Les trois principaux fléaux - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 24/01/2010 à 15h44 par Tanka.


LES TROIS PRINCIPAUX FLÉAUX

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Les trois principaux fléaux

Information recueillie par Tanka

Pêche intensive, pollutions multiples, concentration de CO... Si rien ne changeait, de nombreuses espèces marines disparaîtraient.

C'est l'autre réalité environnementale. Depuis dix ans, les scientifiques s'évertuent à nous faire comprendre que l'activité humaine entraîne un dérèglement du climat de la planète, dérèglement qui aura des conséquences graves. En cette Année internationale de la biodiversité, le film Océans nous rappelle que les ressources marines ne sont pas, non plus, inépuisables. Que le sixième continent approche lui aussi du seuil écologique critique, même si les atteintes sont moins évidentes. « Lorsque l'on parle de déforestation massive, il suffit d'un survol en avion pour l'apercevoir. Dans l'océan, tout se fait à couvert », soupire Guy Duhamel, océanographe biologiste, directeur du département « milieux et peuplements aquatiques » au Muséum national d'histoire naturelle.

La surpêche

"Lutter contre la surexploitation des stocks est la priorité absolue", explique François Chartier, responsable de la campagne Océans chez Greenpeace France. 76% des stocks de poissons commercialisés de la planète sont utilisés à leur maximum. "Il n'y a plus d'aire marine au monde qui demeure intouchée, insiste Guy Duhamel. On pêche désormais sans aucune limite technique, et cela jusqu'aux pôles. Sans aucune contrainte non plus de profondeur." Des prélèvements intensifs qui font des victimes collatérales. 300 000 mammifères marins, qu'il s'agisse de baleines ou de dauphins, sont victimes chaque année de la pêche non sélective.

Selon une étude publiée dans la revue Science magazine en 2006, si l'on continue de faire peser la même pression sur les ressources marines, en 2048 il n'y aura plus aucune espèce commerciale vivante. Un scénario catastrophe qui a ensuite été nuancé par d'autres travaux. "La situation est tout de même critique, poursuit Guy Duhamel. Et c'est notre génération qui porterait la responsabilité de ce désastre annoncé." Premier sur la liste, le thon rouge. Si l'on poursuit les prélèvements de la même manière, ce grand prédateur disparaîtra en 2012.

Les pollutions

"80% de la pollution en mer vient des activités à terre", assure François Chartier. Aujourd'hui, 70% de la population mondiale vit près des côtes. "Et cela a un réel impact, note Guy Duhamel. Au Bangladesh par exemple, où la majorité de la population vit au bord de l'eau, tout va à la mer." Dans le Pacifique ou l'océan Indien, des zones d'accumulation de déchets, bien connues des navigateurs, se sont créées. "Les poissons, les tortues ingèrent des plastiques", poursuit l'océanographe. Il n'est pas nécessaire d'aller bien loin pour constater les ravages de l'activité humaine. "Allez en Bretagne ou en Normandie, lance Duhamel. Certaines plages sont recouvertes d'algues vertes. C'est la conséquence du taux élevé de nitrate dans les cours d'eau dû à l'élevage intensif de porcs."

Autre fléau, les dégazages.

L'équivalent du pétrole de vingt pétroliers Prestige ou de cinquante Erika est déversé illégalement en Méditerranée chaque année. Guy Duhamel annonce d'autres dégâts: "On va bientôt connaître chez les poissons de mer les mêmes problèmes de dérèglements hormonaux que chez les poissons d'eau douce." A cause des résidus de pilules, micropollution présente dans les eaux usées, qui n'est pas filtrée par les stations d'épuration et se retrouve dans les cours d'eau avant de finir dans la mer.
L'acidification des eaux

La concentration des gaz à effet de serre augmente dans l'atmosphère? L'océan, qui est l'un des plus grands stockeurs naturels de carbone sur Terre (il absorbe un tiers du CO2 émis par les activités humaines), en subit les conséquences de plein fouet. Son acidité augmente, ce qui menace la survie à long terme de certaines espèces marines. Notamment celles dont les organismes contiennent du carbonate de calcium: les coraux, les mollusques et les crustacés, ainsi que le phytoplancton.

Les participants d'un colloque organisé par le Comité océanographique intergouvernemental de l'Unesco, en 2004, ont conclu que "d'ici le milieu de ce siècle, le poids de l'accumulation du CO2 entrant dans l'océan mènera à des changements de pH ou d'acidité des couches supérieures qui seront d'une ampleur trois fois plus importante et cent fois plus rapide que ceux subis entre les périodes glaciaires." Ce changement pourrait perturber les chaînes alimentaires marines "dans une proportion et d'une façon qui ne sont pas encore prévisibles et compréhensibles à ce jour".

Par Soazig Quéméner - Source : lejdd.fr

Pour en savoir plus sur la situation planétaire