Louisiane : du pétrole piégé sous l'océan - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/05/2010 à 15h08 par Frederic.

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Louisiane : du pétrole piégé sous l'océan

Que se passe-t-il au fond du Golfe du Mexique?

Alors que la nappe n'a pas encore vraiment touché les côtes de Louisiane —hormis des arrivages épars de galettes de fioul—, toute l'attention se porte à mille cinq cent mètres de profondeur, où le puits qui alimentait la plateforme naufragée Deepwater Horizon n'en finit pas de fuir.

«Il y a des quantités impressionnantes de pétrole sous la mer, comparé à ce qui se trouve à la surface».

Samantha Joye, une chercheuse de l'Université de Géorgie, a été interrogée samedi par le New York Times.

Elle revient d'une mission d'exploration autour de Mississippi Canyon 252, le site de la catastrophe survenue il y a presqu'un mois sur la plateforme de BP.

«Il y a entre trois et cinq nappes sous-marines à grande profondeur.»

Du pétrole qui tend à pomper l'oxygène disponible en raison d'une activité microbienne décuplée par la présence de l'hydrocarbure.

A certains endroits, le taux du gaz si précieux à la vie aurait déjà chuté de 30%.

Une baisse inquiétante, qui laisse penser qu'une partie des fonds marins pourraient êtres transformée en zone morte si les fuites ne sont pas colmatées.

Après avoir visionné les images vidéo diffusée par BP et les autorités américaines, de nombreux scientifiques estiment que le débit de pétrole serait bien supérieur aux 5000 barils quotidiens annoncés officiellement.

Jusqu'à 80 000 barils pourraient s'écouler chaque jour (1).

BP se refuse à conduire de nouveaux calculs pour ne pas monopoliser des forces nécessaires à trouver une solution aux fuites.

Comment du pétrole, plus léger que l'eau, peut-il rester au fond de l'océan, comme l'ont constaté Samanta Joye et les chercheurs depuis leur navire océanographique Pelican?

Ce serait en raison de l'usage massif, sur les fuites, de produits dispersants qui, en réduisant la taille des gouttelettes, les empêcherait de remonter rapidement vers la surface.

Dès l'accident, les ingénieurs de BP ont en effet injecté des produits chimiques pour fractionner le pétrole et réduire la nappe en surface.

Après avoir suspendu ces opérations, le temps que les autorités américaines évaluent leur impact, BP a repris les injections avec le feu vert de l'Administration de l'océan et de l'atmosphère (NOAA).

Les chercheurs s'avouent pour l'instant incapable de mesurer la densité et l'étendue des nappes sous-marines.

Sur le site, les tentatives d'intervention ne cessent pas, malgré la complexité des opérations à 1500 mètres de profondeur.

Les ingénieurs ont tenté vendredi et samedi, à l'aide de robots sous-marins, de brancher un long tuyau sur la principale fuite, pour pouvoir ensuite pomper le flux de pétrole depuis des barges en surface.

Mais sans succès.

Cette fois, ils préparent un canon à déchets pour injecter un mélange de boue et de morceaux de pneus, de balles de golf, et, entre autres, de fragments de cordages, dans la tête de puits.

Une technique déjà utilisée au Koweit en 1991, mais qui oblige à ouvrir une valve de l'équipement défectueux qui équipe la sortie du puits, au risque de multiplier les fuites.

Deux tubes chargés de déchets sont déjà au poste, au fond de l'océan.

En cas de succès, cela permettrait de freiner ou stopper les rejets de pétrole, le temps d'achever le forage de secours.

Ce dernier doit permettre d'injecter des boues épaisses pour faire baisser la pression dans le forage défectueux, avant de pouvoir le sceller définitivement avec du ciment.

Le forage a pour le moment atteint la cote -1200m sous le niveau de la mer, mais il faudra des mois pour qu'il soit connecté au premier, à 5500 mètres sous le fond de l'océan. Un second forage de secours est en préparation.

(1) Un baril vaut 159 litres. Un débit de 80 000 barils par jour correspond à près de 9000 tonnes/jour.

Par Denis Delbecq

Source : mondedurable.science-et-vie.com

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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