Maïs OGM : la France interdit le Monsanto 810, quoi qu'en dise Bruxelles - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 17/03/2012 à 12h44 par Tanka.


MAÏS OGM : LA FRANCE INTERDIT LE MONSANTO 810, QUOI QU'EN DISE BRUXELLES

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Maïs OGM : la France interdit le Monsanto 810, quoi qu'en dise Bruxelles

 
Pour les opposants aux cultures transgéniques, cela n'est certes pas l'interdiction générale et définitive espérée, mais c'est une petite victoire : "à titre conservatoire", le gouvernement français a provisoirement suspendu la "mise en culture du maïs génétiquement modifié MON810" dans l'Hexagone, soit l'un des produits phares de la firme américaine Monsanto.

Paris joue la montre, juste avant les semis...

Cette décision annoncée par le ministère de l'Agriculture intervient à quelques jours de la période des semailles, comme l'avait promis, fin février, Nathalie Kosciusko-Morizet, à l'époque ministre de l'Ecologie. Elle avait alors clairement indiqué que ce calendrier serré visait à prendre de cours la Commission européenne, en n'agissant "pas trop tôt" , afin que Bruxelles "n'ait pas le temps de (...) remettre en cause" cette interdiction avant la fin des semis.

Depuis février 2008, au nom du principe de précaution et en vertu d'une clause de sauvegarde prévue dans le droit communautaire, un premier moratoire sur la question était en vigueur en France, mais en septembre dernier, la Cour de justice du Luxembourg, saisie par Monsanto, avait invalidé cette mesure et en conséquence, deux mois plus tard, le Conseil d'Etat l'avait annulée.

Selon le mot de Lylian Le Goff, responsable du dossier OGM au sein du réseau France nature environnement (FNE), il régnait depuis "un vide juridique" ouvrant la porte au maïs transgénique. Pour y remédier, le 20 février, Paris, mettant en avant de récentes études, plutôt à charge contre le MON810, avait demandé à la Commission européenne de suspendre l'autorisation de mise en culture des graines suspectes.

La Commission européenne s'en remet à son autorité sanitaire...

Bruxelles n'a pas définitivement opposé une fin de non-recevoir à cette requête, mais elle a sollicité l'avis de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire, et d'ici là, s'est refusé à prendre quelque mesure que ce soit.

Au lendemain de la demande française, 'France nature environnement' avait souligné que juridiquement, rien ne s'opposait désormais "à la commercialisation des semences et à la mise en culture", mais que le gouvernement n'était "pas tenu d'attendre une réponse" de Bruxelles.

"Si un pays estime qu'il y a urgence, il peut prendre des mesures sans attendre la réponse de la Commission, qui pourrait demander plusieurs semaines", avait expliqué M. Le Goff à l'AFP. C'est donc précisément ce qui vient de se passer.

Dans l'entre-deux, en janvier, le géant des biotechnologies végétales, Monsanto, avait réaffirmé qu'il n'avait aucune intention de vendre ses semences de maïs transgéniques en France dans l'immédiat, ni cette année, ni "au-delà", les conditions d'une commercialisation sereine n'étant "pas réunies". On veut bien croire la société, mais la chose semble aujourd'hui un peu plus certaine, ou du moins le sera dimanche, une fois l'arrêté publié au Journal officiel.

Un coup dur pour la recherche française ?

Sans parler de Monsanto, cette décision fait plaisir à certains, à commencer, peut-on imaginer, par José Bové et ses amis d'Europe-Ecologie-Les-Verts, mais pas à tout le monde, et notamment pas dans le milieu de la recherche scientifique. Lorsque le ministère avait formulé sa demande de nouveau moratoire à Bruxelles, fin février, l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV) y avait vu un "signe négatif envoyé par le gouvernement aux acteurs des filières agricoles et agro-industrielles".

Selon l'AFBV, cela revenait pour la France à sacrifier "sa recherche sur les biotechnologies végétales". "Notre pays s'engage ainsi dans la voie d'une longue hibernation de sa recherche alors que l'avenir annonce une explosion sans précédent d'innovations issues" de ces travaux, avait alors affirmé le président de l'association, Marc Fellous, professeur de génétique humaine.

"Même si ce 'moratoire' sera sans doute refusé par les autorités européennes, faute d'arguments scientifiques nouveaux et reconnus, cette démarche aboutira très probablement à instaurer une nouvelle interdiction de culture du maïs Bt [dont le MON810 est la variété la plus connue] dans notre pays", avait estimé l'AFBV.

L'association avait vu juste. Quoi qu'en dise Bruxelles au final, cela repousse théoriquement d'un an au moins la perspective de voir pousser du maïs Monsanto transgénique dans les champs français. Pour les chercheurs on ne sait pas, mais pour le commun des agriculteurs et des Français, ce n'est sans doute pas une mauvaise nouvelle...
 

Un article de Metro France
 

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Auteur : Metro France

Source : www.metrofrance.com