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Cette actualité a été publiée le 06/12/2010 à 10h00 par Tanka.


LES MERS SOUFFRENT ET PERSONNE NE S'EN SOUCIE

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Les mers souffrent et personne ne s'en soucie

Partout dans le monde, les mers se portent mal. Elles souffrent du réchauffement climatique et des atteintes massives que les hommes lui infligent. Des mesures urgentes s'imposent, dit le biologiste marin suisse Nikolaus Gelpke, alors que débute la 2e semaine de la conférence de Cancun sur le climat.

«La mer est grande, sombre et hostile. Nous savons peu de choses des abysses, nous connaissons moins bien le fond de la mer que la lune. Nous savons pourtant que la mer ne va pas bien. C'est une malade dont la maladie ne cesse de progresser et pourtant personne ne la prend au sérieux», dit Nikolaus Gelpke, éditeur de la revue Mare à Hambourg.

Le rapport de 200 pages du biologiste suisse sur l'état des mers se base sur les connaissances de chercheurs renommés et doit être considéré, selon les éditeurs, comme le fruit d'un consensus des spécialistes du monde entier.

La température et le niveau des mers montent, les glaciers fondent. Elles se dépeuplent et sont contaminées. Avec la globalisation, l'augmentation massive du trafic maritime pollue les mers et perturbe la faune. Cela, nous le savons par les médias. «Mais le public n'a pas encore vraiment pris conscience de la gravité de la situation», dit Nikolaus Gelpke.

L'influence des changements climatique sur les mers est particulièrement dramatique: «Plus de la moitié du CO2 que nous émettons s'y retrouve. Elles absorbent chaque année plusieurs millions de tonnes de dioxyde de carbone. Cela a un effet positif: sans les mers, l'effet des changements climatiques serait beaucoup plus fort.»

L'écosystème marin ébranlé

Mais l'absorption du CO2 par les mers qui «sont immenses mais pas infinies» conduit à une acidification. Et cela a des conséquences négatives sur la faune et la végétation.

«Les squelettes des animaux et les coquilles des mollusques deviennent plus mous, ce qui conduit à des mutations et à la disparition des espèces. Il est trop tard pour stopper cette évolution. Nous pouvons tout au plus la freiner», souligne Gelpke. Pour les hommes, cela a des conséquences graves, car les mers sont un important pourvoyeur de nourriture. Les poissons font partie de l'alimentation de base dans certaines régions.

Gelpke juge moins dramatique la lente montée du niveau des mers. «Il y aura certes des hommes qui devront déménager, mais nous, en Europe, pouvons réagir en construisant des digues. Ce sont encore une fois les plus pauvres qui seront frappés, par exemple au Bangladesh.»

Il ne faut pas sous-estimer la fonte des calottes polaires, car elles reflètent toujours moins de chaleur, moyennant quoi la terre se réchauffe plus vite. «Cela mène à la désertification. Dans l'Europe du Sud, cette évolution est déjà en cours. On ne peut plus l'arrêter. Mais c'est l'Afrique qui est la plus durement touchée.»

En Afrique, les mers sont de moins en moins poissonneuses, disent les experts. «La politique de pêche de l'Union européenne (UE) a été si désastreuse ces dernières années que beaucoup d'espèces de poissons ont disparu ou disparaîtront bientôt. De plus, les quotas de pêche de l'UE ne sont pas respectés au large des côtes ouest-africaines, où les grandes flottes de pêche européenne se rendent quand elles ont atteint leurs quotas plus au nord . Elles écument la mer, si bien que les pêcheurs autochtones n'ont plus de travail», constate Nikolaus Gelpke.

La Commission européenne, qui veut mettre un frein à ce pillage ne parvient pas à s'imposer face aux lobbys de la pêche en France, en Espagne et au Portugal. Elle l'a même reconnu publiquement.

Des mesures urgentes sont nécessaires pour mettre la pêche sauvage sous contrôle et créer des réserves afin que la population de poissons se rétablisse, comme cela a été décidé à la conférence de l'ONU sur la protection des espèces début octobre à Nagoya.

La grande politique en question

La protection des océans est, selon les experts maritimes, une nécessité urgente et pas seulement pendant les bonnes périodes économiques. On devrait se soucier de la protection de l'environnement – spécialement des mers. «Ce n'est pas comme avec les prairies qu'on peut faucher et qui sont de nouveau là à la prochaine saison. La mer est comme un supertanker qui a besoin de 25 milles pour freiner.»

Pour que quelque chose change, il faudrait une forte pression sur la politique internationale par les médias et une réelle sensibilisation du public. C'est peut-être cynique, mais selon le biologiste, «des événements comme la catastrophe pétrolière dans le golfe du Mexique au printemps de cette année nous aident, parce qu'ils ouvrent les yeux des hommes. Les mers occupent malheureusement peu de place dans la politique.

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Auteur : Gabriele Ochsenbein

Source : www.swissinfo.ch

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