Les mensonges du lobby de l'atome - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 29/07/2011 à 00h15 par Kannie.


LES MENSONGES DU LOBBY DE L'ATOME

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Les mensonges du lobby de l'atome

 

Le militant Takashi Hirose dresse un sévère réquisitoire contre les fournisseurs d'électricité. Il leur reproche de dissimuler la vérité et de faire des bénéfices en monopolisant les réseaux de l'archipel.

Pour faire peur au peuple qui n'y connaît rien, la mafia du nu­cléaire, rassemblée autour du ministère de l'Economie et de l'Industrie, a brandi la menace suivante : “Si l'on ­supprime le nucléaire, les prix du charbon et du gaz vont augmenter et la facture ­d'électricité de chaque ménage va s'alourdir de 1 000 yens [8,90 euros] par mois.” C'est un mensonge scandaleux !

Les compagnies d'électricité étant des entreprises d'intérêt public, le calcul du prix de l'électricité est fondé sur un système de coût global consistant à additionner tous les coûts et à rajouter une marge bénéficiaire équivalant à 4,4 %. De ce fait, ces compagnies peuvent aisément se permettre d'augmenter nos factures d'électricité en construisant des centrales nucléaires impliquant des coûts importants. Davantage de centrales nucléaires pour davantage de frais pour les compagnies. Contrairement aux autres entreprises, qui s'acharnent à réduire leurs coûts de production, ces sociétés tâchent d'augmenter les leurs pour accroître leurs bénéfices. Voilà la source de nos malheurs, la raison pour laquelle le Japon s'est lancé dans le nucléaire.

De surcroît, chaque fois que le prix des combustibles s'envole, les compagnies peuvent, trois mois plus tard, répercuter cette hausse sur le prix de l'électricité. Même si une telle procédure peut paraître logique, elle leur permet d'augmenter le prix de l'électricité à leur guise, puisque, du fait de leur monopole régional, elles n'ont pas de concurrents.

Kenichi Oshima, professeur à l'université Ritsumeikan, est allé récemment fouiller dans les chiffres publiés en 2004 par le gouvernement et cités jusqu'ici par les médias sans avoir été vérifiés. Il en ressort que la production de 1 kWh d'électricité coûte 6,20 yens avec le gaz naturel, 5,70 yens avec l'énergie thermique du charbon, 10,70 yens avec le pétrole, 11,90 yens avec l'énergie hydraulique et 5,30 yens avec l'énergie nucléaire, laquelle apparaît incontestablement comme la source la moins chère.

Cependant, dans le cas du nucléaire, ces calculs ne prennent pas en compte les coûts de la recherche et du développement ni ceux de l'implantation, qui sont financés par le gouvernement.

Par ailleurs, pour le nucléaire comme pour le thermique, les calculs se fondent sur un taux d'exploitation des centrales de 80 % alors qu'en réalité ce taux ne dépasse pas 60 % pour l'énergie nucléaire et 30 % pour l'énergie thermique. Produire de l'énergie nucléaire revient encore plus cher quand on inclut les coûts colossaux des énormes centrales hydrauliques à réserve pompée, construites pour pouvoir redistribuer les excédents d'énergie nucléaire stockés pendant la nuit.

Les dépenses budgétaires pour l'électricité comprennent les dépenses d'énergie du budget général et un budget spécial pour l'énergie. Lorsqu'on additionne ces dépenses, le coût global moyen de 1 kWh pour la période 1970-2007 est de 3,98 yens avec l'énergie hydrau­lique, 9,90 yens avec l'énergie thermique, 10,68 yens avec l'énergie nucléaire et 12,23 yens avec l'énergie nucléaire produite dans une centrale à réserve pompée.

Le retraitement coûte cher

Et les choses ne s'arrêtent pas là. Comme la production d'énergie nucléaire génère une énorme quantité de déchets radio­actifs non éliminables, il faut ajouter le coût colossal de leur retraitement. Pour réutiliser le plutonium [généré par la fission nucléaire], les compagnies d'électricité font appel à un procédé utilisant un mélange d'uranium et de plutonium (mox) comme combustible.

Selon le rapport publié en 2004 par la Commission d'enquête gouvernementale sur les ressources énergétiques, le coût du retraitement, qui inclut les frais de construction, de fonctionnement et de démantèlement de six usines de retraitement en service pendant quarante ans, s'élève à 11 000 milliards de yens [97 milliards d'euros] et à 18 880 milliards [167 milliards d'euros] avec les frais de traitement, de stockage et d'élimination des déchets radioactifs, ceux de fabrication du mox et les frais annexes.

Mais l'hebdomadaire économique Shukan Toyo Keizai, qui a interviewé le Pr Oshima, a mis ces chiffres en doute et démontré, après avoir mené sa propre enquête, que le coût pourrait atteindre 74 000 milliards de yens [656 milliards d'euros]. En dévoilant les véritables chiffres, l'article “Kyoben to rakkan de tsukuriageta ‘genpatsu anka shinwa'no uso” [Le mythe du nucléaire bon marché, un mensonge bâti sur l'obstination et l'optimisme] fait voler en éclats la thèse mensongère selon la­quelle “le prix de l'électricité augmenterait si l'on utilisait du charbon”.

Si les compagnies d'électricité mettaient fin aux énormes dépenses inutiles générées par la production nucléaire, on obtiendrait le résultat inverse. Le prix de l'électricité autoproduite [par des industriels ou des particuliers] est inférieur de 20 % à celui des compagnies. Autrement dit, à cause du nucléaire, l'électricité se vend aujourd'hui à un prix exorbitant. De plus, comme la production de déchets hautement radioactifs génère des coûts importants qui se répercutent sur le prix de l'électricité, il faut abandonner l'énergie nucléaire dans les plus brefs délais.

A ce propos, je voudrais dire un mot aux militants antinucléaires : les compagnies d'électricité ont une capacité de production de près de 50 gigawatts, mais, cet été, durant les pics de consommation, celle-ci tombera à 13 gigawatts : non seulement la centrale de Fukushima Daiichi va être démantelée, mais celles de Fukushima Daini, de Higashidori, d'Onnagawa et de Tokai Daini sont endommagées, de même que celle de Kashiwazaki-Kariwa, dont les trois réacteurs n'ont pu être redémarrés.

Celle de Hamaoka a été arrêtée et aucun des réacteurs qui ont été stoppés pour un contrôle de routine sur l'ensemble du territoire ne peut être relancé. Les entreprises industrielles qui ont recours à l'autoproduction offrent une capacité d'appoint beaucoup plus importante que les centrales nucléaires puisque, selon les chiffres du ministère de l'Energie et des Ressources naturelles, celle-ci s'élevait à 60 gigawatts à la fin de septem­bre 2010.

De nombreuses voix s'élèvent aujourd'hui pour réclamer le remplacement de l'énergie nucléaire par des énergies renouvelables, mais il faut savoir que la plus grande partie de l'électricité utilisée par les Japonais pour mener une “vie confortable” est d'origine thermique et que, comme sa production repose sur des technologies nouvelles qui figurent parmi les plus propres au monde, elle ne pose aucun problème.

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Pour lire la suite de cet article de Takashi Hirose, publié par Le Monde, cliquer sur Source ou Lien utile

 


Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Takashi Hirose

Source : www.courrierinternational.com