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Cette actualité a été publiée le 10/11/2010 à 22h16 par Tanka.


LES TRÉSORS DU PLACENTA

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Les trésors du placenta

A qui appartiennent ces «déchets opératoires» qui commencent à faire l'objet de tractations controversées?

Le placenta? Un organe aujourd'hui amplement méconnu; pire: un non-dit. Il n'en fut pas toujours ainsi et il n'en sera bientôt plus de même.

Le placenta réunit l'embryon (puis le foetus) à la mère (et inversement). Il est l'une des principales caractéristiques distinguant les mammifères des autres vivants du règne animal. Matérialisant cette union il assure d'innombrables fonctions essentielles au bon développement des gestations.

Pour le scientifique, le placenta demeure encore emprunt de nombreux mystères: c'est un organe pour partie étranger à l'organisme maternel au sein duquel il parvient, pourtant, à se faire naturellement accepter.

Organe éphémère. Le placenta apparaît au moment où l'oeuf fécondé parvient à se nicher dans l'épaisseur du tissu utérin. Puis, à la fin du cycle gestant, il est radicalement expulsé de l'utérus maternel dans les minutes qui suivent la naissance; on parle ici de «délivrance».

On peut ici se souvenir de Jacques-Marie Emile Lacan (1901-1981); il estimait que la section du cordon ne correspondait pas à la perte de la mère par le nouveau-né. Selon lui, à ce moment précis, le nouveau-né perdait avant toute chose son complément anatomique. Complément anatomique ou alimentaire? Cet organe demeure aujourd'hui le plus souvent mangé (pour des raisons nutritives et hormonales, pense-t-on) par les femelles de la plupart des espèces de mammifères.

Chez l'homme le placenta -les historiens spécialisés en témoignent- est aussi un organe qui a nourri de nombreux mythes et pratiques rituelles avant -hygiène et scientisme triomphants- d'être progressivement rangé dans la catégorie hospitalière dite des «déchets opératoires». Le temps n'est plus -ou presque- des rituels placentaires avec inhumation ou immersion (voire ingestion, l'humain pouvant, comme chacun sait, rejoindre parfois à sa manière l'animal).

«En France, à l'époque médiévale, on rapporte des coutumes d'ingestion de placenta destinées à rendre à la femme une partie des nutriments dépensés durant la grossesse ou à visée galactogène, rapporte un passionnant ouvrage collectif publié par les éditions Lavoisier avec le concours de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Cette coutume fut condamnée à partir du XVIe siècle. Dans la France rurale des deux derniers siècles, le placenta était considéré comme la doublure symbolique de l'enfant et enterré par le père en divers endroits du domaine familial. Lien renoué entre la nature et l'enfant, il était associé à un voeu concernant les futures qualités de l'enfant. Matière considérée comme fertile et devenue inutile au nouveau-né, il va nourrir une plante, un arbuste qui sera présent dans l'environnement de l'enfant.»

Le temps n'est plus -ou presque- où l'on voyait là une sorte de jumeau complémentaire de celui qui venait de voir le jour; son «ombre portée», son «conseiller secret», son «ange gardien», un fidèle reflet de sa vie terrestre à venir... Qu'est-ce donc que le placenta aujourd'hui? «Posez la question à une femme enceinte, elle ignore l'existence de cet organe dans la plupart des cas, peut-on lire en introduction de l'ouvrage. Quant au futur père, il l'ignorera même après l'accouchement.

Pourquoi si peu de connaissances, voire de reconnaissance, pour un organe qui a permis l'implantation de l'embryon, le déroulement de la grossesse et participé au déclenchement de l'accouchement avant de finir, avec son odeur fade, dans un baquet, expulsé par quelques contractions utérines supplémentaires dix à quinze minutes après la naissance de l'enfant?»

Mais les temps changent. Le placenta et le cordon ombilical qui lui est associé (où plus précisément certaines cellules du sang qu'ils contiennent) sont aussi depuis peu l'objet de toutes les attentions et d'un double marché planétaire en cours de constitution; un double marché reposant sur des bases éthiques radicalement étrangères et –à ce titre – en passe de déboucher sur un vaste conflit d'intérêts. Avec au centre, une nouvelle fois, la dérangeante question de savoir à qui peuvent bien, le cas échéant, appartenir (de la personne ou de la collectivité) les cellules et organes des êtres humains dès lors qu'ils peuvent être utilisés à des fins médicales.

L'affaire a commencé en France grâce aux travaux du Pr Eliane Gluckman (hôpital Saint-Louis, Paris) qui, en 1988, à démontré les vertus thérapeutiques des cellules souches contenues dans le sang placentaire prélevé au niveau du cordon ombilical.

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Auteur : Jean-Yves Nau

Source : www.slate.fr