Les révolutions arabes nous donnent de la force - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 25/06/2011 à 13h37 par Kannie.


LES RÉVOLUTIONS ARABES NOUS DONNENT DE LA FORCE

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Les révolutions arabes nous donnent de la force

 

* Ameer Makhoul est prisonnier politique dans l'Etat d'Israël. Responsable associatif et politique, il a été arrêté le 6 mai 2010, suite à une descente nocturne à son domicile familial, à Haïfa, opérée par divers services sécuritaires israéliens. Condamné à 9 ans de prison ferme, suite à des «aveux» arrachés par la torture physique et morale, Ameer n'a cessé de proclamer que son arrestation et détention sont politiques et visent à décapiter la direction politique et civile des Palestiniens de 48.
 

Lire l'histoire des révolutions est très riche en enseignements mais quand une révolution se déroule maintenant, elle apporte ses propres enseignements.

Ainsi en est-il des révolutions que mène actuellement notre peuple arabe. Elles apportent ce que doit apprendre toute révolution qui se déroule en cette ère de mondialisation et d'internet. Mues par de formidables masses humaines qui croissent et gagnent en force à un rythme inconnu auparavant, elles tirent leur force d'un mouvement social- celui des gens ordinaires- qui porte en lui toute la diversité des courants de pensée et d'action qui aspirent au changement. C'est, en pratique, l'écrasante majorité de la société.

Les révolutions arabes se déroulent conformément à la loi qui préside à la naissance des révolutions : ce moment où les opprimés n'acceptent plus leur statut d'opprimés et où les oppresseurs deviennent incapables de se maintenir au pouvoir en usant des mêmes méthodes d'oppression. Nous vivons alors ce que l'on peut appeler «le dernier quart d'heure des dictatures».

Ces révolutions nous donnent à voir comment des régimes arabes oppressifs et injustes, réputés invulnérables, se fissurent, se désagrègent avant de s'effondrer. Elles nous donnent aussi à voir comment les gens -tous les gens, le peuple- créent des situations où l'institution militaire est, comme cela s'est passé en Tunisie et en Egypte, placée devant un choix incontournable et excluant toute voie médiane : abandonner le sommet du régime ou affronter le peuple. L

Dans de tels moments, quand la tyrannie s'exerce de façon plus féroce que jamais et que se multiplient sans frein les atteintes à la dignité humaine et nationale, la colère et le sentiment d'humiliation longtemps réprimés chez le peuple deviennent une force qui secoue les fondements du régime et l'amène à l'effondrement total ou partiel. Nous entrons alors dans une ère de transformation rapide.

Il est difficile de croire que les révolutions qui ont éclaté en Tunisie et en Egypte soient l'oeuvre planifiée d'une seule force, quelle qu'elle soit. Tout en elles, en effet, indique qu'elles sont mouvement spontané et là, il faut souligner les façons dont Twitter, Facebook, Internet de façon générale ainsi que les chaînes satellitaires pour transmettre des images prises sur le vif, sont devenues, entre les mains de la jeunesse de Tunisie, d'Egypte et d'autres partie du monde arabe , de formidables instruments d'information, d'échange et de coordination de la parole et de l'action, non seulement à l'échelle d'un pays mais dans un espace qui embrasse le monde arabe dans son ensemble.

L'usage des moyens de communication les plus avancés est la marque d'une jeunesse arabe qui monte et aspire à extirper le monde arabe de l'état de morcellement, d'archaïsme et d'écrasement des libertés qui pèse sur lui depuis si longtemps. Il porte en lui -au moins pour ce qu'il nous est donné de constater maintenant et en attendant que se dessine de façon plus nette le cours des choses- la volonté des peuples arabes d'édifier un ordre social et politique où règneront la dignité des citoyens, la démocratie et le pluralisme.

Pour le moment, nous ne pouvons pas faire beaucoup plus que de vivre intensément en esprit et en émotion ce qui se passe. Chacun de nous aspire à être dans ces lieux où se déroule l'action libératrice arabe, dans ces lieux baptisés «Place de la Libération» et précisément, au sein même du Caire.

Mais en dépit de tout cela, nous sommes beaucoup plus que de simples spectateurs de ces révolutions, car ces révolutions ne nous sont pas étrangères, ce sont nos révolutions, une partie intégrante de notre combat pour la Libération. Notre désir d'y participer activement, cet élan qui nous porte spontanément vers elles précède souvent nos positions politiques officielles mais il porte en lui une chose que rien ne peut altérer : l'authenticité. [...]

Une des grandes vérités touchant au combat contre le projet sioniste, projet colonialiste, raciste et belliqueux, est qu'il ne suffit pas que la cause du camp palestinien et arabe soit juste pour qu'elle triomphe, car une cause aussi juste soit-elle a besoin d'un état des forces en présence qui la protège et lui offre les conditions de sa réalisation. [...]

Nous n'avons plus affaire à une confrontation entre armées mais à un combat opposant la volonté des peuples -ainsi que des pouvoirs nouveaux issus de cette volonté et investis de responsabilités nouvelles- à un régime militariste et belliqueux d'essence colonialiste et raciste.

Nous, Palestiniens, sommes un peuple engagé dans un combat incessant depuis la mise en place du projet sioniste dans la région en 1948. Nous avons connu des moments de flux et de reflux, mais nous n'avons jamais perdu de vue le but ultime de notre lutte, celui de notre libération, celui de la restauration du droit à notre terre, la terre de Palestine.

Face à des ennemis implacables, aucun répit, aucun relâchement ne nous ont été permis et, conformément au droit et au devoir que nous dicte notre situation de peuple opprimé, nous avons usé de toutes les formes de lutte afin de restaurer l'ensemble de nos droits au premier plan desquels il y a le retour des réfugiés, la fin de l'occupation, la libération des prisonniers et le droit à l'autodétermination.

C'est cette lutte que nous, masses palestiniennes de l'intérieur, menons en célébrant, chaque année le 30 mars et cela depuis 1976, la Journée de la Terre. Cette célébration qui gagne en ampleur chaque année, secouant toujours plus fort les chaînes de l'oppression, est un des hauts lieux de notre lutte et rappel que nulle force, nul régime ne sont capables d'affronter un peuple déterminé à recouvrer ses droits inaliénables.

Les révolutions arabes sont pour nous, peuple palestinien, source de plus de force, d'unité et de capacité à agir sur les évènements. Elles démontrent de façon plus nette que jamais qu'aucun équilibre fondé sur l'injustice ne peut prétendre à la pérennité.

 

Pour lire la totalité de cet article de Ameer Makhoul, publié par Info-Palestine, cliquer sur Source ou Lien utile
 

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Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Ameer Makhoul

Source : www.info-palestine.net