Marée noire aux Etats-Unis: un véritable casse-tête pour nettoyer - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 30/04/2010 à 22h07 par Tanka.


MARÉE NOIRE AUX ETATS-UNIS: UN VÉRITABLE CASSE-TÊTE POUR NETTOYER

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Marée noire aux Etats-Unis: un véritable casse-tête pour nettoyer

ENVIRONNEMENT - La Louisiane et son écosystème si riche vont souffrir pendant des mois des nappes de pétrole...

«C'est une des pires zones qu'on puisse imaginer.» Christophe Rousseau, adjoint au directeur du Cedre, le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux, s'inquiète pour les bayous et la mangrove de Louisiane, à l'approche des côtes de la marée noire provoquée par l'explosion de la plateforme pétrolière de BP.

«C'est une zone très riche en faune et en flore, une zone de reproduction, explique l'expert. C'est aussi une véritable éponge environnementale, qui représente 40% des zones humides américaines.» Autant dire que la marée noire va représenter un véritable casse-tête pour les autorités. «C'est très compliqué d'empêcher la pollution de rentrer et ce sera très difficile ensuite de la nettoyer», explique Christophe Rousseau.

Les marais, ce réservoir de la biodiversité, comportent de nombreux canaux et ramifications et très peu de zones où les secours vont pouvoir s'installer. Même si les Etats-Unis, qui ont déclaré l'état de catastrophe nationale jeudi, vont mettre en oeuvre des moyens importants, la tâche s'annonce très difficile.

Se concentrer sur les zones faciles d'accès

Contrairement à nos côtes sableuses ou rocheuses qui stoppent la progression des hydrocarbures, ceux-ci devraient s'enfoncer très loin dans les marais. Là où se réfugient les animaux. «Le nettoyage, ce sera quasi missions impossible», prévient Emmanuel Buovolo, chargé de campagne Océan chez Greenpeace.

Michel Metais, directeur général de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), contacté par 20minutes.fr explique: «Nous sommes en période de nidification, les oiseaux sont regroupés en colonie, ce sont donc les sites à protéger, ce ne sera pas une intervention à la petite cuillère.»

Concrètement, il explique qu'il va falloir se concentrer sur les zones «faciles d'accès». Le fond des marais sera donc quasi inaccessible. C'est pourtant au coeur de la mangrove que se niche l'origine de l'écosystème de la région. Le plancton s'y réfugie, alimentant ensuite la chaîne alimentaire.

Presque plus facile pour les oiseaux

Finalement, pour Michel Metais, «ce sera presque plus facile pour sauver les oiseaux, qui eux, vont rester à la surface de l'eau ou au sol, englué par le pétrole». En outre, contrairement à la catastrophe de l'Erika, les oiseaux ne proviendront pas de loin. «Ils avaient dérivés parfois sur 50 à 100 km, et ingurgité du pétrole», détaille-t-il. Là, ils seront touchés depuis peu de temps, donc on devrait pouvoir les prendre en charge plus vite et de manière plus efficace.

Pour les autres espèces, ça risque en revanche d'être très compliqué. «Les mammifères ou les reptiles, malades, vont aller se cacher et s'enfoncer dans le marais, où ils seront inaccessibles», poursuit le spécialiste. «Les mammifères, les amphibiens, les reptiles vont souffrir», détaille Emmanuel Buovolo, chargé de campagne Océan chez Greenpeace France. «C'est une zone de nidification pour les tortues de mer en cette période. Si elles sont dérangées ou que les conditions ne sont pas idéales, elles ne pondent pas», explique-t-il. Or, il s'agit d'une espèce déjà menacée. Tout comme le thon rouge, qui se reproduit à la surface, entre mi-avril et mi-mai.

Conséquences très lourdes

«Même avec des moyens très lourds, il y aura des conséquences, des résidus, souligne-t-il. Par exemple, les produits chimiques utilisés en mer pour accélérer la dégradation du pétrole ne détruisent pas tout. Quelque soit la méthode, il va y avoir des résidus.»

Sans compter que la fuite n'est toujours pas colmatée et que le pétrole continue de se répandre dans l'océan au rythme de 800.000 litres par jour.
Oriane Raffin

Source : 20minutes.fr


Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire