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Cette actualité a été publiée le 29/11/2009 à 15h11 par Tanka.


LES MAMANS GRANDS SINGES SONT TRÈS «HUMAINES»!

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Les mamans grands singes sont très «humaines»!

Information recueillie par Tanka.

Dans le magnifique «Grands singes, mère et enfant», le primatologue Jörg Hess rend compte de quarante ans d'observations, menées au zoo de Bâle, sur la relation qui se noue entre mères et petits chez les trois espèces de grands singes. Un «lien émotionnel d'une extrême sensibilité» qui les rapproche des humains

Pendant quelque quarante ans, le primatologue Jörg Hess a étudié la relation mère-enfant des trois espèces de singes anthropoïdes (chimpanzés, gorilles et orangs-outans), pensionnaires du zoo de Bâle, de la grossesse de la mère à la préadolescence du petit. Et il a constaté des similitudes troublantes avec les comportements humains. Des observations, «qui se vérifient également sur les sujets vivant en liberté», qu'il a réunies dans un ouvrage superbement illustré avec de magnifiques photos en noir et blanc.

Jörg Hess, pourquoi avoir décidé de mettre en avant les relations mère-enfant chez les grands singes?

«Goma», le premier gorille de plaine à avoir vu le jour en Europe (la femelle a fêté ses 50 ans en septembre, ndlr), est née au zoo de Bâle neuf ans avant le début de mes recherches. Ensuite, Bâle a eu plusieurs autres naissances de gorilles. Comme on ne disposait pas d'informations sur le comportement mère-enfant, cela m'est apparu comme une évidence...

Vos recherches ont permis de démontrer que le lien social, indissociable de la vie des grands singes, se tisse dès le premier jour. Lors de la première tétée du nouveau-né, même! Sans ce contact avec le mamelon (la mère place le petit à différents endroits de son corps et découvre qu'il est tranquillisé par son sein, ndlr), les relations sociales et émotionnelles avec la mère ne sont pas assurées. Quand l'homme réintroduit un bébé élevé par des humains et nourri au biberon, il peut aussi bien être rejeté qu'accepté.

Existe-t-il de «mauvaises mères»?

Seule une femelle élevée par l'homme, qui n'a donc pas vécu elle-même ce processus d'apprentissage avec sa propre mère, peut se retrouver dépourvue face à cette tâche, et ainsi condamner son petit à une mort certaine. Mais ce cas de figure n'arrive jamais dans la nature...

La sociabilité qu'inculque une mère singe à son petit est-elle plus importante que celle transmise par une maman humaine à son enfant?

Le contact émotionnel et corporel est important chez tous les mammifères. Toutefois, il est poussé à son paroxysme chez les grands singes, car le petit étant porté durant trois à quatre ans vingt-quatre heures sur vingt-quatre par sa mère, le corps de cette dernière constitue une sorte d'«enveloppe maternelle». Ce lien émotionnel est d'une extrême sensibilité, plus fort encore que celui développé par la femme à l'égard de son bébé, car l'absence de langage rend l'échange d'informations sensorielles nettement plus dense.

Une autre différence évolutive s'observe dans la durée de l'allaitement, qui oscille entre quatre et cinq ans chez les grands singes. Lors de ces premières années, le petit apprend aussi quelles plantes il pourra manger ensuite, car une fois sevré il devra se débrouiller seul. En revanche, l'homme doit parfois nourrir sa progéniture jusqu'à la fin de ses études!

Quelle est la ressemblance la plus troublante que nous partageons avec eux?

Nous n'élevons qu'un enfant à la fois, vis-à-vis duquel nous développons une fibre affective hors du commun.

C'est ce qui vous a le plus marqué ?

Effectivement. L'implication sociale dans le groupe est tellement forte que, lorsqu'un individu est malade, comme ce fut par exemple le cas d'un petit gorille, on a meilleur temps de regarder les autres membres de la famille pour connaître son état de forme. Leur comportement, faute de paroles, trahit davantage la gravité de la situation que ce que l'on voit chez l'homme.

Vous évoquez le lien unissant la mère et l'enfant, mais qu'en est-il de la relation père-enfant?

Chez les gorilles, elle ne débute que lorsque le petit a appris à se comporter avec sa mère et avec d'autres enfants. En revanche, cette relation devient vite riche, mélangeant des moments de jeu, de tendresse et d'entraide. Ce comportement paternel, presque maternel, s'explique par le fait que le mâle est éduqué par sa mère de la même façon qu'une femelle durant ses jeunes années.

De par sa nature calme et réfléchie, le père gorille reproduit les gestes appris, alors que chez les chimpanzés la relation père-enfant est dominée par l'impulsivité des mâles et passe davantage par le jeu. Chez l'orang-outan, elle n'existe presque pas, le mâle étant solitaire...

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