Les menaces à la paix - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 14/09/2011 à 13h07 par Kannie.


LES MENACES À LA PAIX

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Les menaces à la paix

 

Titre initial :

Les menaces à la paix : violation de la dignité humaine, la mal gouvernance et la pauvreté
 

L'Afrique est connue pour ses calamités, ses multiples famines, ses guerres tribales, ses élections truquées, ses luttes pour un pouvoir sans croûte ni mie. La paix, parce qu'elle implique la notion de respect, de liberté et d'égalité, est gage d'intégrité morale et de générosité.

Beaucoup de gouvernements s'emploient à relayer l'idéologie de la culture de la paix. Mais il convient d'emblée de sonner l'alerte contre la démagogie et l'incantation stérile au stade où les concepts deviennent pure abstraction et jeu de mot, alibi privilégié des pouvoirs autocratiques pour mieux “silencier” les masses opprimées dans une paix plutôt armée.

La paix est de ces notions universelles et générales qui n'ont de sens précis que suivant le contexte de leur emploi. Aussi conviendrait-il de noter qu'il n'y a aucune culture de paix qui vaille dans un contexte non démocratique, de violation de la dignité humaine et des droits humains, de mal gouvernance et de pauvreté, facteurs qui sont les vraies menaces pour la paix.

La paix véritable ne s'impose pas

Lorsque l'ONU décrète l'embargo et déploie son arsenal d'armes lourdes pour maintenir la paix dans une région du globe, il est question d'éviter la guerre. Dans ce contexte, la paix se réduirait-elle à l'absence de guerre ? C'est justement au nom de cette paix négative parce que définie comme absence de trouble que les Etats s'endettent pour s'armer.

La paix positive est d'abord une harmonie de l'homme envers lui-même, et avec tous les autres partenaires de l'univers, l'environnement écologique. La paix recherchée doit être le fruit de la justice, c'est à dire du respect mutuel des droits et devoirs des uns et des autres. Elle n'est ni au bout du canon, ni le fruit de l'intimidation ou alors maintenue grâce à un chantage quelconque. La paix ne se maintient pas, elle se construit par le dialogue et la construction des structures de la paix.

Elle se caractérise par la bonne santé, certes physique, mais surtout morale des hommes se reconnaissant tous égaux en dignité et en droit.

L'impossibilité de se nourrir, de se loger, de se vêtir, de parler et circuler librement, d'accéder aux soins de santé et à l'éducation sont autant de perturbations qui entravent l'harmonie qui est signe de paix. Le constat est amer, aucun pays n'a encore jusque là franchi le rubicond de la paix durable. Régulièrement, nos pays sont soit en situation de non-paix, soit de paix précaire.

La paix, un impératif de développement

Au niveau personnel, l'incertitude que représente les lendemains constitue un casse tête pour ces nombreux jeunes sans emploi, pour ces travailleurs qui après plus de vingt ans de travail constatent paradoxalement que leur cotisation sociale versée n'était qu'un leurre, ces nombreux diplômés victimes de la politique des recrutements faisant la part belle à la complaisance, sont condamnés à la débrouillardise, si ce n'est au chômage.

Devenant un sérieux problème pour eux-mêmes et pour leur famille et pour la société, ils ne connaissent la paix que de nom. C'est pourquoi, ils tentent désespérément de trouver des refuges illusoires, mais compensatoires dans la drogue, les sectes pernicieuses, la prostitution et l'alcoolisme.

De même, la recrudescence du grand banditisme qui perturbe la paix, n'est pas étrangère à cet écartèlement profond d'hommes et de femmes éjectés du circuit économique.

Sur le plan relationnel, les rapports interpersonnels sont de plus en plus faussés. Le respect de la parole donnée et la vérité appartiennent à un passé lointain. Dans cet environnement, règne une suspicion généralisée qui n'est pas de nature à générer la paix.

En outre, certaines autorités et même traditionnelles font régner la psychose sur la population, laquelle continue dans la quasi-totalité de nos pays, à se sentir prisonnière d'un système où quelques-uns en raison de leur pouvoir ou de leurs avoirs ont les droits.

Finalement, les citoyens ne sont en paix nulle part. Ils ont peur des hommes et des femmes qu'ils rencontrent. Ils ont peur des autorités, peur de ceux qui sont en charge de la sécurité, peur de leur conjoint qui, parfois, complotent contre eux. Une relation fondée sur la peur ne saurait être pacifique.

Par ailleurs, la famille qui représente la cellule de base est aussi en crise de paix. Les parents de plus en plus appauvris n'ont plus d'autorité pour faire régner leur autorité sur les enfants. Certains parents ont démissionné de leur fonction de père et de mère.

L'école est devenue un dépotoir où ils viennent se décharger de leurs enfants. Le nombre de divorces pour ceux qui ont le courage d'officialiser leur union est de plus en plus croissant. Des familles s'enlisent dans une spiritualité rétrograde qui constitue un handicap sérieux à la quête de la vie.

La société est minée par le mal de la corruption et de la fraude à tous les niveaux. Dans nos écoles, sortent des médecins du ventre, des douaniers du ventre. Le baromètre de réussite sociale reste la fortune. La notion de fonctionnaire milliardaire fait des émules. L'accès aux soins de santé et à d'autres multiples services sont hypothéqués par des personnels avides de gain.

Au niveau systémique, le fonctionnement global du système social n'est pas générateur de paix. Les balbutiements démocratiques et l'absence de consensus politique autour des grandes questions relatives à la transparence électorale, ont montré que beaucoup d'efforts restent à faire. On a parfois l'impression que la loi est dans la rue. Il n'y a qu'à voir la promptitude des usagers à violer impunément les feux de signalisation. Il en est de même de l'occupation anarchique des espaces.

Les marchés construits sont désertés au profit des trottoirs. La vente des médicaments qui relève du domaine public, s'est vue envahir par des personnes non expertes qui ont officialisé l'automédication. La rapidité avec laquelle les populations donnent la mort, sous le couvert de la justice populaire montre à quel point, on a franchi le seuil de l'irrespect de la vie.

L'absence de paix et tous les maux qui minent le chemin de la paix n'est pas inscrit dans les gênes d'un peuple donné. Tous les hommes sont tentés par la facilité, et c'est l'oeil du gendarme et la menace de la loi parentale, sociale ou divine qui disciplinent les individus et les groupes.

Pour vivre dans la paix, chacun doit s'investir, s'engager tout en montrant qu'il est possible de se libérer de la prison des préjugés et de vivre fraternellement en transformant en richesses les différences.

Tous les hommes veulent la paix du fond de leur être. Seulement très peu d'hommes s'engagent à la construction effective de la paix.

 

Un article publié par leffortcamerounais.info

 





Auteur : Hippolyte Sando

Source : www.leffortcamerounais.info