Les paysans haïtiens veulent en finir avec le néolibéralisme - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 14/01/2011 à 20h36 par Tanka.


LES PAYSANS HAÏTIENS VEULENT EN FINIR AVEC LE NÉOLIBÉRALISME

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Les paysans haïtiens veulent en finir avec le néolibéralisme

Les organisations paysannes sont en colère contre les autorités haïtiennes pour avoir permis aux multinationales et aux grandes sociétés de profiter de la reconstruction post-séisme pour augmenter encore la dépendance du pays vis-à-vis du monde extérieur. Ils réclament à la place un programme radical de reconstruction agricole, destiné à remettre sur pied une paysannerie ravagée. Cette reconstruction serait fondée sur la souveraineté alimentaire.

Le 4 juin 2010, environ 10 000 paysans haïtiens ont marché de Papaye à Hinche dans le Plateau Central de l'île. Ils ont brûlé plusieurs sacs de semences de maïs hybride qui faisaient partie du lot offert par Monsanto au programme de reconstruction post-séisme (cf. Encadré n°1). Durant la manifestation, les paysans scandaient des slogans comme « Longue vie au maïs local ! » et « Les OGM et semences hybrides de Monsanto violent l'agriculture paysanne ! ».

Dans son entretien avec GRAIN, Chavannes Jean-Baptiste, leader paysan haïtien, coordinateur du Mouvement Paysan Papaye (MPP ou Mouvman Peyizan Papay) qui avait aidé à organiser la manifestation, a expliqué que Monsanto profitait du programme d'assistance pour rendre les paysans dépendants de ses semences et détruire l'agriculture paysanne. Il fallait, a-t-il déclaré, faire entendre un “non” très clair (cf. Encadré n°2). Des actions de solidarité similaires ont été menées à Montréal au Canada et à Seattle, aux États-Unis.

La position de Chavannes Jean-Baptiste correspond à celle qui a été adoptée par 15 associations paysannes, dont une organisation de jeunes et un groupe de femmes, qui, avec le soutien de l'ONG haïtienne PAPDA (Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) ont publié une violente critique de la réponse d'urgence du gouvernement haïtien après le tremblement de terre.1

Suite au terrible séisme de janvier 2010, qui a fait environ 230 000 morts et obligé un demi-million de personnes a quitter Port-au-Prince pour retourner dans les campagnes, le Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (le MARNDR) a annoncé un Programme Spécial d'Urgence et d'Appui à la Production Alimentaire à hauteur de 687 millions de dollars US. Ses principaux objectifs sont « de promouvoir la réintégration sociale des personnes ayant migré des villes en zone rurale », « d'augmenter leurs opportunités d'emploi », « d'augmenter leur capacité de génération de revenus par des activités à haute intensité de main d'oeuvre, pour leur permettre d'acheter immédiatement la nourriture dont ils ont besoin à court terme » et « d'établir la sécurité alimentaire de façon permanente ».

Il n'y a pas grand chose à redire à ces objectifs en tant que tels. Là où les auteurs du document de la PADPA ne sont plus d'accord avec le gouvernement, c'est dans la stratégie à mettre en oeuvre pour parvenir à ces objectifs. Selon eux, le gouvernement est incapable de prendre une première mesure essentielle, qui serait de remettre en cause les politiques néolibérales qui ont détruit l'agriculture paysanne en premier lieu. Sil ne rompt pas avec le néolibéralisme, affirment-ils, le gouvernement ne pourra jamais rétablir les moyens de subsistance des petits producteurs.

Jusque dans les années 1980, les Haïtiens faisaient pousser suffisamment de riz, de haricots, de maïs, de patates douces et de manioc pour satisfaire à leurs besoins. Mais après le renversement de la dictature de Duvalier, Haïti a commencé à libéraliser son économie. « Le FMI et la Banque mondiale ont décrété que nous devions appliquer des ajustements structurels », rappelle Camille Chalmers de la PADPA. « Ils nous ont dit que nous étions voisins du plus gros producteur agricole du monde et qu'il n'y avait donc aucune raison pour nous de produire notre propre nourriture, parce que nous pourrions l'acheter à bon marché. Au lieu de faire de l'agriculture, les paysans devaient aller en ville vendre leur travail dans les ateliers américains qui fabriquent des textiles ou du matériel électronique pour l'exportation. »

Les moyens de subsistance de milliers de paysans ont été détruits. Le document de la PADPA explique ce qui s'est passé : « Les politiques néolibérales ont frappé les communautés rurales au coeur de la résistance paysanne provoquant alors la massification de l'exode rural et la bidonvilisation accélérée.

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Auteur : PAPDA

Source : www.papda.org