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Cette actualité a été publiée le 03/05/2010 à 09h55 par Tanka.


MARÉE NOIRE : DU GOLFE DU MEXIQUE AU PÔLE NORD

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Marée noire : du golfe du Mexique au pôle Nord

Nous serons de plus en plus dépendants des extractions offshore et polaires. Un jeu dangereux.

La marée noire qui continue à s'étendre dans le golfe du Mexique sera peut-être la pire de l'histoire. La nappe de pétrole créée par l'explosion d'un puits de forage en eau profonde appartenant à British Petroleum (BP) aurait déjà atteint une superficie supérieure à deux fois celle de la Belgique.

Jusqu'ici BP, 3e groupe pétrolier international, n'a pas plus été capable de colmater la fuite que d'expliquer pourquoi les vannes automatiques d'obturation du puits n'ont pas fonctionné. La plateforme d'exploitation Deepwater Horizon qui a explosé le 20 avril était pourtant l'une des plus sophistiquées du monde : elle détenait le record de profondeur pour un forage, à 10 kilomètres sous la surface de l'eau.

Zoom arrière. Il y a aujourd'hui plus de 1200 plateformes de production de pétrole en mer. Un nombre en constante augmentation. En effet, le quart des réserves de brut encore intactes se situent sous la mer. Les extractions offshore représentent aujourd'hui 6 % de la production mondiale de pétrole. Cette proportion pourrait dépasser 16 % dès la prochaine décennie, selon l'Agence internationale de l'énergie.

Donc plus le temps passera, plus la probabilité de voir de nouveaux accidents sur des plateformes augmentera.

Les Etats-Unis sont au coeur du problème. Les extractions américaines déclinent depuis 1970. La production offshore du le golfe du Mexique est de plus en plus périlleuse : il faut aller chercher le pétrole toujours plus loin au large et toujours plus profond. Deepwater Horizon était ancrée à 66 km du rivage. Entre La Nouvelle Orléans et Houston au Texas, il est fréquent d'apercevoir depuis la côte une demi-douzaine de plateformes désaffectées en train de rouiller.

Première conséquence économique de la marée noire qui a commencé à souiller le littoral du sud des Etats-Unis : le président Barack Obama vient de suspendre sa récente décision d'ouvrir à la prospection de vastes zones au large des côtes américaines. Une décision reprenant une initiative de son prédécesseur, le pétrolissime George W. Bush, et qui mettrait fin à un moratoire vieux de quatre décennies, prononcé au nom de la protection de la nature.

Les seules nouvelles découvertes importantes de brut de ces cinq dernières années se situent au large du Brésil : du pétrole offshore “ultraprofond” qu'il faut aller extraire à plus 7 kilomètres sous la surface des flots, sous 2 kilomètres d'eau et 5 kilomètres de sable, de roche et de sel solide.

Comme l'a reconnu Glen Sweetnam, patron de l'analyse économique au département de l'énergie américain, ces découvertes au large du Brésil constituent “en quelque sorte le seul point positif (...) en attendant que nous allions dans l'Arctique”.

En parlant de “point positif”, M. Sweetnam ne fait pas référence à l'écologie. Il évoque la capacité future de l'industrie pétrolière à faire face à la demande mondiale toujours croissante d'or noir.

Pendant ce temps-là, au pôle Nord...

La Russie et la Norvège ont mis fin le 27 avril à un différent vieux de quarante ans portant sur leurs frontières maritimes en mer de Barents. Cet accord ouvre la voie à la prospection dans une zone supposée riche en hydrocarbures. D'après le Financial Times, l'accord “vient renforcer l'affirmation des Etats côtiers de l'Arctique selon laquelle aucun traité spécifique n'est nécessaire pour (exploiter) les mers polaires rendues nouvellement accessibles” par la fonte de la banquise. [Une fonte de la banquise provoquée par le réchauffement climatique, lui-même conséquence des émissions de CO2 induites par la combustion de quantités toujours plus importantes d'hydrocarbures.]

La course au pétrole polaire est lancée.

Cette course a toutes les chances de s'accélérer dans les années à venir. D'une part, les extractions de nombreuses régions pétrolifères historiques ont atteint leur maximum ou ont commencé à décliner. D'autre part, la banquise pourrait disparaître totalement pendant l'été dans deux à huit décennies, libérant l'accès à l'industrie.

Pourtant, le montant réel des réserves que recèleraient les mers du pôle Nord reste très contesté. Dans une tribune du New York Times publiée en 2009, un spécialiste parle du “mirage arctique”.

Par Matthieu Auzanneau - Source :


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Information recueillie par Tanka

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