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Cette actualité a été publiée le 15/05/2010 à 20h24 par Tanka.


LES TRAFICS DE CORAUX ET DE TORTUES PERDURENT

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Les trafics de coraux et de tortues perdurent

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Après les armes et les drogues, les espèces protégées ou menacées d'extinction représentent le troisième trafic illégal le plus juteux. A La Réunion, les affaires portent le plus souvent sur les coraux et les tortues radiata.

C'est souvent plus fort que lui. Le touriste ne peut s'empêcher de rapporter dans ses valises un souvenir de vacances piqué à Dame nature. Un petit trophée qui atterrira dans le salon. Conques des Comores, tortues de Madagascar et ou coraux des lagons... 1 260 coquillages et coraux ont été saisis par les douanes françaises en 2009. Tout a un prix. Les trafics transfrontaliers d'espèces menacées ou protégées sont une préoccupation majeure pour les douaniers de La Réunion.

Aux frontières de notre île, les coups de filet sont réguliers. Selon Vincent Hec, directeur adjoint des Douanes à La Réunion, le trafic serait en baisse d'un point de vue statistique. Preuve selon lui que “les campagnes d'infirmation et de sensibilisation commenceraient à porter leurs fruits”.

Alors qu'en 2008, 31 affaires (soit 242 spécimens saisis) avaient été mises au jour, essentiellement dans les deux aéroports de l'île et “surtout côté passagers”, en 2009 le nombre d'affaires est tombé à 13 (soit 80 spécimens). Un chiffre à relativiser puisque depuis le début de l'année 2010, dix infractions (soit 32 spécimens) ont été constatées.

Dans le détail, en 2008, le palmarès des espèces protégées et prisées avait placé les coraux de La Réunion et de Madagascar en tête : 12 affaires sur 31 les concernaient, soit l'équivalent de 131 unités saisies. Ensuite, les douaniers avaient déniché deux tentatives de trafic de tortues. En 2009, on a retrouvé les mêmes. Même si le nombre d'affaires de prises de coraux est tombé à huit, le nombre d'unités a augmenté, avec 237 unités saisies. Deux autres affaires de trafic de tortues avaient été révélées.

Depuis le début de l'année la bébête à carapace attise toujours les convoitises. Il y a trois semaines, un individu a tenté d'exporter 13 spécimens du genre “radiata”, des tortues terrestres appréciant la forêt semi-sèche de Tuléar, au Sud-Ouest de Madagascar. En ce qui concerne les coraux, déjà 35 pièces ont été saisies.

Une tortue radiata adulte vaut 5 000 euros

Et pour le reste ? “En ce qui concerne les coquillages, aucune grosse affaire n'est sortie depuis deux ans”, indique Vincent Hec. Et les douanes surveillent attentivement les colis postaux transitant par le centre de tri du Chaudron. En revanche, les douaniers tombent parfois sur des perles. Cette année, 678 grammes de caviar de Russie non assortis de la convection Cites* ne finiront pas dans les assiettes des importateurs. Les deux années précédentes, des ceintures en peau de crocodile et de l'huile de caïman en provenance de Madagascar avaient alimenté la rubrique saisie insolite.

Selon le WWF, le Fonds mondial pour la nature, le trafic d'espèces protégées et menacées d'extinction représenterait la troisième source illicite de revenus, après le trafic d'armes évalué à près de 900 milliards d'euros par an et le trafic de drogue (près de 300 milliards d'euros). Si la valeur marchande de coraux reste difficile à évaluer, une tortue radiata jeune se négocie autour de 800 euros en métropole. Une fois adulte, un spécimen de l'ordre des Chéloniens peut s'arracher pour 5 000 euros. Mieux, un couple de tortues Yniphora de Madagascar pèse 90 000 euros. Sur internet, on trouve aussi des endormis cédés pour 1000 euros.

Les cas de conscience écologique n'arrêtent pas les trafiquants. Ni l'arsenal répressif. Le plus souvent les douanes optent pour une transaction. Elles peuvent appliquer des amendes correspondant au double de la valeur de la marchandise

* Cites : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites) réglementant le commerce de 5 000 espèces animales et de 28 000 espèces végétales. Selon le cas, celles-ci sont inscrites à l'annexe I (commerce totalement interdit, notamment pour les grands singes, les éléphants, la plupart des félins et des cétacés), à l'annexe II (commerce strictement réglementé et soumis à autorisation) ou à l'annexe III (mesures de sauvegarde particulières dans un ou plusieurs pays).

Par Yoann Guilloux - Source : www.clicanoo.re


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