Les pressions écologiques changeront les mentalités - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 03/02/2011 à 18h42 par Jacques.


LES PRESSIONS ÉCOLOGIQUES CHANGERONT LES MENTALITÉS

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Entretien avec Jean-Marie Pelt

Le plus aimé des botanistes et des écologistes français croit à la volonté politique - qu'il sait liée à l'inspiration spirituelle.

Il constate qu'elle est malheureusement très rare. Mais le récent retrait d'une multinationale agrochimique lui donne de l'espoir.

Nouvelles Clés : Diriez-vous qu'à travers ses dérèglements, la nature cherche à nous parler ?

Jean-Marie Pelt : On parle tous les jours de Bagdad. Au IXe siècle, c'était la ville la plus rayonnante du monde, parce qu'elle faisait la synthèse des sciences égyptienne, grecque et perse, avec l'apport de l'islam jeune et qu'il y avait là-bas des sages, qu'on appelait des mages, qui lisaient le destin de l'humanité dans le ciel comme les Chinois. S'ils avaient regardé le ciel de chez nous ces dernières années, qu'y auraient-ils vu ?

La (rarissime) éclipse totale de l'été 99, la tempête de Noël de la même année, deux comètes dans le ciel vers la même époque à un an d'intervalle (ce qui n'arrive jamais, surtout avec l'intensité qu'elles avaient, dont l'une avec une queue bleue de toute beauté), des cyclones, des inondations, la planète Mars plus puissante que jamais...

Bref, ils se seraient dit : "Ouh là là, il va se passer des choses !" À cette époque, on pensait ainsi, par raisonnement analogique.

Et ils auraient eu raison : il s'est effectivement passé de drôles de choses.

N. C. : Des choses désormais analysables scientifiquement.

J-M. P. : Oui, on voit bien sur les courbes de température un décrochage brusque au début des années 90. Désormais, on bat record sur record et le consensus est désormais écrasant sur le diagnostic : on ne peut plus nier que les gaz qu'on émet dans l'atmosphère la modifient.

On peut aussi penser qu'il y a des phénomènes naturels qui jouent dans le même sens, mais il est à peu près certain que l'impact des activités humaines joue dans les changements climatiques non-ordinaires actuels - dont la canicule a été une démonstration de la théorie de Darwin sur la sélection naturelle : on a vu le milieu changer et devenir sévère, et aussitôt les humains les plus faibles ont été éliminés : les plus âgés, les plus fragiles, les plus malades.

N. C. : Souscririez-vous à l'idée taoïste selon laquelle, lorsque le ciel est déréglé, c'est que les gouvernants sont mauvais ?

J-M. P. : C'est une idée pertinente. On la retrouve d'ailleurs dans la Bible : quand les hommes sont mal gouvernés, la terre se met à fabriquer des chardons. Il y a un rapport étroit entre l'activité des hommes et ce que devient la nature.

Là, nous sommes dans un cas qui confirme spectaculairement cette idée ancienne qui est dans toutes les sagesses : par ses comportements irresponsables, l'homme modifie complètement le milieu dans lequel il vit et ça lui retombe naturellement sur le nez. Nul besoin d'être expert pour le constater.

N. C. : Dans Le Tour du monde d'un écologiste (éd. Fayard), paru en 1989, vous annonciez que les choses allaient devenir imprévisibles et chaotiques.

J-M. P. : Oui et ça se vérifie. Quinze ans après, on se retrouve face à des évolutions extrêmement rapides et au fur et à mesure que la terre se réchauffe, le nombre des catastrophes augmente en nombre, en intensité et partout.

Mais l'imprévisibilité fait que, par endroits, le réchauffement peut provoquer un refroidissement, parce que ce n'est pas homogène.

N. C. : Les réactions humaines non plus ne sont pas homogènes : certains se réjouissent, tel le Russe Vladimir Poutine.

J-M. P. : Oui (rire), c'est l'un des résultats effrayants d'un lobbying forcené de George Bush contre l'application du protocole de Kyoto. Le chef américain, assujetti aux pétroliers, est opposé à toute forme de sagesse ou de prudence concernant le climat.

D'où une très grande difficulté à agir sur le plan mondial, parce que les actions isolées ne suffisent pas. L'humanité doit être solidaire dans la réduction de l'émission de gaz à effet de serre.

N. C. : Cette évolution est à la fois externe et interne. Ce sont les mentalités profondes qui doivent changer. Vont-elles le faire ?

J-M. P. : C'est ce que j'essaie d'analyser dans mon livre, La Loi de la jungle (éd. Fayard).

Le problème, c'est que, comme disait Théodore Monod, nous sommes une espèce effroyablement agressive, qui a toute les peines du monde à se montrer solidaire sur quoi que ce soit. Or, nous sommes confrontés à des problèmes qui exigent une totale solidarité, dans l'analyse et dans l'action.

Pouvons-nous changer ?

Pour le moment, la réponse est non. Nous ne sommes pas encore arrivés à ce niveau d'évolution des consciences qui nous permettraient de faire face aux difficultés que nous créons nous-mêmes.

Nous vivons dans un monde où l'on dit qu'on ne veut plus de guerre et où pourtant il n'y en a jamais eu autant - ça n'arrête pas ! Comment changer les consciences ?

Avec l'Irak, on a vu quelque chose d'intéressant, avec une prise de conscience assez générale contre la guerre. Mais les mêmes pays continuent à fabriquer des armes de plus en plus puissantes, avec l'idée qu'on finira bien par s'en servir.

On court donc sur deux chevaux qui vont en sens opposés. Il faut que l'humanité change vite, vite. Le message de mon livre était de montrer que dans le monde animal, l'évolution biologique a petit à petit atténué l'agressivité, pour qu'une espèce ne puisse pas s'autodétruire.

Nous serions la seule espèce qui échappe à cette régulation, avec l'intention et les moyens de s'autodétruire. Pires que les rats et les chimpanzés, considérés comme très violents - mais chez ces derniers, une "guerre" terrible se solde par deux morts.

Chez nous, c'est soixante millions. Bien sûr, ça fait des millénaires que l'homme sait qu'il doit changer. Alors problème : c'est maintenant que se joue le risque réel de notre autodestruction !

Désormais, ça va à toute allure : le climat, la destruction des forêts tropicales, l'empoisonnement par pesticides de la terre et des bébés, etc. Il faut donc prendre des décisions rapides et courageuses, mais pour ça, il faut une volonté politique.

N. C. : Si je suis un citoyen de base, ma minuscule action a-t-elle le moindre impact ? Ou bien seule l'action politique a-t-elle un sens ?

J-M. P. : Il faut bien évidemment les deux : une attitude éco-citoyenne et une existence responsable. Et ça marche.

Si vous n'avons pas d'OGM en Europe et si la multinationale Monsanto vient d'annoncer qu'elle quittait le "vieux continent", c'est bien parce qu'il y a eu des mouvements d'opinion publique extrêmement puissants, et que finalement ....

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Auteur : Rédaction nouvellescles.com

Source : www.nouvellescles.com