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Cette actualité a été publiée le 13/04/2010 à 17h16 par Tanka.


LES LEÇONS DE L'AGRICULTURE PRÉCOLOMBIENNE EN GUYANE

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Les leçons de l'agriculture précolombienne en Guyane

Aujourd'hui encore, des vestiges de champs surélevés construits par des Amérindiens il y a plus de 900 ans sont visibles en Guyane. De nouvelles recherches montrent l'efficacité de cet ancien système agricole.

Le long des côtes de la Guyane, le paysage vu d'avion ressemble par endroits à une oeuvre pointilliste. De curieuses buttes régulières parsèment cette savane sur 600 km. Leur origine avait été oubliée, jusqu'à ce que des recherches archéologiques montrent que ces monticules avaient été façonnés par d'anciens habitants, à l'époque précolombienne.

Il s'agit des vestiges d'un système agricole conçu il y a près de 1.000 ans qui ont survécu à l'érosion grâce à divers processus naturels, expliquent aujourd'hui une équipe multidisciplinaire de chercheurs français et européens.

L'équipe de Doyle McKey, du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, et Stéphen Rostain, archéologue au CNRS (Université Paris 1), a conjugué les techniques de l'archéologie, de l'archéobotanique, de la paléoécologie, des sciences du sol et de l'imagerie aérienne, pour étudier en détail ces buttes de terre.

Manioc, maïs et courge

Mottes rondes d'un mètre de diamètre, crêtes de un à quatre mètres de large sur plusieurs dizaines de mètres de longueur: les champs surélevés construits entre 650 et 1250 par des agriculteurs précolombiens ont différentes structures. Les mottes sont construites dans les zones régulièrement inondées à la saison des pluies, de décembre à juillet, tandis que les crêtes sont le long de pentes douces, participant à un système de drainage, expliquent les chercheurs dans les PNAS.

Grâce à ces canaux, buttes et monticules, les agriculteurs amérindiens Thémire et Barbakoeba faisaient pousser du manioc, du maïs et de la courge, précisent les chercheurs. Ils ont analysé des phytolithes (petits fossiles issus des végétaux) et des tessons de céramiques prélevés sur ces anciens sites agricoles, considérés aujourd'hui comme inadaptés à la culture. L'analyse des sols révèle que la partie surélevée qui était cultivée est différente de la partie inondable: jusqu'à 50 cm de profondeur, les deux zones diffèrent encore aujourd'hui.

Entretenu par les fourmis et les vers

Si ces monticules ont échappé à la destruction par les pluies et les inondations, c'est que la nature a pris le relais de l'homme pour les maintenir, ont découvert les chercheurs. Ainsi des fourmis, des termites et des vers de terre ont profité des buttes pour construire leurs nids et les ont ainsi entretenus.

Ces travaux permettent à la fois de mieux comprendre le passé, notamment l'impact des populations amérindiennes sur l'environnement, et de réhabiliter la technique des champs surélevés, analysent Doyle McKey et ses collègues. Encore utilisée par certaines populations de Guyane d'origine africaine ou haïtienne, cette technique est aujourd'hui marginale. A l'époque précolombienne, elle était très répandue en Amazonie.

Par Cécile Dumas - Source : sciences.nouvelobs.com


Information recueillie par Tanka

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