Les ONG dubitatives sur le discours de Sarkozy sur le climat - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 11/12/2009 à 10h05 par Tanka.


LES ONG DUBITATIVES SUR LE DISCOURS DE SARKOZY SUR LE CLIMAT

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Les ONG dubitatives sur le discours de Sarkozy sur le climat

Information recueillie par Tanka.

PARIS - Nicolas Sarkozy a laissé jeudi sur leur faim les grandes ONG chargées d'environnement et de développement, qui attendent toujours une traduction concrète du volontarisme présidentiel sur le réchauffement climatique.

Le chef de l'Etat a reçu les dirigeants d'une dizaine d'organisations non gouvernementales (ONG) à l'Elysée avant son départ pour Bruxelles, où se déroule jeudi et vendredi un Conseil européen largement consacré à ce dossier, une semaine avant la clôture du sommet de Copenhague.

S'il s'est montré "optimiste", "très énergique" et "déterminé à mener une bataille politique", le président français n'a apporté aucune garantie, ont rapporté les participants au sortir d'une réunion de 90 minutes.

"Alors que la France pourrait montrer l'exemple en poussant l'Union européenne à Bruxelles, il s'est contenté de messages de bonnes intentions", a déploré Claude Bascompte, président des Amis de la terre, résumant le sentiment général.

Pendant la rencontre, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France s'engagerait "unilatéralement et inconditionnellement" à réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020, soit 10 points de mieux que ce que stipule le Paquet énergie climat adopté par l'Union européenne en 2008.

L'UE s'est engagée à réduire ses émissions de 20%, quoi qu'il arrive, et de 30% en cas d'accord international.

C'est une "vraie progression", s'est félicitée Sandrine Mathy, présidente du Réseau Action Climatique (RAC) même si, sur une éventuelle traduction au niveau communautaire, "il nous a paru finalement assez hésitant".

Les ONG invitées jeudi plaident, au sein du collectif "Ultimatum climatique", pour une réduction de 40% des émissions de GES en 2020 par rapport au niveau de 1990, comme le prônent les scientifiques.

"FROMAGE ET DESSERT"

A leur arrivée, leurs dirigeants ont déployé sur le perron de l'Elysée une banderole saluant les 550.000 signatures déjà récoltées en France par leur appel à un accord mondial "ambitieux et équitable".

Preuve à leurs yeux que les discours ne suffisent pas en matière écologique, les ONG ont fustigé l'annonce d'un nouvel allègement de la taxe carbone pour les routiers, avancé mercredi par le gouvernement pour tenter de débloquer les négociations entre patrons et syndicats pour éviter une grève des chauffeurs.

"Copenhague n'est pas une négociation hors sol, le gouvernement doit montrer l'exemple mais là, la taxe carbone défendue par (Nicolas) Sarkozy se retrouve prise en otage", a déploré Arnaud Gossement, de France Nature Environnement.

Sur l'aide à apporter aux pays du Sud pour lutter contre le réchauffement climatique et décarboner leurs économies, le président français a assuré que les financements devraient être "additionnels", venant s'ajouter aux budgets de l'Aide publique au développement et non les grever.

"Pour nous, cela veut dire fromage et dessert. C'était très important de clarifier ce point", a estimé Luc Lamprière, directeur d'Oxfam-France.

Les ONG estiment que la quote-part française des quelque 100 milliards d'euros nécessaires pour financer l'adaptation des pays en voie de développement devrait s'élever à quatre milliards, mais jeudi à l'Elysée, il n'a jamais été question de chiffres.

Devant ses hôtes, Nicolas Sarkozy a également promis de s'engager "à mort" pour la création d'une Organisation mondiale de l'environnement (OME), une de ses revendications classiques.

Il a même évoqué le "rôle juridictionnel" qui devait être selon lui dévolu à l'instance afin qu'elle devienne une sorte de "tribunal climatique international" - des propositions qui ne trouvent quasiment aucun écho sur la scène mondiale.

Avoir un mécanisme de suivi, c'est pourtant la "condition sine qua non pour Copenhague ne soit pas un accord de papier", a défendu Arnaud Gossement de FNE.

Avec toutes ces propositions, "je crois qu'on assume largement notre leadership", a jugé le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, dont l'enthousiasme a été immédiatement douché par Greenpeace France.

"Nicolas Sarkozy avance des idées intéressantes mais nous doutons qu'il puisse être le sauveur de Copenhague", a déclaré Pascal Husting, directeur général de l'ONG.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire