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Cette actualité a été publiée le 07/05/2010 à 17h34 par Tanka.


MARÉE NOIRE SUR LA COM DE BP

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Marée noire sur la com de BP

British Petroleum promettait d'aller «au-delà du pétrole». La catastrophe de Deepwater Horizon montre les lacunes de la compagnie pétrolière.

Avec la catastrophe en cours dans le Golfe du Mexique, le public voit enfin clair dans une décennie de propagande verte de BP.

Voici dix ans, l'entreprise alors connue sous le nom de British Petroleum (Pétrole britannique) lançait une campagne de plusieurs millions de dollars pour se requalifier elle-même comme le plus vert des géants du pétrole. Depuis, elle ne se présente plus que par ses initiales «BP» et a popularisé un nouveau slogan «Beyond Petroleum» (Au-delà du pétrole). La campagne s'engageait sur un budget publicitaire et relations publiques de 200 millions de dollars (152,5 millions d'euros), et se présentait avec un nouveau logo mettant en vedette le désormais omniprésent soleil vert et jaune.

Dix ans plus tard, la compagnie dépense toujours beaucoup d'argent en publicité, avec, l'an dernier aux États-Unis, 76 millions de dollars (58 millions d'euros) consacrés à des spots télé et radio glorifiant son image.

Le marketing vert désarmé par Deepwater Horizon

Cette campagne a porté ses fruits. Une enquête de satisfaction client de 2007 a montré que BP avait, de loin, la meilleure image environnementale de tous les grands groupes pétroliers. Cette année, la campagne «Beyond Petroleum» a d'ailleurs gagné le Gold Award de l'American Marketing Association. Et l'entreprise a déclaré qu'entre 2000 et 2007, sa notoriété était passée de 4 à 67% et que ses ventes avaient progressé de manière constante.

Mais ces centaines de millions de dollars de marketing vert ne peuvent protéger la compagnie contre la catastrophe environnementale et promotionnelle qui se joue actuellement dans le Golfe du Mexique. Au moins 795.000 litres de brut se déversent chaque jour dans le Golfe après l'explosion et l'effondrement, le 20 avril, de la plateforme de BP «Deepwater Horizon» située à 80 kilomètres au large de la Louisiane, une déflagration qui a tué 11 ouvriers et en a blessé 17 autres.

Dans le scénario le plus pessimiste, 22,7 millions de litres pourraient s'échapper quotidiennement. Cette marée noire est bien partie pour éclipser la catastrophe de l'Exxon Valdez, en 1989, qui avait déversé 40,8 millions de litres dans la baie du Prince-William, en Alaska, et représentait le pire désastre écologique de l'histoire des États-Unis.

Cette marée noire a réduit à néant des années de dépenses publicitaires, mais a également mis en évidence toute l'hypocrisie de ces campagnes promotionnelles. Malgré tout ce que BP a dépensé pour se refaire un nom, la compagnie n'en a pas autant fait pour passer «au-delà du pétrole», comme il est dit dans la réclame.

En réalité, BP s'est détournée des investissements en énergies non-fossiles, passant l'an dernier de 1,4 milliards de dollars (1,06 milliards d'euros) à 1 milliard de dollars (760 millions d'euros) employés dans des sources alternatives. Quelques semaines avant la catastrophe, BP annonçait la fermeture de son usine de panneaux solaires du Maryland. Si l'entreprise a engrangé, lors du premier trimestre 2010, 73 milliards de dollars de recettes (55,5 milliards d'euros), seuls 700 millions de ses revenus (533 millions d'euros) proviennent d'énergies alternatives comme le solaire ou l'éolien.

La sécurité, pas une priorité

La compagnie a aussi dépensé beaucoup de temps et d'argent pour convaincre les dirigeants politiques de la propreté, de la sécurité et du caractère respectueux de l'environnement des plateformes de forage en mer -tout en combattant des mesures de sécurité qui auraient pu prévenir cette horreur dans le Golfe du Mexique.

En septembre dernier, David Rainey, vice-président de BP Amériques en charge de l'exploration dans le Golfe du Mexique, avait été entendu par le Comité sénatorial sur l'énergie et les ressources naturelles et assurait les législateurs que de nouvelles technologies permettaient une «production sûre et fiable» de gaz et de pétrole en mer et que «toute fuite lors de nos opérations» était «inadmissible» et «rare».

Mais la plateforme de Deepwater n'avait pas d'interrupteur d'arrêt à distance, un système de protection qui ferme le puits sous-marin même si la plateforme en surface est détruite, comme ce qui s'est passé il y a deux semaines. La Norvège et le Brésil ont rendu cette précaution supplémentaire obligatoire pour toute construction de plateforme au large de leurs côtes, mais elle reste optionnelle aux États-Unis.

Par Kate Sheppard - Source : www.slate.fr


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Information recueillie par Tanka

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