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Cette actualité a été publiée le 26/04/2010 à 11h52 par Tanka.


LYNX BIENTÔT CHASSÉS EN PLUS GRAND NOMBRE?

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Lynx bientôt chassés en plus grand nombre?

Le Conseil fédéral veut élargir les conditions de chasse des grands prédateurs comme le loup et le lynx. Notamment s'ils tuent trop de bétail ou prélèvent trop de gibier. C'est la stupeur chez les défenseurs des animaux

Le lynx et le loup sont dans le viseur du Conseil fédéral. En réponse à la motion Schmidt intitulée «Prévention des dégâts causés par les grands prédateurs», Berne se dit disposée à élargir les conditions de tir de ces prédateurs, en modifiant l'ordonnance sur la chasse. Deux nouveaux critères seraient alors déterminants.

Les grands prédateurs pourraient être abattus s'ils mangent trop de gibier, ôtant ainsi le pain de la bouche aux chasseurs. Cette mesure concernerait surtout le lynx. Pour l'heure, la Convention de Berne ne permet pas, au niveau européen, l'abattage du loup pour ces motifs.

Le loup ne serait, par contre, pas épargné en cas de dégâts importants causés aux animaux de rente. Avec l'accord de la Confédération, les cantons pourraient mieux réguler les deux prédateurs. Actuellement, les autorisations de tir du loup ne sont notamment délivrées que si l'animal a tué au moins vingt-cinq bêtes en un mois.

Défenseurs de la nature fâchés

Du côté des défenseurs de la nature, ce revirement est incompréhensible. «Cette démarche est inadaptée. Elle vise à donner davantage de pouvoir aux cantons et à déclasser le loup sur le plan européen, analyse Nicolas Wüthrich, porte-parole de Pro Natura. Au lieu de trouver des solutions pour protéger le bétail, on préfère tirer le loup.»

Les autorités fédérales estiment, quant à elles, nécessaire de se préparer pour l'avenir. Inspecteur fédéral de la chasse, Reinhard Schnidrig relève qu'«il s'agit de mesures préventives. Les populations de lynx et de loups peuvent rapidement devenir trop importantes pour le territoire sur lequel elles évoluent. On pourrait, par exemple, un jour se retrouver avec 30 ou 40 loups en Valais.»

Autant dire que les chasseurs accueillent avec satisfaction ces éventuelles modifications. Pour deux raisons.

D'abord, parce que cela fait longtemps qu'ils revendiquent le droit de réguler les grands prédateurs, au même titre que les autres animaux. «L'équilibre du gibier prouve que nous savons procéder avec professionnalisme», assure-t-on au sein de la Fédération des sociétés de chasse du Valais.

Ensuite, parce que la concurrence entre prédateurs et chasseurs est réelle. «Localement, comme dans le nord-est de l'arc jurassien, les lynx prélèvent aujourd'hui déjà passablement de gibier, note Reinhard Schnidrig. Ce sont autant de chevreuils que les chasseurs ne peuvent plus tirer.»

La rivalité, une mauvaise excuse

Pour Pro Natura, cette rivalité ne constitue en rien un critère déterminant pour changer les règles. «N'est-il pas plus logique de laisser la nature s'autoréguler, plutôt que se demander si les chasseurs auront assez d'animaux à tirer?» s'interroge Nicolas Wüthrich.

L'inspecteur fédéral de la chasse estime malgré tout qu'il faut prendre en compte les intérêts de chacun. Ce d'autant plus que «le débat autour de la régulation des grands prédateurs n'est pas écologique mais sociopolitique», relève Reinhard Schnidrig.

Source : spendeursauvage.over-blog.com

Information recueillie par Tanka

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