Liu Xiaobo, le Nobel oublié - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 07/10/2011 à 14h55 par Kannie.


LIU XIAOBO, LE NOBEL OUBLIÉ

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Liu Xiaobo, le Nobel oublié

Figure de proue du mouvement de Tiananmen en 1989, Liu Xiaobo purge une peine de 11 ans de prison pour «subversion du pouvoir de l'Etat»

 

Un an après la très médiatique attribution du prix Nobel de la paix au dissident chinois emprisonné, les appels lancés à la Chine pour qu'elle le libère se font de plus en plus discrets.

Il y a un an, l'attribution à Liu Xiaobo du prix Nobel de la paix avait fait grand bruit. Aujourd'hui, un épais silence entoure le dissident chinois, qui, prix prestigieux ou pas, reste emprisonné.

Ancienne figure de proue du mouvement pour la démocratie de Tiananmen en 1989, ce professeur de littérature, emprisonné à de multiples reprises, a été de nouveau condamné le jour de Noël 2009 à 11 ans de prison pour «subversion» après avoir corédigé la «Charte 08».

Le texte, paraphé par 300 personnes, réclamait une Chine démocratique qui respecte la liberté d'opinion et organise des élections multipartites.

C'est donc depuis sa cellule que Liu Xiaobo avait appris que le Comité Nobel lui avait attribué, le 8 octobre 2010, la plus prestigieuse des récompenses, déposée symboliquement à Oslo sur une chaise vide. C'est aussi de sa cellule qu'il avait dédié son prix aux morts de Tiananmen. Furieuses, les autorités chinoises avaient alors fustigé une «mentalité de guerre froide».

Depuis, aucun message de l'intellectuel n'a franchi les murs de la prison du Liaoning où il purge sa peine. Les autorités «ont placé sa femme en résidence surveillée, restreint la liberté des membres de sa famille, empêché son avocat d'aller le voir en prison, rejeté les demandes de transfèrement vers une prison proche de Pékin, refusé les requêtes de visite de diplomates et l'empêchent d'écrire des lettres», égrène Nicholas Bequelin, chez Human Rights Watch (HRW).

De rares fuites orchestrées par Pékin

Liu Xiaobo a seulement pu recevoir la visite de son épouse Liu Xia en août dans sa prison, de ses frères en septembre, et être exceptionnellement autorisé à sortir pour la mort de son père, a annoncé son frère Xiaoxuan.

Mais «c'est un geste calculé» de la Chine qui a voulu «faire passer des informations sur des visites (...) à quelques jours de l'anniversaire du Nobel, alors que Liu Xiaobo n'avait reçu aucune visite en huit mois», note Wang Songlian. Il s'agit «simplement de montrer (...) que ses conditions de détention ne sont pas atroces» et de faire preuve «d'un peu d'humanisme avant l'attribution du nouveau Prix Nobel» vendredi, estime Jean-Philippe Béja, du Ceri-Sciences-Po.

«Un humanisme (qui) n'empêche pas que l'on continue à se complaire dans l'illégalité», dit-il en référence à la privation de visites mensuelles au prisonnier et à l'assignation à résidence à Pékin, depuis un an, de Liu Xia, contre laquelle ne pèse aucune charge. «Elle ne peut absolument pas sortir, sauf une fois par semaine, pour rencontrer sa mère», dit Jean-Philippe Béja, proche du couple, «elle ne peut recevoir personne depuis un an».

L'unique lauréat emprisonné dans le monde

Aujourd'hui «il n'y a absolument aucun signe que Liu Xiaobo puisse être libéré avant la fin de sa peine», estime Nicolas Bequelin. «C'est essentiellement la pression internationale» et «la gêne qu'aura la Chine à être le seul pays à détenir un lauréat du Nobel en prison qui feront que les prochains dirigeants (après le Congrès de 2012) envisageront ou non de (le) libérer», dit-il.

Beaucoup espèrent que Liu Xiaobo n'effectuera pas la totalité de sa lourde peine. «Jusqu'au congrès, il est difficile d'imaginer une mesure d'élargissement, mais on ne sait jamais, parce qu'il y a des bagarres au sommet», explique Jean-Philippe Béja, en référence à la grand'messe du PCC [Parti Communiste CHinois] qui verra, à l'automne 2012, un renouvellement des instances dirigeantes chinoises.

Liu, 55 ans, qui a une hépatite, pourrait aussi être libéré pour raison de santé, comme d'autres dissidents de juin 1989, tel Wang Juntao, avance le chercheur du Ceri.

Son avocat, Shang Baojun, veut croire aussi que «Liu Xiaobo pourra être libéré peut-être à mi-peine» car détenir un lauréat du Nobel «entraîne pour le gouvernement chinois des problèmes dans ses rapports avec l'Occident». Et encore. Depuis un an, les appels lancés de l'étranger à la Chine pour qu'elle le libère se sont faits plus discrets.

«Quand on n'a aucune information, les organisations comme la nôtre sont moins capables de maintenir la pression. En conséquence, la pression générée par les gouvernements étrangers (sur la Chine) diminue aussi», regrette Wang, de CHRD.

 

Un article de lefigaro.fr

 

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Auteur : Le Figaro

Source : www.lefigaro.fr