Lutter contre l'étalement urbain, priorité d'une politique écologique - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 11/12/2012 à 10h11 par kannie.


LUTTER CONTRE L'ÉTALEMENT URBAIN, PRIORITÉ D'UNE POLITIQUE ÉCOLOGIQUE

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Lutter contre l'étalement urbain, priorité d'une politique écologique

 

L'actuel débat sur la transition énergétique et les réflexions en cours sur la fiscalité écologique ont la vertu de replacer l'écologie au coeur du débat public, mais risquent de crisper une opinion fragilisée par les incertitudes économiques du moment.

En effet, la conviction, de plus en plus partagée, que "l'écologie coûte cher", qu'elle pénalise l'économie et, qu'en période de crise, les priorités sont ailleurs, a malheureusement progressé depuis le fameux "l'écologie ça suffit !" de Nicolas Sarkozy en 2010.

Il est vrai que nombre de promoteurs de l'écologie, qu'il s'agisse de partis politiques ou d'organisations non gouvernementales, ont mis l'accent sur le renforcement de l'arsenal réglementaire et sur l'alourdissement de la fiscalité comme principaux leviers d'action.

Cette approche a certes réellement fait bouger les lignes et a produit des résultats tangibles qu'il serait malhonnête de dénigrer. Toutefois, dans un monde profondément en crise, et afin de retrouver un élan positif qui transcende les partis politiques, il conviendrait que les réflexions et les débats en cours mettent l'accent sur des mesures qui présenteraient le triple avantage de ne pas alourdir la fiscalité, de diminuer les dépenses publiques et d'améliorer le pouvoir d'achat des citoyens.

L'objectif prioritaire de toute politique écologique responsable devrait être de limiter la consommation de l'espace naturel ou agricole en luttant contre l'étalement urbain.

DISPARITION DE LA BIODIVERSITÉ

En effet, la croissance démesurée de la périphérie des villes est non seulement responsable d'une part significative de la disparition de la biodiversité, mais surtout elle détruit, année après année, les terres agricoles les plus riches qui manqueront pour nourrir les générations futures.

Les grandes villes n'ont pu se développer que du fait de l'existence de ressources alimentaires et en eau abondantes à proximité. Les meilleures terres agricoles étaient donc celles de la périphérie des grandes villes. La majeure partie de ces terres a aujourd'hui disparu.

Construire des quartiers éloignés des centres-villes implique de financer l'allongement des réseaux électriques, téléphoniques, d'assainissement ou d'eau potable, ou encore de construire des dessertes routières et des parkings.

Cet étalement, qui génère souvent des quartiers consacrés uniquement à l'habitation, conduit les habitants à multiplier les déplacements entre lieux de résidence, de travail ou de loisir. Ces déplacements se font le plus souvent en véhicule individuel car les transports en commun sont bien plus complexes à déployer dans cette situation que dans un contexte urbain plus dense.

L'imperméabilisation d'immenses surfaces de sol par l'asphalte ou le ciment conduit à aggraver les crues, à dégrader la qualité des eaux qui ruissellent.

Cela génère des investissements considérables en ouvrages de protection ou en stations d'épuration. Quant aux effets climatiques du "bétonnage", il suffit, pour les ressentir, de s'allonger sur une route goudronnée par une chaude après-midi d'été, puis de s'allonger dans l'herbe pour comparer !

Que faire pour inverser cette tendance négative sans dépenser beaucoup d'argent public ou sans instaurer une fiscalité écologique impopulaire, voire insupportable en temps de crise ?

 

 

RÈGLES URBANISTIQUES DÉSASTREUSES

L'une des mesures les plus efficaces consisterait à revoir en profondeur certaines règles urbanistiques désastreuses du point de vue environnemental. Dans de bien nombreuses communes, la surface minimale du terrain constructible est de 1 000 à 3 000 mètres carrés. Cela a des conséquences induites considérables en termes d'étalement urbain, d'émission de gaz à effet de serre, de dépenses pour la collectivité ou encore de coût individuel du logement.

Il faut supprimer ces surfaces minimales ou du moins, les réduire significativement. Nos maisons de villes et de villages, qui sont construites sur des parcelles de 100 à 300 m², constituent un patrimoine architectural particulièrement envié dans le monde.

Malheureusement, l'une des premières mesures du gouvernement a été d'abroger la loi prévoyant d'augmenter de 30 % la surface constructible sur un terrain donné. Cette mesure a été remplacée par l'ouverture à l'urbanisation de terrains appartenant à l'Etat.

Je ne peux que souhaiter que la censure de la loi Duflot permettra au gouvernement de corriger le tir en instaurant de nouveaux dispositifs économes d'espace.

Autre exemple, les lois de protection du patrimoine architectural engendrent des contraintes techniques et financières considérables qui découragent la plupart des habitants de se lancer dans la rénovation des maisons anciennes de centre-ville ou de profiter des énergies renouvelables : interdiction de rehausser des immeubles, d'installer des chauffe-eau, de poser des panneaux solaires, de construire des terrasses -la terrasse de toit est une excellente alternative au jardin pour offrir un extérieur aux habitants à moindre coût environnemental.

Enfin, la majeure partie des incitations fiscales en faveur du logement concerne les logements neufs, donc les plus coûteux pour l'environnement et pour la collectivité. Une politique écologique active favoriserait avant tout la reconquête des centres historiques, la rénovation des logements vacants et la densification de l'habitat à la périphérie des villes.

 

Un article de Frédéric Melki, publié par lemonde.fr et relayé par SOS-planete

 

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Auteur : Frédéric Melki (directeur général et cofondateur de Biotope, société d'ingénierie et de conseil en écologie et environnement, créée en 1993)

Source : www.lemonde.fr