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Cette actualité a été publiée le 28/12/2010 à 23h27 par Mich.


LES MICROALGUES : LE CARBURANT DU FUTUR?

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Les microalgues : le carburant du futur?

Un jour, nos voitures rouleront aux algues ! C'est le pari des scientifiques de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) à Sophia Antipolis. Depuis 2006, ils expérimentent la production de biocarburant à partir de microalgues.

Olivier Bernard est l'initiateur et le coordinateur du projet nommé Shamash, le premier en Europe, qui s'appuie sur 7 laboratoires dans toute la France : «Nous cultivons les microalgues dans de grands bassins en plein air ou en système fermé dans des photobioréacteurs.

Ces organismes microscopiques oléagineux se développent par photosynthèse et se reproduisent beaucoup plus rapidement que les plantes terrestres». Les microalgues peuvent ainsi accumuler jusqu'à 70% de leur poids sec en huiles, qu'il faudra alors extraire puis transformer en biocarburant.

Par rapport aux agrocarburants (huile de palme, colza...) les microalgues présentent de nombreux avantages: «jusqu'à 30 fois plus productives, elles mobiliseraient moins de surface cultivable.

Et contrairement au Colza, par exemple, leur production, hors-sol, ne rentre pas en compétition avec les cultures alimentaires », explique le chercheur. Pas non plus de culture intensive, ni de pollution des nappes phréatiques.

A une échelle de production industrielle, elles pourraient également présenter des avantages environnementaux en étant associées à des projets de captation du CO2.

En effet les microalgues fixent d'avantage de dioxyde de carbone que les plantes industrielles. Enfin une valorisation des coproduits des microalgues qui contiennent vitamines, sucres, pigments ou Oméga 3 est aussi envisageable.

Pour autant, un biocarburant aux algues dans les stations services, ce n'est pas pour demain. «Aujourd'hui un litre coute environ 10 euros à produire. Notre objectif est d'obtenir un carburant dont le prix est compris entre 0,50 et 1 euros le litre. Cela ne se fera pas avant 2020.

D'ici dix ans, les microalgues seront certainement compétitives par rapport aux prix du baril de pétrole», estime Olivier Bernard. Le travail des chercheurs ne s'arrête donc pas là.

Il s'agit désormais d'identifier la meilleure microalgue parmi près de 200.000 espèces référencées, celle qui sera le plus adaptée : la plus robuste, facile à faire pousser et à récolter. «C'est un long travail de terrain : nous cherchons une algue naturelle et nous ne procédons pas à des croisements», précise le scientifique.

Pour cela, le projet Shamash dispose d'un budget de 2,8 millions d'euros « Economiquement, cela n'a pas été facile au début car il n'y a pas en France de vrai engagement industriel sur les microalgues, comme c'est les cas aux Etats-Unis, ou les financements se comptent en milliards de dollars ».

Pourtant, récemment des partenariats ont été trouvés, notamment avec PSA et EADS. En début d'année prochaine, devraient être réalisés les premiers essais de biocarburant aux algues sur des moteurs automobiles et aéronautiques.

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Auteur : David Breger/Le Figaro

Source : youpress.fr