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Cette actualité a été publiée le 25/11/2009 à 16h55 par Tanka.


LES SCIENTIFIQUES ENREGISTRENT UNE DÉGRADATION PLUS FORTE DU CLIMAT

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Les scientifiques enregistrent une dégradation plus forte du climat

Information recueillie par Tanka.

La fonte de la banquise et les émissions de C02 se révèlent plus importantes que prévu. Pour le climatologue Jean-Pascal van Ypersele, un accord de Copenhague sera un pas nécessaire mais non suffisant

Alors que les gouvernements dévoilent de nouveaux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre à moins de deux semaines du début de la conférence de l'ONU sur le climat à Copenhague, les scientifiques incitent déjà à aller plus loin.

Selon un rapport publié hier par l'Institut de recherche de Potsdam (Allemagne) sur les impacts du climat, la fonte de la banquise arctique se révèle de 40% plus rapide que prévue par le Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat) en 2007 tandis que la montée actuelle du niveau des mers serait « supérieure de 80% aux prévisions passées ».

« La banquise, qui est de la glace flottant sur l'eau, ne fait pas monter le niveau des mers en fondant, par définition », rappelle Jean-Pascal van Ypersele (Université catholique de Louvain), vice-président du Giec à La Croix : « Mais elle peut accélérer le réchauffement climatique et donc la fonte des calottes glaciaires, comme au Groenland, qui, elle, élève le niveau des mers ».

Confirmation d'une « tendance exponentielle »

Autre chiffrage plus important que prévu par le Giec, les émissions de C02. Elles ont augmenté de 40% entre 1990 et 2008, selon une récente publication scientifique. « Cela signifie que, si on s'en tient à l'engagement du G8 de réduire de moitié les émissions d'ici à 2050, sous-entendu par rapport à leur niveau actuel, on ne les aura en réalité réduites que de très peu », s'inquiète le climatologue belge.

Preuve que la concentration en C02 ne cesse de s'accroître au fil des émissions, l'organisation météorologique mondiale a indiqué avant-hier que « les principaux gaz à effet de serre persistants présents dans l'atmosphère, ont atteint (en 2008) les plus hauts niveaux jamais enregistrés depuis l'époque pré-industrielle », c'est-à-dire 1750-1800. Simple confirmation d'une « tendance exponentielle » pour Jean-Pascal van Ypersele, rappelant que tout dioxyde de carbone émis reste ensuite une centaine d'années dans l'atmosphère.

« Alors que le mélange moyen de CO2 est resté entre 250 et 280 ppm (NDLR : nombre de molécules de gaz par million de molécules d'air sec) pendant 10 000 ans, il a augmenté de 100 ppm en moins de 200 ans », confirme-t-il. Même si la crise économique devrait diminuer de quelques points cette concentration l'année prochaine et la suivante, la tendance est bien à l'oeuvre.

Un accord à Copenhague sera insuffisant

Aussi, si aucune politique de réduction n'était engagée, la température moyenne de l'air à la surface du globe, continents et océans confondus, augmenterait de 1,1 à 6,4°C en 2100 par rapport à 1990, selon le rapport du Giec 2007. « Ce qui revient au même que de dire entre 2 et 7 degrés par rapport à la période pré-industrielle comme le fait l'institut de Potsdam, en arrondissant les chiffres », explique Jean-Pascal van Ypersele. « Mais avec une réelle volonté des décideurs politiques et économiques, on peut tout à fait limiter cette augmentation à 1,5°C pour 2100 », insiste-t-il.

Pour les climatologues, s'en tenir à l'objectif actuel de limiter la hausse de la température moyenne à 2°C, est en effet insuffisant. « On se rend compte qu'au-dessus de 1,5°C, les phénomènes extrêmes comme inondations et vagues de chaleur, entre autres, se multiplient », signale le vice-président du Giec : « On mesure déjà ce qu'une élévation de sept dixièmes de degré au cours du XXe siècle a entraîné, y compris sur la disparition de certaines espèces ! ».

Un accord mondial à Copenhague sur le climat sera-t-il donc dépassé avant même d'être conclu ? « Je suis confiant qu'un accord précis sera trouvé à Copenhague et qu'il sera un pas important dans la lutte contre le réchauffement, estime Jean-Pascal van Ypersele, mais on sait à l'avance qu'il sera insuffisant ». Sans attendre les prochains rapports du Giec à l'horizon 2013 et 2014, « la pression va se faire plus forte sur les dirigeants pour aller plus loin car le climat sera de plus en plus perturbé. » « Il va aussi nous obliger à revoir nos modes de vie ».

Sébastien MAILLARD

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