Les vêtements en bambou sont-ils vraiment écologiques ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 13/02/2011 à 18h24 par Fred.

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Les vêtements en bambou sont-ils vraiment écologiques ?



Depuis la fin des années 1990, les fournisseurs de l'industrie textile proposent des « nouvelles » matières, d'origine végétale, moins polluantes pour l'environnement que le coton.

Les vêtements en lin, sisal, coco, raphia, chanvre, ..., et bambou se multiplient.

Sous la bannière écologique, des marques ont développé des gammes complètes de vêtements et ceux en bambou ont particulièrement le vent en poupe, car cette plante est synonyme pour beaucoup de personnes de détendre, de zen attitude, de décontraction.

Le bambou est l'argument marketing du vêtement, car il possède une connotation à la nature importante.

Par ailleurs, antibactérien, anti-transpirant, et anti-UV, le bambou semble posséder tous les atouts, mais n'y a-t-il pas une face cachée à ce phénomène de mode ?

Pourquoi le bambou ?

Le bambou est une graminée ligneuse résistante qui croît sans pesticides, engrais ni autres produits chimiques.

Pouvant gagner jusqu'à un mètre par jour, cette plante peut être récoltée plusieurs fois par an, tout en absorbant plus de CO2 que les arbres feuillus (jusqu'à 12 tonnes par ha/an contre 3 tonnes pour une forêt de feuillus).

L'étroitesse de ses feuilles favorise l'infiltration de l'eau de pluie dans le sol mais son système racinaire très dense limite l'érosion.

Petit hic, malgré tout, certaines variétés de bambous sont jugées comme invasives et peuvent ainsi perturber la biodiversité et les écosystèmes. Ainsi, si sa culture présente bien des avantages, elle doit rester contrôlée et limitée.

Le bambou est également reconnu comme une plante alimentaire, les turions (= bourgeons des rhizomes) de toutes les espèces sont comestibles, bien que certains puissent être assez amers.

Et avec plus d'un millier d'espèces connues et d'innombrables applications, le bambou conquiert aujourd'hui le marché du textile.

En 2004, la Chine, premier producteur mondial de bambous, a exporté pour l'équivalent d'un million de dollars de bambous destinés au secteur du textile, et en 2006, ce montant a été multiplié par dix !

Cet essor tient au fait que les qualités vantées du vêtement en bambou seraient multiples : le confort, la douceur, l'absorption de l'humidité et de la transpiration, un effet antibactérien, hypoallergénique.

Oui mais... Quelques précisions

Le bambou est loin de faire l'unanimité au sein des professionnels.

En effet, en regardant les étiquettes des vêtements, la composition mentionne généralement en matière première la viscose de bambou.

Hors si la culture de la plante semble inoffensive, pour la fabrication de la fibre de bambou le ton change. Le bambou sous forme de viscose (utilisation de la cellulose contenue dans un végétal), nécessite de nombreux traitements avant de devenir une fibre tissable.

Le procédé de fabrication a été inventé en 1884 par le Français Hilaire de Chardonnet, ..., pas très récent me direz-vous !

La définition internationale indique que la viscose est une fibre manufacturée dans laquelle divers substituts ont remplacé un maximum de 15 % des hydrogènes des groupes hydroxyles.

Les méthodes de fabrication de la viscose sont actuellement dérivées du procédé original.

Le processus simplifié est le suivant : le bambou est débarrassé de sa lignine, des hydrates de carbone et des impuretés et devient cellulose purifiée.

Dissoute dans de la soude caustique, puis extrudée dans un bain d'acide sulfurique et de sulfate de soude, qui la fait coaguler en une solution visqueuse nommée viscose.

Par addition de disulfure de carbone, elle est rendue plus fluide, puis elle est dégazée et filtrée. Elle est ensuite forcée à travers une plaque percée de trous minuscules. Il en sort des filaments qui sont aussitôt formés en fils. Les feuilles ou les rouleaux de cellophane sont réalisés de cette façon en forçant la viscose à travers une fente très étroite.

Ce n'est pas sans raison que les industries européennes de la viscose ont été délocalisées vers des pays où les règles de protection de l'environnement et du personnel sont quasi inexistantes ou très laxistes.

En conclusion, même si ces fibres sont d'origine naturelle, elles nécessitent un traitement chimique pour pouvoir être utilisée pour la confection de textile.

Ces dernières restent donc des fibres synthétiques et en portent d'ailleurs l'appellation mais représentent une économie d'énergie non négligeable pour la planète !

Par ailleurs, en aparté, le bambou n'est pas un bactéricide. C'est l'adjonction à la viscose d'un puissant bactéricide : l'ammonium quaternaire qui permet d'inhiber ou de ralentir la multiplication des bactéries sur le produit ainsi traité, mais cet effet diminue au cours des lavages successifs.

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Auteur : Gaelle Naze

Source : www.notre-planete.info

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