Les poissons disparaissent des lacs suisses - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 16/02/2012 à 17h06 par Mich.


LES POISSONS DISPARAISSENT DES LACS SUISSES

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Les poissons disparaissent des lacs suisses

 

Etude

La détérioration de l'écosystème des lacs suisses a un grave impact sur la diversité des poissons qu'ils abritent, indique une étude de l'Eawag et de l'Université de Berne. Un phénomène de croisement d'espèces autrefois distinctes est même en cours.

L'usage de fertilisants a provoqué en très peu de temps la disparition de près de 40% des espèces de corégones (de la famille des salmonidés ndlr) indigènes.

C'est ce que montre une étude de l'Eawag et de l'Université de Berne publiée dans la prestigieuse revue scientifique «Nature». Ce phénomène désignant la détérioration d'un écosystème par la prolifération d'algues a un nom: l'eutrophisation.

Dès 1950, l'apport excessif d'engrais agricoles ainsi que les rejets phosphatés des lessives ont dégradé de nombreux milieux aquatiques, provoquant notamment une prolifération d'algues. Les couches profondes de nombreux lacs ont été progressivement privées d'oxygène, a indiqué jeudi l'Eawag, l'Institut de recherche de l'eau du domaine des EPF, dans un communiqué.

Les niches écologiques occupées par des poissons se nourrissant ou se reproduisant en profondeur ont en grande partie disparu. Du coup, les espèces de fond qui avaient évolué depuis les dernières glaciations en se spécialisant ont alors été contraintes de remonter pour retrouver des conditions propices.

Les corégones - connus sous diverses appellations locales comme féra, palée ou encore bondelle - se sont alors croisées avec des espèces parentes qui occupaient déjà les lieux et ont perdu leur intégrité génétique et fonctionnelle en l'espace de quelques générations, un phénomène appelé «dé-spéciation».

Poissons introduits

Le nombre d'espèces a chuté de 38% en moyenne et la population d'origine a même totalement disparu dans 7 des 17 lacs suisses étudiés, remplacée par des corégones introduits (lac Léman, de Morat, de Sempach, de Hallwil, de Pfäffikon, de Baldegg et de Greifen). Seuls les lacs profonds de Thoune, de Brienz et des Quatre-Cantons, moins touchés par l'eutrophisation, n'ont pas subi de perte de diversité spécifique.

Les lacs de Walenstadt et de Zurich abritent encore deux des trois espèces autrefois répertoriées et le lac de Constance a pu en conserver quatre sur cinq. Mais les espèces restantes ont également été affectées et présentent une variabilité morphologique et une différenciation génétique et écologique moins marquées que par le passé.

En effet, l'étude a montré que plus les teneurs en phosphates étaient élevées, plus la différenciation génétique des espèces de corégones restantes et leur degré de spécialisation par rapport à la profondeur, la période de reproduction ou le mode d'alimentation était réduit.

Phénomène plus large

Les scientifiques considèrent les corégones comme représentatifs d'un phénomène plus large. «Il est plus que probable que la fertilisation des lacs ait provoqué des pertes de diversité équivalentes chez d'autres poissons, peut-être même à d'autres niveaux de la chaîne alimentaire», explique Ole Seehausen, du Département d'écologie et d'évolution de l'Université de Berne, cité dans le communiqué.

Le spécialiste voit dans les résultats de l'étude un avertissement pour ceux qui souhaitent une atténuation de l'élimination du phosphore dans les stations d'épuration pour accroître les rendements de pêche. «Le moindre enrichissement d'un lac au-delà de son niveau naturel a déjà un impact sur sa biodiversité. Et une fois qu'une espèce endémique a disparu, il est impossible de revenir en arrière», explique-t-il.

A protéger en priorité

Réservoirs de biodiversité, les lacs pauvres en nutriments doivent être protégés en priorité. «La dé-spéciation provoque en très peu de temps l'extinction d'espèces qui avaient mis des millénaires à apparaître par adaptation progressive à des conditions écologiques très particulières», poursuit le Pr Seehausen.

L'intérêt des corégones réside d'une part dans le fait que les Alpes et leur pourtour comptent plus de 25 lacs abritant chacun une ou plusieurs espèces que l'on ne trouve nulle part ailleurs. D'autre part, les scientifiques peuvent s'appuyer sur une grande quantité de données historiques et d'échantillons de tissus, ainsi que sur un inventaire et une étude détaillée des corégones menés il y a 60 ans dans 17 lacs périalpins.

 

Un article de ats/Newsnet, publié par lematin.ch

 

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Auteur : ats/Newsnet

Source : www.lematin.ch