Les paramètres du monde de 2030 - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 26/04/2013 à 04h40 par kannie.


LES PARAMÈTRES DU MONDE DE 2030

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Les paramètres du monde de 2030

 

Prospective. Entre restructuration de la géographie humaine mondiale et montée en puissance des classes moyennes dans les pays émergents.

Virginie Raisson est cofondatrice du Lépac, un laboratoire privé de recherche appliquée en géopolitique et prospective, basé à Paris.

Organisant sa réflexion autour de trois thèmes -les gens, la croissance et la planète-, l'auteur de L'Atlas des Futurs du Monde (le premier atlas de prospective internationale 2033) place un focus assez marqué sur la montée en puissance de la classe moyenne dans les pays émergents et l'incontournable nécessité de répondre à ses besoins.

Ouverte aux avancées imprévues offertes par les nouvelles technologies et foncièrement optimiste sur les capacités des jeunes générations à relever ce défi, V. Raisson lance quelques pistes pour assurer la transition économique et comportementale vers le monde de 2030, qui sera également marqué par l'épuisement des ressources naturelles, les atteintes au climat et l'obsolescence du modèle économique dominant. Une époque «passionnante», résume-t-elle.

A quoi ressemblera le monde de 2030 et comment pouvons-nous le préparer ?

Ce monde se dessine à travers plusieurs basculements à l'échelle mondiale. La restructuration de la géographie humaine mondiale, tout d'abord, avec des mouvements de population du sud vers le nord et de l'est vers l'ouest. (...)

Avec quelles conséquences ?

D'abord, leur concentration en Asie, en Inde et en Chine puisque ces deux pays rassembleront à eux seuls la moitié des classes moyennes dans le monde en 2030 au lieu de 3 % en 2000. Ensuite, cette véritable "explosion" imposera de trouver les ressources nécessaires pour satisfaire la demande supplémentaire de consommation (énergie, eau, transports, etc.) avec le processus d'épuisement que cela engage déjà.

Le modèle économique dominant depuis la deuxième guerre mondiale permettra-t-il de répondre à ces défis ?

S'il a été très opérant ces trente dernières années, ce modèle devient effectivement éphémère car il s'appuie sur des ressources infiniment disponibles. Or nous vivons sur une planète finie. Il devient donc impératif de réajuster notre modèle de croissance, pour intégrer la fois à la finitude des ressources, mais aussi à la demande de bien-être des nouvelles classes moyennes qu'il est impensable de ne pas satisfaire.

Que faut-il changer alors ?

Nous avons un problème de compétitivité globale sur les ressources. En matière d'eau ou d'agriculture par exemple, on sait que les ressources pourraient suffire... Mais pas en l'état actuel du niveau de gaspillage.

Si on prend le cas des céréales, nous ne consommons que 40% de la production totale, le reste se perdant entre le champ et l'assiette. La production, dans des pays arides, de cultures très rémunératrices mais aussi très consommatrices d'eau, comme le riz, est une autre aberration.

Or des pistes existent, comme l'irrigation au goutte-à-goutte ou le drainage. Plus globalement, on peut aussi penser à l'économie de fonctionnalité du type «vélib'». A toutes les économies d'échelle réalisables dans les villes, qui, par leur concentration, constituent à la fois une source importante de pertes énergétiques ou hydriques mais aussi un gisement de solutions. Tout cela demande des investissements, qui seront amortis sur 20 ou 30 ans, ce qui, évidemment, est difficile à porter politiquement. D'ailleurs, la véritable difficulté n'est pas le changement, mais la transition.

La crise économique actuelle empêche-t-elle ces investissements ?

Oui, très certainement à l'échelle publique. Mais les entreprises et les investisseurs ont un aussi un rôle à jouer, à la fois économique et politique. Il leur revient par exemple de repenser leurs objectifs de rentabilité et de compétitivité.

C'est-à-dire ?

Jusqu'à maintenant, les gains de compétitivité sont avant tout recherchés par la baisse des coûts salariaux, les entreprises se positionnant là où ils sont les plus bas. (...)

Donc pour les pays dépourvus de ressources naturelles et où la main-d'oeuvre devient plus onéreuse en vieillissant et en se raréfiant, il devient indispensable de repenser la compétitivité, en la déplaçant sur les ressources. Par des modes de production et de déplacement moins énergivores, des matériaux moins consommateurs de minerais ou en améliorant le recyclage. Nécessaire sur le plan économique, ce type d'innovation sera par ailleurs très stimulant pour l'innovation technologique.

Cet effort passe-t-il par la mise au point de nouvelles technologies ?

Par le développement d'un nouveau mode de pensée, surtout. Les nouvelles technologies de l'information peuvent avoir un impact énorme sur la consommation de ressources, mais aussi permettre la concrétisation de scénarios impensables il y a quelques années encore. Prenons l'exemple du téléphone portable en Afrique sub-saharienne. Son taux de pénétration dépasse 70%, alors que le taux de pénétration de l'électricité atteint 33% !

Il était totalement inattendu que la population la plus pauvre choisisse d'investir dans la communication, mais elle l'a fait car le téléphone mobile lui offre l'accès à des services. Enseignement à distance, service bancaire, accès à des informations pour l'agriculture, ce qui favorise l'augmentation de la productivité. Le téléphone est plus efficace que les politiques publiques pour transformer les Africains en acteurs économiques.

Si le politique n'est pas capable d'assurer la transition vers le monde de 2030, qui le pourra ?

Il est urgent que les plus jeunes s'emparent de ces problématiques et imposent la transition à leurs aînés. (...)

Que recommandez-vous à ceux qui souhaitent se préparer au monde de 2030 ?

Ils doivent d'abord considérer ces enjeux de ressources voire de climat comme des défis extrêmement stimulants à relever, tant sur le plan politique, que scientifique, économique et comportemental.

Les nouvelles technologies offrent déjà de nouvelles pistes vers ces transitions nécessaires, en optimisant l'intelligence humaine. En plus de soulager notre cerveau de certaines fonctions de calcul et de mémoire, elles nous aident dans le champ de la créativité, de la modélisation et de l'expérience. C'est une époque sans précédent.

Et même s'il est très difficile de préparer les enfants au futur alors que le monde est en profonde mutation, donnons leur la culture de l'adaptation et le goût de l'innovation. C'est un défi vertigineux, certes un peu anxiogène, mais passionnant.

 

Un article de Sébastien Ruche, publié par agefi.com et relayé par SOS-planete

 

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Sébastien Ruche

Source : www.agefi.com