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Cette actualité a été publiée le 15/05/2010 à 17h38 par Tanka.


LES LÉZARDS, VICTIMES DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

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Les lézards, victimes du réchauffement climatique

Une étude montre que 20 % de l'ensemble de ces reptiles pourraient disparaître de la planète d'ici à 2080.

Les lézards paient déjà un lourd tribut au réchauffement climatique. Sur une quarantaine de populations suivies dans les Cévennes depuis dix ans, quatre ont disparu. «Les extinctions sont intervenues chaque fois après une période de forte chaleur», souligne Jean Clobert, directeur de la station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis (Ariège).

«Contrairement à ce qu'on imagine, ces petits reptiles qui affectionnent la chaleur sont très mal armés affronter des changements brutaux de température.» Les lézards qu'on voit souvent immobiles, en plein soleil, sur les pierres ou les façades sont toujours à la recherche d'une température optimale. Dès qu'elle dépasse un seuil critique, ils sont menacés.

Une étude révèle que 4 % des lézards ont disparu depuis les années 1970 dans des zones comme les Cévennes et que 20 % pourraient disparaître sur l'ensemble de la planète si les courbes de température continuent à grimper et que les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas limitées. «Si ces projections sont correctes, les lézards pourraient devenir les nouveaux amphibiens dans la course aux extinctions», écrivent trois scientifiques américains spécialistes des reptiles.

Au Mexique, où le réchauffement est plus marqué que dans beaucoup d'autres zones du globe, les extinctions ont déjà frappé 12 % des populations de lézards.

Lettre ouverte à Sarkozy

Bien que ces animaux s'exposent au soleil pour se réchauffer, des températures plus élevées peuvent les forcer à rester à l'ombre, ce qui restreint leur quête de nourriture et peut les conduire à brûler toutes leurs réserves. Ils meurent alors de dessiccation. Leur fragilité est aggravée par le fait qu'ils restent accrochés à leur milieu. «Dès que l'optimum de température est dépassé, ils s'éteignent d'un coup», indique Jean Clobert.

Les disparitions ayant été constatées dans des sites naturels protégés, le phénomène ne peut être attribué à une destruction des habitats. Aucun agent infectieux n'a été repéré chez ces espèces, contrairement aux amphibiens qui sont attaqués par un redoutable champignon pathogène, le chytride. Un processus similaire pourrait concerner les serpents qui, comme les lézards, sont des exothermes et régulent leur température intérieure grâce au milieu extérieur (soleil, humidité, etc.).

Les projections, basées sur des observations et des suivis dans plusieurs régions du monde depuis 1975, sont ensuite intégrés dans des calculs mathématiques. «Nombre de personnes sont sceptiques sur les modèles, reconnaît Jean Clobert, mais ils représentent des années et des années de travail d'une grande rigueur scientifique.»

«J'aurais préféré ne pas avoir écrit ce que j'ai écrit là», confie le chercheur qui a étroitement participé à l'étude pilotée par Barry Sinervo, de l'université de Californie à Santa Cruz (États-Unis). Beaucoup de recherches sur la biodiversité, publiées dans les grandes revues scientifiques, dressent en effet un constat préoccupant. Jean Clobert est cosignataire d'une lettre ouverte au président de la République où 60 spécialistes de la biodiversité s'alarment de «la disproportion persistante» entre les «grandes menaces qui pèsent sur notre planète» et les réponses apportées jusqu'ici.

La disparition de populations de lézards pourrait avoir des répercussions sur la chaîne alimentaire et l'écosystème. Prédateurs d'insectes, ils sont des proies pour de nombreux oiseaux et serpents.

Par Yves Miserey - Source : www.lefigaro.fr

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