Marie-Monique Robin : du journalisme au militantisme anti-OGM - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 08/03/2010 à 21h57 par Jacques.


MARIE-MONIQUE ROBIN : DU JOURNALISME AU MILITANTISME ANTI-OGM

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Marie-Monique Robin : du journalisme au militantisme anti-OGM

A la veille du débat sur les OGM, le reportage Le monde selon Monsanto a été présenté à l'Assemblée nationale devant quelques parlementaires convaincus. Il était jugé bien trop militant par les autres.

« Vous n'avez absolument rien compris au documentaire. J'ai mené une enquête sur Monsanto, pas sur les OGM ! », a réagi Marie-Monique Robin dans le quotidien Libération du 22 mars 2008. Selon la réalisatrice du reportage Le Monde selon Monsanto [1], le semencier américain serait à l'origine « d'un vaste projet hégémonique menaçant la sécurité alimentaire du monde, mais aussi l'équilibre écologique de la planète ».

Dans son documentaire, la firme de St Louis apparaît plus puissante que Wall-Mart, ExxonMobil et Boeing réunis, alors que son chiffre d'affaires (moins de 5 milliards d'euros, soit seize fois moins que celui de Carrefour) équivaut à ce que la Société Générale a perdu... en une seule journée !

Le sentiment général qui se dégage du reportage est pourtant que Monsanto aurait manipulé l'essentiel de la communauté scientifique, des grands journaux, des autorités sanitaires américaines, européennes et asiatiques... ainsi que plusieurs présidents américains (démocrates comme républicains) depuis au moins John Kennedy ! Outre-Atlantique, plus « aucun journaliste n'essaie de se mettre sur le chemin de Monsanto », peut-on d'ailleurs lire dans le livre éponyme de Mme Robin, car « le journalisme d'investigation [est] mort ». Bigre !

L'avenir de l'humanité

Dans son enquête, Monsanto est présenté comme une firme dont les dirigeants n'hésitent pas à mélanger subtilement malhonnêteté, mensonge et trafic d'influence pour commercialiser des produits qui mettent en péril la santé humaine. Au cours des années soixante, le chimiste américain aurait ainsi dissimulé à la CIA, au FBI, à l'armée américaine et à la Maison Blanche, la toxicité réelle de l'agent orange, « pour ne pas perdre un marché très juteux », écrit Mme Robin dans son livre.

A partir de 1969, « Monsanto a organisé son impunité », poursuit-elle, évoquant une « chasse aux lanceurs d'alerte », une « collusion entre le gouvernement et les industriels » et une « ambiance de KGB » au sein des institutions publiques américaines.

Pourquoi la journaliste ressort-elle ici l'affaire de l'agent orange ?

La réponse se trouve dans la conclusion de son livre. « Et si les OGM étaient l'agent orange de demain ? », s'y interroge-t-elle. Nicolas Hulot, qui a rédigé la préface de son ouvrage, partage ses inquiétudes. « Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot », écrit-il, tout en se demandant « s'il faut continuer à permettre à une société comme Monsanto de détenir l'avenir de l'humanité dans ses éprouvettes et d'imposer un nouvel ordre agricole mondial ».

Face à une telle menace, il est surprenant de constater que la campagne anti-OGM de Greenpeace Etats-Unis est négligeable au point de ne plus figurer dans ses rapports annuels depuis 2004. Pourquoi les guerriers verts américains restent-ils passifs devant le supposé fléau que représente Monsanto, alors qu'ils consacrent presque trois-quarts de leur budget de campagne à la défense du climat, des océans et des forêts ?

Auraient-ils renoncé à sortir l'humanité des griffes du semencier américain ? Et pourquoi seule la branche européenne de la multinationale verte est-elle mobilisée sur le dossier OGM, empêchant ainsi la création d'un pôle européen concurrent ? Tout cela est bien curieux... à moins d'avoir des « doutes sérieux » quant à l'existence réelle du monde selon Monsanto tel que le décrit Mme Robin.

« Pour interdire les OGM »

Quant aux biotechnologies, son réquisitoire n'apporte rien de neuf. Le documentaire « ne fait pas de révélation sur le dossier OGM », note d'ailleurs le journaliste Hervé Kempf dans Le Monde. Comme le livre dont il est issu, le reportage est construit sur plusieurs grands classiques de la contestation anti-OGM, qui sont recyclés au moment même où la France débat de l'avenir des biotechnologies. Hasard du calendrier ?

Quoi qu'il en soit, Marie-Monique Robin affiche clairement son objectif dans le dossier de presse du documentaire : « J'espère qu'il servira à alimenter un débat enfin sérieux sur les OGM, et qu'en France, il contribuera à en interdire la culture et la consommation. » C'est donc bien dans le cadre d'une campagne contre les OGM qu'il a été réalisé.
Le choix des études

« En ce qui concerne les OGM, aucune étude fiable et indépendante émanant d'un laboratoire au-dessus de tout soupçon n'existe », poursuit la journaliste. Est-ce la raison pour laquelle elle élude toutes les études et articles qui mettent en cause son point de vue ?.../...


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Source : contrepoints.org

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