapport.

En total désaccord, le gouvernement cambodgien a exigé des excuses du WWF. Touch Sieng Tana, qui préside la très officielle Commission pour la préservation des dauphins du Mékong, a affirmé qu'il n'y avait ni mercure, ni DDT, ni PCB dans le fleuve. «Si le Mékong était pollué, alors tous les Cambodgiens qui utilisent et boivent cette eau seraient morts», a-t-il analysé. «Le communiqué du WWF vise à détruire le Cambodge et à instiller la peur chez les touristes étrangers».

La communauté scientifique ne sait pas précisément combien il reste de dauphins de l'Irrawaddy à travers le monde. Une population de près de 6000 individus a récemment été découverte près des forêts de palétuviers du Bangladesh. L'espèce est considérée comme «vulnérable» par l'Union internationale pour la préservation de la nature (IUCN). Et la sous-population du Mékong a même été classée comme «en grave danger» en 2004.

Les conclusions du rapport sont jugées surprenantes par un expert des dauphins de l'Irrawaddy. Brian Smith, de la Société de préservation de la faune (WCS), souligne que jusqu'à présent, les spécialistes considéraient que les plus grands risques pour l'espèce venaient la pêche, des collisions avec les bateaux et de la destruction de leur habitat naturel. Selon lui, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir un lien entre les décès et les pollutions chimiques.

Cependant, le taux de mortalité extrêmement élevé chez les jeunes dauphins du Mékong et les lésions observées sur les carcasses suggèrent que les produits chimiques relevés par le WWF «peuvent effectivement être un facteur important de risque pour la population».