Les monstres destructeurs du Tanganyika - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 23/10/2009 à 10h42 par Michel95.

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Les monstres destructeurs du Tanganyika

Information recueillie par Michel95

NON, ce crocodile n'est pas aussi méchant qu'il y parait : une autre espèce à les dents bien plus longues..

Le plus profond lac du monde, après le Baïkal, subit une catastrophe écologique, à la suite d'effets combinés du réchauffement climatique et de la surexploitation.

Une situation emblématique de la difficulté des pays pauvres à mettre en place des solutions adéquates.

Les pêcheurs du Lac Tanganyika racontent craindre deux montres.

Gustave est un crocodile géant qui a déjà dévoré plusieurs centaines d'entre eux.

Ensuite, le plus cruel: un terrible serpent à plusieurs têtes qui aspire le lac, mange des tonnes de poissons et provoque des inondations lorsqu'il se fâche...

Les tribus de cette région qui borde le Congo, le Burundi, la Zambie et la Tanzanie sont réputées superstitieuses.

Mais les peurs n'émanent en rien de leurs fantasques croyances...

Les paysans de la vallée de la Ruzizi, au Nord du bassin lacustre, se plaignent de plus en plus des "phénomènes étranges que même les sorciers n'arrivent plus à vaincre", me disaient-il au début de l'année, au détour d'une conversation.

Comme eux, les scientifiques constatent, données et démonstrations à l'appui, des perturbations.

D'abord, l'importante baisse des poissons.

Puis ici, les eaux qui montent, jusqu'à noyer les habitations des pêcheurs, et là, le lac qui s'assèche.

Les conclusions des experts sont sans appel: l'augmentation globale de la température, qui affecte directement l'intensité des vents, la teneur en oxygène et les sels minéraux, semble à la base de ces variations imprévisibles des eaux et des êtres vivants - animaux et végétaux - habitant le Tanganyika.

Les alertes sont données régulièrement.

Jean Marie Bukuru, inspecteur burundais des Forêts, avertit que certains poissons du lac, surtout ceux qui vivent dans les zones rocheuses ou sableuses, risquent de disparaître irréversiblement.

Avec un impact désastreux sur l'économie et la vie sociale des pays concernés.

Désastre socio-économique.

A Bujumbura par exemple, l'unique port du pays est en train de disparaître.

Le lac s'est éloigné de plus de 100 mètres.

En 2000 déjà, la profondeur du bassin portuaire n'était plus que de 4 mètres, contre 10 mètres quelques années auparavant.

Dans ces conditions, l'accostage des bateaux devient problématique.

Seule solution dans l'immédiat, selon les responsables du transport lacustre: draguer le sable et les alluvions pour récupérer une profondeur de 6 à 7 mètres.

"Malheureusement, rappelle l'un d'eux, Melchior Barantandikiye, aucune machine de dragage n'est disponible dans la région.

La valeur de cette machine est estimée à 2 millions de dollars US et son acquisition s'avère indispensable".

Même situation dans les ports congolais: "les armateurs craignent d'enliser leurs navires qu'ils ne chargent désormais qu'à moitié", rapporte l'agence Syfia. Toute l'activité commerciale s'en trouve ainsi affectée.

Réchauffement climatique et suractivité socio-économique locale.

Quelles sont les causes de cette dégradation de l'écosystème?

Sont pointés du doigt le réchauffement climatique et la surexploitation humaine.

La région demeure fort peu industrialisée, mais connaît une démographie galopante dans l'ensemble.

La déforestation massive de la région du bassin ne serait pas étrangère à cette situation.

Le géographe Jean-Marie Sabushimike, de l'Université du Burundi, a réalisé un film illustrant les problèmes environnementaux.

Il rajoute sur la liste des causes une augmentation démographique mal maîtrisée et de mauvaises pratiques agricoles.

"Auparavant, explique-t-il, une zone tampon séparait le lac du reste des terres où les activités humaines pouvaient être entreprises.

Ce n'est plus le cas.

Aujourd'hui, les terres sont cultivées jusque sur les rives du lac".

Projets à courte vue. Un problème qui exige, on le voit, des solutions plus ambitieuses.

Comment investir dans des technologies et des pratiques sociales "durables", lorsque l'urgence est de nourrir une population affamée et croissante?

Au début du mois d'octobre 2009, les autorités de la République Démocratique du Congo lançaient un projet de "modernisation et de protection du lac", dont le but était de reboiser les zones riveraines, mais surtout, paradoxalement, de produire 30 000 tonnes de poisson de plus que l'année dernière.

Ce projet est financé à près de 100 millions de dollars par la Banque Africaine de Développement.

Selon un militant averti de l'association Slow Food Tanganyika, "nous avons la certitude qu'aucune considération écologique n'a été prise en compte dans le choix des technologies ni dans la conception globale du projet".

 

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Chemk'Africa - Edgar C. Mbanza

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