Les stations d'épuration n'éliminent pas les résidus de médicaments - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 20/12/2010 à 14h29 par Tanka.


LES STATIONS D'ÉPURATION N'ÉLIMINENT PAS LES RÉSIDUS DE MÉDICAMENTS

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Les stations d'épuration n'éliminent pas les résidus de médicaments

Deux chercheurs de Limoges mettent en lumière la pollution des eaux par les médicaments.

Les stations d'épuration n'éliminent pas les résidus de médicaments contenus dans les eaux usagées. Il existe donc un programme européen de recherche sur l'élimination de ces résidus, auquel participent deux équipes de chercheurs de l'université de Limoges.

Deux équipes de recherche de l'université de Limoges collaborent à l'étude Européenne Pills sur l'élimination des produits pharmaceutiques dans les eaux usées ainsi qu'au projet français de plan sur les résidus de médicaments dans l'eau.

Il s'agit du Groupement de recherche eau, sol, environnement, Grese, et de l'équipe Inserm EA 3175 biologie moléculaire et cellulaire des bio-organismes.

Longtemps négligée, la problématique du passage des médicaments dans l'eau et de ses conséquences sur l'environnement et la santé est aujourd'hui prégnante.

C'est l'une des 12 actions phares du Plan national santé environnement. La maîtrise des risques encourus constitue d'ailleurs la mesure 103 des conclusions des tables rondes du Grenelle de l'environnement.

Encore au stade de projet, ce plan ne sera finalisé qu'au terme de nombreuses études destinées à mesurer l'impact environnemental des différentes molécules médicamenteuses. Une tâche complexe.

Des rejets de l'hôpital jusqu'à la Vienne

Les chercheurs ont d'ores et déjà constaté la présence d'intégrons (1) en grand nombre au sortir des effluents de la station d'épuration de Limoges.

Et ce peut donc être un lieu d'échanges de germes de résistance entre les bactéries présentes. Toutefois, leur démarche se concentre sur l'environnement et non sur la santé humaine, même si cette question est évidemment de première importance.

« Nous partons des rejets de l'hôpital jusqu'aux rejets dans la Vienne en passant évidemment par la station d'épuration (2), précise Stéphane Dagot, enseignant-chercheur au Grese. Pour cela nous faisons des bilans quantitatifs et qualitatifs sur des rejets afin d'en évaluer l'impact. »

Trouver des traitements

L'objectif de l'étude est de comparer la qualité des rejets hospitaliers européens pour définir des indicateurs de suivi commun aux différents pays : « Il s'agit également de mettre au point et de valider des systèmes de traitement des eaux soit à la sortie de l'hôpital, soit sur la station urbaine de traitement des effluents et bien sûr d'évaluer les impacts et la minimisation de ces impacts sur l'environnement. »

Les scientifiques limousins se montrent prudents, estimant « qu'il n'y a pas forcément un risque pour la santé sachant que le système digestif humain est déjà porteur de ses gènes de résistance. »

A terme, les exploitants devront sans doute s'interroger sur la nécessité d'un dispositif spécifique à la sortie de l'hôpital et à la sortie de la station d'épuration. C'est déjà fait dans certains pays, mais d'autres jugent encore les risques négligeables.

Les scientifiques proposent, les politiques disposent.

(1) Les intégrons sont des éléments génétiques retrouvés exclusivement chez les bactéries. Ils constituent un système naturel de capture, d'expression et de dissémination de gènes pouvant permettre aux bactéries de répondre à un stress environnemental.

(2) L'étude en cours est réalisée avec la collaboration du CHU et du service de traitement

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Auteur : Dominique Pierson

Source : www.lepopulaire.fr