Marche des salopes : «Ne dites pas aux femmes comment s'habiller !» - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 29/09/2011 à 01h07 par Kannie.


MARCHE DES SALOPES : «NE DITES PAS AUX FEMMES COMMENT S'HABILLER !»

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Marche des salopes : «Ne dites pas aux femmes comment s'habiller !»

 

Samedi 1er octobre sera organisée à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises une «Slutwalk». Le principe parti du Canada en avril 2011 et ayant essaimé un peu partout dans le monde est simple : manifester accoutré comme une salope («slut») pour défendre le droit des femmes à s'habiller comme elles l'entendent en opposition à un discours réactionnaire qui les accuse notamment d'être responsables de leurs propres viols, car trop aguicheuses.

Gaëlle Hym, 37 ans, et organisatrice de la prochaine Slutwalk française, explique pourquoi le concept l'a séduite.

Pourquoi organiser une Slutwalk en France ?

En fait, il y en a déjà eu une en mai dernier, mais elle n'a pas eu beaucoup de visibilité. Nous souhaitons organiser une marche de protestation contre le sexisme, et nous voulons soutenir les victimes de violences, de toutes les violences. Il faut que cela soit vraiment une grande cause nationale et que le gouvernement planche sur le dossier comme ils ont pu le faire en Espagne où ils ont vraiment progressé.

C'est la dimension internationale qui vous a séduite ?

En tant que ménagère de moins de 50 ans avec du temps de cerveau disponible, je me suis intéressée à cette cause, en souhaitant qu'elle soit humaniste et féministe. J'aime le côté mondialiste en partant du principe que les mêmes combats se retrouvent aux Etats-Unis, en Inde, en Indonésie ou en France. Il est vraiment important de rappeler que non, c'est non. C'est vraiment ridicule de dire que si les femmes sont violées c'est à cause de la manière dont elles s'habillent et que ce n'est pas la faute des agresseurs. Comme on dit dans notre manifeste : «Ne dites pas aux femmes comment s'habiller ! Apprenez aux hommes à ne pas violer!».

Est-ce le côté ludique et déguisé qui attire les manifestants ?

Il n'y a pas de «dress code». Ce qu'on voit avec les Slutwalks c'est que cela rajeunit l'âge des manifestants par rapport aux mouvements féministes plus traditionnels. Mais ce qui fait venir, c'est un ras-le-bol général par rapport au sexisme de notre société. A Paris, pour l'instant, plus de 200 personnes déclarent sur Facebook qu'elles participeront, elles étaient 350 à Bruxelles, à Berlin, elles étaient 1000 et plus encore à Londres. La participation dépend en partie de la visibilité médiatique.

On reproche parfois aux Slutwalks d'être trop internationales, alors que les situations des femmes en Inde, Indonésie ou en France ne sont objectivement pas les mêmes.

Au contraire, avec ce contexte international, c'est une bonne manière d'avoir des revendications nationales, en France sur les bracelets électroniques par exemple. Le gouvernement est très fort pour commander des vaccins qu'il n'utilise pas mais beaucoup moins pour s'équiper en bracelets électroniques pour les agresseurs sexuels. En France, tous les deux jours et demi, une femme meurt sous des coups.

Nous voudrions mettre en place par exemple un «compteur de la honte», un peu comme celui de Ghesquière et Taponier à la fin du journal télé, pour mettre enfin des visages sur les femmes agressées. Là, à Cachan par exemple, une femme a été tuée à coup de batte de baseball et personne n'en parle.

Vous étiez à la manifestation de soutien de Tristane Banon samedi dernier ?

Non, je n'y étais pas. Je me bats pour toutes les victimes. Il y a 198.000 agressions sexuelles par an et 90% des femmes ne portent pas plainte. Je me bats pour qu'il y ait de vrais changements juridiques, je n'ai pas envie d'aller taper sur des casseroles en bas de l'immeuble de DSK.

 

Manifeste de SLUTWALK FRANCE 2011

Source ICI

CELA SUFFIT ! NOUS EN AVONS ASSEZ !

Plus de culpabilisation des victimes de viol. Plus d'insultes ou d'insinuations nauséabondes. Nous devons lutter contre le sexisme et les clichés liés au viol ! La honte doit changer de camp ! Non signifie Non !

Initiée à Toronto le 3 avril 2011, la première SlutWalk est une réponse aux propos sexistes d'un policier, Michael Sanguinetti, enquêtant sur une série de viols commis sur le campus de l'université de York. Lors d'une réunion de prévention, il a conseillé aux femmes de ne pas s'habiller comme des « sluts » (salopes) si elles ne voulaient pas se faire violer !

Des propos qui ont mis 3 000 femmes dans la rue avec un mot d'ordre : revendiquer haut et fort leur féminité ! Et surtout rappeler qu'une victime de viol n'est en aucun cas responsable de son agression.

Un slogan résume très bien cette position : «Ne dites pas aux femmes comment s'habiller ! Dites aux prédateurs de ne pas violer !».

Il est urgent de rappeler que dans 80 % des cas, la victime connait son agresseur ! Il fait partie de son cercle familial, professionnel, amical, relationnel... En France, seulement 10 % des victimes portent plainte et... 2 % des agresseurs sont effectivement condamnés !

Ce qui a commencé à Toronto se développe en mouvement d'émancipation mondial. Les SlutWalks sont des marches et des manifestations contre le sexisme, les violences faites aux femmes et le dénigrement du viol.

Les gens manifestent dans les rues soutenant leur droit d'autodétermination en termes de de genre, de sexualité et de désir. Mais ils manifestent avant tout leur exaspération face au sexisme de nos sociétés.

Nous en avons assez de vivre dans un système qui minimise l'agression sexuelle, la violence et le harcèlement, légitimant non seulement ces actes violents, mais blâmant aussi, parfois, leurs victimes !

Le phénomène mondial arrive en France où les groupes se forment pour organiser des marches sur une base solidaire. Il est urgent d'agir ! Chaque jour, dans notre pays, 137 femmes sont violées, 1 femme sur 10 est ou sera victime de violences sexuelles et tous les 2 jours et demi, 1 femme meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint !

Rejoignez-nous ! Rappelons au Gouvernement ses promesses pour faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une Grande Cause Nationale digne de ce nom !

Ensemble libérons la parole des victimes, faisons changer la honte... mais aussi la peur, de camp !

Exigeons MAINTENANT des mesures concrètes pour lutter contre le sexisme et les violences sexuelles.

Exprimez-vous, la rue est à vous... Faites entendre votre point de vue et... Faites du bruit !!

Chaque personne solidaire qui souhaite démontrer son soutien est la bienvenue !!

 

Un article de Quentin Girard, publié par liberation.fr

 

Notre Association défend les droits de l'Homme et de toutes les espèces vivantes. Elle est APOLITIQUE !

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Quentin Girard

Source : www.liberation.fr